littérature jeunesse

A la recherche du bonheur {Chut, les enfants lisent #69}

« A la maison on a beaucoup de livres » vous dirait Zélie

« A la maison on a trop de livres » vous dirait mon homme

« Il n’y a jamais trop de livres dans une maison » dis-je 🙂

Beaucoup d’ouvrages entrent chaque mois, et bien peu en ressortent. Dernièrement j’ai réussi à faire un tri dans l’optique de gâter mon neveu tout neuf et ma soeur est repartie de chez moi avec une dizaine de bouquins. Chaque fois je me dis que je ne vais pas en acheter, mais que voulez-vous, la littérature c’est ma came, la littérature de jeunesse c’est ma drogue, je ne peux pas m’en passer, surtout quand je tombe, parfois bien malgré moi sur de jolies surprises.

La dernière en date, c’était à une brocante. J’étais partie dans l’idée de trouver une trottinette pour Zélie, elle qui m’en réclame une à corps et à cri depuis plusieurs semaines. Finalement je n’ai pas trouvé de trottinette, mais j’ai trouvé mieux :

C’est le titre qui m’a attirée de prime abord. « A la recherche du bonheur », ça fait résolument optimiste, et ça me plait, moi qui vois constamment le verre à moitié plein, qui m’émerveille de tous les petits détails.

Et puis j’aime beaucoup les illustrations aussi et je suis certaine que vous avez compris maintenant que je suis très, très sensible aux illustrations qui font passer une certaine émotion, et là, croyez-moi, j’ai été servie.

A la recherche du Bonheur est donc un l’histoire de Manoug, le seul habitant du Pays de Prudence qui n’est pas heureux. Oui, à Prudence, aucune personne n’est malheureuse. Et pour cause, elles ne se lancent jamais dans l’inconnu, ainsi elles ne sont jamais déçues. A Prudence, on ne lit pas d’histoire pour ne pas que les enfants aient peur, on ne fait pas de gâteau de peur de les râter. Par contre on aime écouter le métronome. Avec lui pas de surprise, après le tic, il y a toujours le tac.

Manoug décide alors de partir de son pays quand il croise la route de l’oiseau de Cocagne : « je vais au Pays du Bonheur » chante l’oiseau, « veux-tu m’accompagner ? » Ni une, ni deux, Manoug le suit et c’est le début de son aventure. Il visitera plein de pays, tous plus chouettes les uns que les autres : la Presqu’île exquise, la Gorge des gâtés, la Baie des Ritournelles … et se rend compte que pour être heureux, il faut oser, aller vers l’inconnu. A chaque fois, il explique ses découvertes dans des lettres qu’il envoie à son Grand-Père qui l’aurait bien rejoint, s’il en avait eu le courage ! Jusqu’à ce que Manoug comprenne qu’il existe plein de petits bonheurs, mais que le plus grand bonheur est chez lui, avec son Grand-Père. Il retourne le voir et ensemble décident alors de partir à la recherche d’autres petits bonheurs

Les illustrations, on en parle des illustrations ? Elles sont magnifiques, pleines de sensibilité ! Je suis tombée amoureuse de l’oiseau-lyre que l’on voit sur la photo juste ci-dessus. Il se dégage des dessins une infinie douceur. Elles me touchent parce que je ressens les émotions des personnages, l’illustrateur nous livre là un joli trésor.

J’aime aussi la disposition du texte dans chacune des pages. Les phrases épousent les mouvements : ceux des vagues, du vol de l’oiseau ! ça rajoute encore plus de poésie dans l’ouvrage !

Et puis le texte bien sûr est un véritable bijou, tant dans le ton que dans le sujet.

Evidemment, comme je vous ai dit, l’histoire me plait énormément. Je trouve que les grandes personnes ont toujours du mal à dénicher les petits bonheurs qui se trouvent près de chez eux. On n’ose pas faire ceci ou cela par peur de se tromper. L’inconnu fait peur justement parce qu’il n’est pas, par définition, quelque chose que l’on maîtrise. Pourtant, comme le dit si bien Jules RENARD, un auteur que j’apprécie beaucoup : « Le bonheur, c’est de le chercher » (non, ne me prenez pas pour une dingue, je ne suis pas une experte en citations, celle-ci se trouve sur la quatrième de couverture du livre^^), il n’arrivera pas tout cuit dans nos mains, et ne sera donc jamais le même d’une personne à l’autre.

Le texte est également très poétique, avec des tournures qui laissent le lecteur rêveur. Il y a beaucoup d’assonances (ça c’est un reste de mes cours de français du collège et du lycée ^^), c’est à dire la répétition d’un même son dans une phrase : « la barque valsa, vira et chavira ». Cela donne un certain rythme au texte.

Et puis il y a les rimes. Ce n’est pas un poème, il n’y a pas de vers, de strophes, de nombres de pieds à respecter, mais je trouve que dès qu’il y a de la rime dans un texte, ça donne une dimension particulière à la lecture.

Bref, vous l’aurez compris, je suis absolument conquise par ce petit bijou. Je ne l’ai pas encore lu à Zélie, mais je suis certaine qu’elle l’adorera, elle qui aime tant raconter ce qu’elle observe sur les pages, ici avec tous les détails elle sera servie.

Je suis ravie de ma petite trouvaille et de l’avoir partagée avec vous !

Ceci est ma soixante-neuvième participation au Rendez-Vous de Yolina : Chut, les enfants lisent

15 Comments on “A la recherche du bonheur {Chut, les enfants lisent #69}

    1. C’est une drogue ! Autant j’arrive à limiter les jouets (ils n’ont pas beaucoup de jouets mes loulous quand je vois chez mes copains) mais les livres j’arrive pas à me restreindre ^^

  1. je l’ai découvert il y a quelques temps maintenant et je ne l’ai pas encore acheté, il va falloir que je regarde ça de plus près, il est tellement beau ce livre !
    Je te comprends sur l’amour des livres jeunesses, au vue du déménagement qui arrive, j’ai eu la hantise de déplacer les quelques 2500 livres de notre bibliothèque, du coup je me suis posée, bien déterminé à ne garder que les coups de coeur. Je me suis séparée de presque 300 livres… c’est énorme et en même temps si peu. Puis les jours (les mois) ont passé et j’ai bien du en racheter une petite cinquantaine… au final je crois qu’on va en déménager 2500 (oups, lol)

    1. 2500 !!!!!!!! Ahah tu me bats à plate couture ! Mais je comprends c’est un outil tellement essentiel ! Bon courage pour le déménagement il va t’en falloir des cartons

  2. Eh bien, quel beau livre ! J’aime beaucoup l’univers et cet oiseau. Et puis l’histoire bien sûr, encore une belle découverte !
    Quand à se séparer des livres, je n’ose pas… bêtement, je sais que je pourrais en filer dans les swaps, mais comme c’est principalement la famille qui offre, qu’elle fait parfois des ratés et que la famille me lit… du coup, je ne sais pas quoi en faire de mes livres que j’aime pas ahah On verra avec le temps, en attendant, j’esquive leur lecture, c’est déjà ça 😉

    1. Oui il est magnifique ! Moi aussi j’ai un énorme coup de coeur pour l’oiseau lyre (qui me rappelle mon poète préféré : Prévert). Pour la séparation des bouquins j’avoue je n’ai pas de scrupules ^^ tu te souviens du livre que mes beaux-parents avaient offert à Zélie : la Petite Sirène version Hello Kitty, gnan gnan à souhait, avec des paillettes partout ? Eh ben j’ai réussi à m’en débarrasser : Zélie a arraché un livre de la bibliothèque de l’école (en fait il était déjà en piteux état, Zélie l’a juste terminé ^^) du coup je lui ai dit que comme elle a abîmé un livre de l’école il était normal qu’elle répare son erreur et je lui ai demandé de choisir un livre dans sa bibliothèque qu’on donnerait à l’école en échange… J’ai fortement insisté pour qu’elle choisisse celui-ci ^^ (mère indigne :D)

        1. Ahah ben tu ne le reverra plus jamais jamais. Et par la même occasion, Zélie a décidé (et pour le coup je ne lui ai même pas soufflé l’idée) d’en donner un deuxième : une histoire de Princesse Sofia. J’connaissais pas mais direct, j’ai rangé ça dans la catégorie des livres que j’aime pas (surtout quand j’ai vu le nombre de trucs vendus à l’effigie de cette princesse violette). Allez bon débarras !!! Mais oui en effet c’est une bonne idée la bibliothèque : moi ils partent chez ma soeur ^^

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