apprendre en s'amusant

Initiation à l’écriture

Il y a quelques temps, Zélie est rentrée de l’école avec la ferme intention d’apprendre à écrire son prénom.

Il faut dire que dans sa classe, dans une toute petite école de campagne, se retrouvent trois niveaux : les tout-petits (dont elle fait partie), les petits et les moyens. Alors forcément, elle s’intéresse, et de près, à ce que font ses camarades plus âgés qu’elle.

Depuis un moment déjà, elle chante la chanson de l’alphabet. Elle récite presque par coeur les lettres en bois collées sur les portes des chambres des enfants et qui représentent leurs prénoms.

Récemment, j’avais même proposé à Zélie un petit jeu histoire de me rendre compte où elle en était. Sur son tableau, j’ai écrit plusieurs prénoms, dont trois fois le sien et je lui ai demandé d’entourer son prénom.

Elle les a reconnu tout de suite, elle était très fière. Puis, elle a pointé du doigt un prénom et m’a dit : « là c’est Malo ». En effet c’était Malo. Elle s’est ensuite amusée à tout effacer puis m’a donnée le crayon : « maintenant écris HYDROMEL » (le prénom de notre chat…) Je m’exécute. Elle me montre alors le M et dit : « ça c’est comme Malo ». Bravo !

Bien, bien, bien, il semblerait que certaines lettres soient déjà acquises. Mais si reconnaître les lettres l’amuse bien, Zélie, ce qu’elle veut, c’est apprendre à écrire son prénom. Souvent, lorsqu’elle dessine, elle s’amuse à faire une succession de « ponts » ou de zig-zag horizontaux et nous explique qu’elle « écrit ».

Je me suis donc appuyée sur un super outil acheté il y a quelques mois à l’occasion d’une foire aux livres :

Ce coffret, édité aux éditions Larousse, a pour ambition d’accompagner l’enfant, vers la lecture et l’écriture. Il est conseillé à partir de trois ans, mais selon moi, il est exploitable dès lors que l’enfant manifeste un intérêt certain pour les lettres : ça peut être à deux ans ou à quatre ans. Selon moi, l’essentiel est de suivre l’évolution naturelle de son enfant, ce n’est pas la peine de vouloir le faire aller plus vite que ce qu’il n’a envie. Tout ce qu’on peut gagner c’est qu’il ne prenne pas de plaisir à réaliser l’activité et qu’il risque de se braquer au moment des apprentissages fondamentaux que ce soit à l’école ou à la maison 🙂

Bref, nous possédons ce coffret depuis un moment, mais je ne l’avais encore jamais proposé auparavant à Zélie. J’attendais le bon moment, et il semblerait que ce soit arrivé. En revanche, de mon côté, je l’ai bien regardé, tripoté, manipulé histoire d’être à l’aise avec les activités et les propositions pour s’approprier la lecture et l’écriture.

Le coffret est composé de cartes ainsi que d’un livret :

– 52 lettres rugueuses cursives (l’écriture en attaché) (2 lettres de chaque)

– 52 lettres rugueuses capitales majuscules (l’écriture « bâtons »)

– 10 cartes chiffres (non rugueuses)

– 26 cartes images (pour associer une lettre à chaque illustration)

– un livret d’accompagnement présentant 10 propositions de jeu avec le matériel ci-dessus

Ce jour-là, nous n’avons utilisé qu’un jeu d’alphabet en capitales majuscules.

Dans ses programmes d’apprentissage, l’Education Nationale prévoit l’apprentissage de l’écriture qu’à partir de la moyenne section (4 ans). Auparavant, l’enseignant introduit l’écriture à travers des exercices de graphisme qui ont pour objectif de percevoir la diversité des formes, de coordonner ses mouvements, d’apprendre à tenir le crayon, de travailler la représentation mentale (recopier « de tête ») ou l’organisation spatiale (recopier depuis un autre support distinct). Avec la diversité des livres qui sont proposés à la lecture (que ce soit à l’école ou à la maison), l’enfant est très vite confronté à différentes écritures : cursive, capitales et scripte. Mais il est encore trop tôt pour qu’elles ne fassent l’objet d’un apprentissage.

En moyenne section, les élèves qui sont prêts peuvent commencer à s’exercer à écrire des mots simples, le plus souvent en capitales. C’est à ce moment là qu’ils commencent à apprendre la différence entre les trois écritures : on s’amuse surtout à faire des corrélations entre les capitales et les scriptes grâce aux prénoms notamment.

Mais à partir de la grande section, c’est l’écriture cursive qui prévaut.

Ici je suis donc partie sur l’écriture capitale : les majuscules bâtons. Et pour aider Zélie à « apprendre à écrire », j’ai utilisé le premier mot que l’enfant utilise dès son entrée à l’école : son prénom.

Zélie a choisi en tout premier lieu la lettre Z. Sa préférée (Narcisse quand tu nous tiens ^^) Voici donc comment nous avons procédé pour cette lettre, puis pour toutes les autres par la suite.

1. J’ai tout d’abord expliqué le principe des lettres rugueuses à Zélie. La lettre est représentée en relief (avec des paillettes, bonheur ultime pour ma fille – heureusement elles ne s’enfuient pas comme sur certains de mes tissus ^^). A côté d’elle, des flèches qui indiquent le sens à suivre pour le tracé. L’une des flèches commence par un point, cela veut dire qu’on commence le tracé par elle.

2. avec mon doigt, je lui ai montré le geste à suivre. Je suis gauchère. Zélie pour le moment semble être droitière. Je me suis posée la question de savoir avec quelle main lui montrer le geste : la droite pour qu’elle s’identifie au maximum au geste ou la gauche parce que c’est « ma » main et que je ne dois pas me « brider » pour lui montrer, au contraire, cela lui permettra de comprendre rapidement la différence entre droitiers et gauchers. Finalement j’ai choisi la première option : comme Zélie n’a que 3 ans, je préfère qu’elle acquiert tout de suite le bon geste. Elle aura le temps de comprendre le principe gaucher/droitier un peu plus tard.

3. à son tour de passer son index sur la lettre. La première fois, je lui parle en même temps qu’elle effectue son geste. J’ai remarqué qu’en liant la parole au geste, son tracé était plus juste. Puis elle refaisait le geste 2-3-4-5 fois ou même plus, en fait elle le faisait spontanément quand elle se rendait compte qu’elle n’était pas satisfaite.

4. j’avais préparé un plat avec dedans du sucre (on peut utiliser du sel, ou de la farine, ou …) en épaisseur suffisante pour se transformer en ardoise magique home-made. La première fois, je lui ai montré qu’on refaisait le même geste que sur la carte, dans le même ordre, mais avec le doigt dans le sucre. Puis ça a été son tour. Evidemment elle était super contente de manipuler cette nouvelle matière qui n’avait jamais été utilisée autrement que pour la cuisine.

Le fait de d’abord tracer la lettre sur la carte rugueuse permet de maîtriser le geste pour former la lettre. Ici le geste sur la carte et dans le sucre est le même puisqu’on utilise que le doigt. Le passage doigt vers crayon par exemple est plus compliqué même si le tracé reste le même : on rajoute une difficulté puisque l’outil utilisé pour le tracé est différent (d’abord le doigt, puis le crayon qui se tient d’une autre manière).

Zélie a ensuite manipulé les autres lettres de son prénom, pas forcément dans l’ordre « logique » (c’est à dire le E, puis le L, puis le I), mais dans l’ordre qui lui convenait, c’est à dire dans l’ordre où elle me les demandait. 

Pour être sûre qu’elle reconnaisse les lettres qu’elle demandait (et afin que je sache si elle donnait le nom d’une lettre au « pif » ou pas), je lui proposais à chaque fois trois lettre dont celle demandée. Elle ne s’est jamais trompée. Coup de bol ou pas ? j’en sais rien. 

comprendra l’allusion aux lettres qui pourra : les ch’tis et les fans de foot ^^

Elle a ensuite voulu manipuler le M de Malo et le A. 

Au bout de 45 minutes de patouillage entre les cartes rugueuses et le sucre qui colle aux doigts (étant donné qu’elle mettait son doigt à la bouche après chaque tracé) (gourmande un jour…), elle en a eu marre de tracer les lettres. 

Alors pour clore notre activité, j’ai pris les cinq lettres de son prénom (j’ai été piocher le deuxième E dans le deuxième jeu de majuscules) que j’ai mélangées et étalées devant elle. « sauras-tu remettre les lettres de ton prénom dans le bon ordre? » Le Z au début pas de souci. Le E a été plus hésitant. Et Zélie confond le L et le I. Pas étonnant, même au niveau du tracé, elles se ressemblent beaucoup. Alors pour terminer sur une note positive et une « victoire », j’ai mélangé une nouvelle fois les lettres que j’ai disposées devant ma puce et cette fois-ci, j’ai dit à haute voix quelle lettre elle devait positionner devant elle : « on commence par le Z » et Zélie prend la bonne lettre. « Bien ! Le E maintenant ». Elle a de nouveau hésité entre le L et le I, mais s’est corrigée d’elle-même. 

C’est une activité qui a beaucoup plu à Zélie. Nous avons passé un long moment assises devant notre matériel puisque cela a duré presqu’une heure. J’ai pu ainsi « évaluer » le niveau de ma puce : les acquis, les compétences en cours d’acquisition et ce qui n’est pas encore à l’ordre du jour. Par exemple, elle connait une grande partie des lettres de son prénom, mais en revanche, elle a tendance à confondre le I et le L. De plus, les traits « obliques » (dans le Z et le M notamment) sont encore difficiles à tracer pour elle. 

Mais bon. On est bien d’accord, Zélie est encore un peu jeune pour ce genre d’apprentissage, mais elle est fort en demande de ce genre d’activité alors j’ai souhaité mettre à profit cette période sensible et ainsi assouvir ses demandes. Et puis ça nous permet de passer du bon temps ensemble, sur des activités pendant lesquelles Malo n’est pas autour de nous (il était parti faire des courses avec son papa). 

8 Comments on “Initiation à l’écriture

  1. Super progrès Zélie! Les classes avec plusieurs niveaux sont top pour donner envie aux autres d’apprendre, ce devrait être une norme en maternelle (bon après je sais pas si c’est facile pour la maîtresse…). Le coffret a l’air top!
    Ici le Kindergarten (équivalent maternelle) ne travaille pas du tout la lecture/écriture et les maths, en tout cas en 1ère année (donc équivalent moyenne section). Pour nous c’est dur, on a l’impression du coup que nos enfants sont « en retard ».

    1. Ah oui toi qui es prof tu dois bien te rendre compte des différences entre les systèmes éducatifs. Partout il y a du bon et du mauvais c’est sûr. Et Emmy est en demande d’écrire ? C’est vrai qu’elle a appris l’an dernier déjà je suppose… Du coup les élèves doivent faire pas mal d’activités artistiques, de sport ou de sorties non ?

  2. Il est super intéressant ton article ! Bravo ! Et tellement complet que je prends des notes en lisant pour ne rien oublier ahah.
    Ma Choupette aussi est dans une classe à deux niveaux et louche toujours sur ce que font les moyens. Bon, en plus, elle est de Janvier, à 8 jours prêts elle aurait pu y être, donc je la situe toujours entre les deux classes pour ce qu’elle « devrait » pouvoir/savoir faire.
    Ton kit est juste trop bien !!! Il a l’air hyper bien fichu ! (tu me donne envie de dépenser des sous décidément ^^)
    J’avais pensé à lui proposer un bac comme le tient, mais je n’avais pas de plateau. Je n’ai pas pensé à prendre simplement un plat. Ca, c’était mon moment boulet ahah.
    Pour l’histoire de droitier/gaucher, j’ai remarqué que, pour manger par exemple, je faisais comme mon papa, ma fille comme moi. Parce qu’on montre avec notre façon de faire à nous. Je ne l’ai jamais forcée à faire de la main droite en revanche ! Les rares fois où elle faisait avec la main gauche, je m’alignais sur elle. Mais je galérais à mort ahah. Maintenant, elle est aussi mal habile de sa main gauche que moi, et quand elle mange avec celle-là je lui dit de reprendre sa bonne main ^^
    J’aime beaucoup ton idée de proposer plusieurs lettre, et j’ai bien entendu reconnu le RCL ! Ah bah tiens, voilà un autre chouette motif pour mon footeux pour monter dans le Nord 😉
    Quand au léchage de doigt à chaque lettre, c’est la base non ?
    Pour conclure ce joli pavé, à la vue de tes explications et ta façon de faire, tu ferai une très bonne institutrice ! 🙂

    1. Pfiou quel commentaire ^^ oui le coffret est vraiment pas mal il y a tellement de possibilités !
      Pas évident d’utiliser la main qui ne nous est pas naturelle, bien que je pense que pour les gauchers c’est plus pratique comme nous vivons au quotidien dans un monde de droitiers.
      Bravo pour RCL ! Ton homme aime le foot ? Si un jour vous venez dans le Nord, je vais essayer d’avoir des places pour un match du LOSC au Grand Stade ! Mon collègue est arbitre de foot professionnel alors ça devrait le faire !
      Ta dernière phrase me touche beaucoup ! Merci !!!! Je ne sais pas si je vais l’être un jour mais je m’éclate à apprendre des choses à ma poulette <3

      1. C’est pas faux pour les gauchers qui vivent dans un monde de droitier…
        Oui mon Chéri aime le foot, et il l’aime d’une bonne manière, à savoir qu’il partage et que j’ai le droit de parler pendant les matchs, du coup, il a pu tout m’expliquer (et répondre à mes 40000 questions ^^) ce qui fait que je comprends et que j’aime aussi. A Troyes il avait pris un abonnement à l’Estac où il allait avec mon papa 🙂 Et bien entendu, lui c’est le PSG 😉
        Je sais que c’est ton rêve d’être institutrice, et quand j’ai lu ton article, j’étais comme une élève face à une BONNE prof, une prof qui intéresse, captive et rendrait n’importe quel sujet passionnant. J’ai dévoré ton article !

        1. J’adore aussi le foot (en fait j’adore pas mal de sports, même si je préfère les pratiquer plutôt que de les regarder ^^) mais je ne soutiens pas vraiment d’équipes, sauf l’Equipe de France (et celle de Belgique )
          Ah ben oui, Parigot un jour, Parigot toujours !!!!
          Ça me fait vraiment plaisir ! J’ai toujours aimé « enseigner », j’ai été entraîneur pendant une bonne quinzaine d’années, c’est aussi de l’enseignement même si c’ est moins formel. J’adore expliquer, décrire, faire en sorte que ce que je raconte soit intéressant (surtout que j’ai tendance à parler beaucoup beaucoup quand je suis passionnée)! Alors j’adore discuter avec des enfants et des grandes personnes qui aiment échanger (c’est mon côté curieuse aussi). Je crois bien que si un jour on se rencontre pour de vrai, on en aurait des choses à se raconter, comme j’adore aussi ta façon d’écrire dans tes articles (et tes mails ^^)

        2. Nos hommes ont intérêt à bien s’entendre, on risque de les souler avec nos blablas ahah
          Je te réponds surement à ton mail demain 😉 Je t’enverrai le questionnaire du swap en même temps ;P

        3. Ahah c’est clair ! Bon par contre j’espère que ton Chéri est un bavard, parce que le mien…
          Ça marche pour le mail ce n’est pas urgent vivement le swap !!!

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