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Les périodes sensibles selon Jean Piaget

Sur les réseaux sociaux, dans les livres et les magazines traitant de l’éducation, on voit souvent passer le terme de « période sensible ». Devenue maintenant une notion fourre-tout, j’ai été plonger mon nez (un peu par hasard je dois l’avouer) dans mes cours et mes lectures universitaires histoire de me remettre les idées en place et de vous en faire profiter par la même occasion 🙂

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Quand j’étais à la fac, j’ai eu l’occasion d’en apprendre beaucoup sur les grands pédagogues modernes. Aujourd’hui, j’avais envie de vous parler de Jean Piaget. C’est l’un de mes préférés parce que ce qu’il écrit est facilement compréhensible (j’ai notamment le souvenir d’un certain John Dewey et de son livre « l’enfant et l’école » : quand j’attaquais la deuxième ligne, je ne me souvenais plus de la ligne précédente tellement c’était compliqué ^^) et parce que ses découvertes sur le développement et l’intelligence de l’enfant me parlent plutôt bien.

1. Les périodes sensible selon Jean Piaget.

Déjà, c’est qui lui ?

Eh bien comme son nom ne l’indique pas, Piaget est suisse 😀 ! Si vous allez faire un tour sur la page Wikipédia qui lui est consacrée, vous apprendrez qu’il était biologiste, épistémologue, psychologue et logicien, mais ça ne va pas plus vous avancer. En fait, ce qui nous intéresse surtout c’est que Monsieur Piaget, il a profité d’avoir trois enfants pour étudier sur -et avec- eux l’intelligence de l’enfance, depuis sa naissance jusqu’à l’acquisition du langage. C’est quand même bien pratique d’avoir son objet de recherche à la maison, n’est-ce-pas ? Sinon, si vous aimez les dates et les clins d’oeil, Piaget est né un 9 août en 1896, alors forcément, comme il est né le même jour que moi (quelques années avant hein), c’est un peu comme mon jumeau, ça le rend encore plus sympathique (bizarrement j’ai rapidement retenu sa date de naissance^^) . Il est mort en 1980, le 16 septembre, Mais ça ne m’évoque rien. Voilà !

Ah et si vous voulez savoir à qui il ressemble, voici une photo ! Franchement, il a l’air bien sympathique avec ses lunettes à grosse monture et sa pipe ! Il aurait pu être notre grand-père !

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Piaget, lui il pense que tous les enfants traversent différents stades afin de construire leur intellect et leurs relations aux autres. Ces stades se produisent selon un ordre fixe chez tous les enfants, de toutes les cultures. Donc, en traversant ces stades, l’enfant va « apprendre à penser », c’est à dire interagir avec le monde qui l’entoure. Et pour l’apprentissage de la pensée, l’enfant va passer des étapes qui se traduiront par des changements pendant lesquels ils vont acquérir des habiletés cognitives.

Piaget appelle ces étapes : « les stades de développement ». Les stades sont regroupés en 4 périodes :

  1. La période de l’intelligence sensorimotrice (de la naissance à 2 ans), divisée en 6 stades.
  2. La période de l’intelligence préopératoire (de 2 à 6 ans), divisée en 2 stades.
  3. La période des opérations concrètes ou de l’intelligence opératoire (de 6 à 10 ans).
  4. La période des opérations formelles (de 10 à 16 ans).

Ces notions de périodes, ça veut dire que les enfants en suivent l’ordre, qu’il y a des pensées et des comportements propres à chacune d’entre elles et que les intelligences cognitives acquises à la période précédentes seront nécessaires à l’entrée dans la période suivante.

Tout cela est bien sympathique, mais concrètement, qu’est ce que ça veut dire ?

Eh bien je vais vous l’expliquer 🙂

Commençons par la période sensorimotrice. C’est celle qui s’acquiert depuis la naissance jusqu’à environ deux ans. A sa naissance, l’intelligence de l’enfant est essentiellement motrice, ce qui signifie qu’il essaye de représenter son monde en fonction de ce qui l’entoure. Mais comme l’enfant ne parle pas, seuls sa perception et ses mouvements sont utilisés.

Si pendant le premier mois de sa vie l’enfant ne possède que des réflexes innés et primitifs, petit à petit il va découvrir le monde. Tout d’abord avec le toucher, la vue et le goût. Puis, il va apprendre à contrôler son corps à travers la répétition du même geste. Les actions qu’il va effectuer, il va les faire de manière intentionnelle, en gros, il veut atteindre un but et il va chercher les moyens d’y arriver. C’est le début de la résolution de problèmes, qui pour nous, semblent pourtant ne pas en être. Quand il aura compris comment atteindre son but, il va ajouter des variantes afin d’étudier les « résultats » (plus facile, plus intéressant, plus rigolo, plus dangereux, plus long…) Et après, il va de moins en moins recourir aux tests, mais va plutôt tenter d’imaginer d’abord la solution avant d’aborder le problème : c’est la représentation mentale. Enfin, cette première période marque aussi l’acquisition de la notion de permanence des objets et des personnes, ça veut dire que l’enfant comprend que même s’il ne voit pas l’objet, il existe toujours.

Et voilà, la première période est finie et l’enfant qui a environ deux ans a acquis une fonction très importante : la fonction symbolique. Cette fonction, vous l’avez déjà tous observée avec vos loulous qui ont deux ans ou plus : ils sont capable d’évoquer des objets ou des situations qui n’existent pas sur le moment présent grâce à des signes (les mots) ou des symboles (les dessins). En fait c’est tout simple : par exemple, quand je dis « Papa », je fais entendre le son [papa] au lieu de montrer Papa du doigt. ça veut dire que grâce au mot « papa », on peut penser à lui sans pour autant qu’il soit présent.

Idées de jeux et d’activités à mettre en oeuvre avec nos bébés :

– jouer avec son corps : comptines gestuelles, massages,

– jeux d’exercices moteurs : découvrir les textures à travers des hochets, des balles, des coussins sensoriels

– permanence de l’objet : boite de permanence de l’objet

A partir de deux ans, l’enfant entre dans une nouvelle période : celle de l’intelligence préopératoire. Elle s’accentue avec la scolarisation et donc laisse la part belle à la sociabilisation. L’enfant entre en contact avec les autres enfants de son âge et pour cela, il se doit de communiquer avec eux. Son vocabulaire s’enrichit alors. Mais l’enfant reste encore un individu qui pense de manière égocentrique. Ses pensées manquent alors de logique et sont plutôt intuitives. Il parle de lui à la troisième personne parce qu’il n’est pas encore vraiment conscient du concept du « moi » qui le sépare des autres individus. Mais surtout, il est trèèèèèèèèèèèèèèès curieux !! Il veut tout découvrir et c’est le grand moment des « pourquoi », souvent redoutés par les parents ^^ C’est aussi une période assez déroutante parce que l’enfant a tendance à attribuer ses sentiments et ses pensées aux objets, notamment à son doudou qui devient un membre indispensable de la famille 😀

Idées de jeux et d’activités à mettre en oeuvre avec nos bébés :

– sociabilisation : savoir définir et exprimer ses émotions

– vocabulaire : les cartes de classification (sans texte) pour les non-lecteurs, les cartes de nomenclature (avec texte) pour les lecteurs

– curiosité : lire des livres, des documentaires, visiter des musées ou des monuments ou des lieux en rapport avec la passion de l’enfant

Vers 7 ans, l’enfant entre dans une nouvelle période, celle de l’intelligence opératoire. En fait c’est à cet âge là, que la pensée logique se construit, mais uniquement face à des situations concrètes. La pensée logique se met en place surtout dans les mathématiques. Ainsi, l’enfant va acquérir certaines notions comme les conservations physiques ( par exemple si on prend une boule de pâte à modeler et qu’on en fait plusieurs morceaux, cela représente la même quantité, ou encore, 1 L d’eau dans une bouteille, c’est la même chose que 1l d’eau dans une bassine. La quantité est la même, seul le contenant change) ou les conservations spatiales (notamment la classification). En revanche, la pensée abstraite c’est encore compliqué, les enfants ne savent pas utiliser les connaissances qu’ils ont acquises dans des domaines qu’ils ne maîtrisent pas.

Idées de jeux et d’activités à mettre en oeuvre avec nos enfants :

Pensée logique : jeu de rapidité (Jungle Speed, Dobble), de mémoire (memory, jeux de cartes) ou de stratégie (jeu d’échecs, …)

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La dernière période selon Piaget démarre vers 11 ans et est appelée Période des opérations formelles. Pendant cette période, les enfants vont acquérir plusieurs compétences : le passage du concret à l’abstrait, du réel au possible, ils seront capables de prévoir les conséquences de telle ou telle action sur le long terme, ils acquièrent la logique déductive et savent résoudre un grand nombre de problèmes plus ou moins complexes. Cette période correspond à l’adolescence, et toutes les structures cognitives qu’ils vont construire pendant cette période leur serviront tout au long de leur vie d’adulte.

Allez, je vous laisse digérer toutes ces informations, la prochaine fois, je vous parlerai des périodes sensibles selon Maria Montessori 😀

6 Comments on “Les périodes sensibles selon Jean Piaget

    1. J’essaie d’être assez claire et surtout faire en sorte que ce soit intéressant ce que je raconte ! Alors si un jour tu t’ennuies en lisant mes articles faut me le dire hein^^

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