apprendre en s'amusant

La géographie selon Maria Montessori

Toute chose fait partie de l’univers et chacune est connectée aux autres pour former une grande unité. – Maria Montessori

Dans mon cheminement au sein de la pédagogie Montessori, j’ai proposé à Zélie d’orienter ses activités sur la découverte du Monde et la géographie en particulier.

Rappelons que Zélie n’a que trois ans et 4 mois et que même si elle s’intéresse énormément au monde qui l’entoure, je ne voyais pas l’intérêt de lui parler de géopolitique tout de suite, c’est à dire le nom des pays, leurs capitales ou encore leurs drapeaux respectifs … Avant de se lancer dans ce travail fastidieux, il est, selon moi, nécessaire de commencer par comprendre de quoi est faite notre planète.

Le Petit Larousse définit la géographie comme une science qui a pour objet la description et l’explication de l’aspect naturel et humain de la surface de la Terre.

En fait quand on aborde la géographie avec un jeune enfant (3 ans en l’occurence^^), on s’intéresse à différentes notions qui se relient entre elles : la nature, les animaux, la météorologie … Et puis, l’apprentissage de la géographie, se fait également par la capacité qu’a l’enfant à se repérer dans l’espace.

Il y a quelques jours, je vous ai présenté notre mappemonde sensorielle, réalisée par mes petites mains.

Aujourd’hui, j’ai bien envie de vous montrer comment nous l’exploitons ainsi qu’une petite activité qui en découle.

Notre globe représente donc notre planète, l’intérêt sensoriel de l’objet est d’expliquer à l’enfant que la surface de la Terre est rugueuse, c’est à dire qu’elle est formée de creux, de pics … c’est pour cette raison qu’il y a des montagnes, des plateaux, des plaines … Et la surface de l’eau est lisse, plate, comme nos océans et nos mers.

Avant d’expliquer quoi que ce soit à Zélie, je l’ai laissé manipuler le globe pour qu’elle se l’approprie. Puis je lui ai expliquée que cette grosse sphère représente notre planète. Elle s’appelle la Terre, notre planète. Mais là, elle est représentée en beaucoup plus petit, un peu comme les figurines représentent les animaux qui, en vrai, sont beaucoup plus gros.

Les terres, c’est à dire les parties rugueuses, ce sont les endroits où on peut habiter, construire des maisons, faire des routes, se promener dans les forêts …

Les eaux, les parties lisses, ce sont les endroits où vivent les poissons, les baleines et sur lesquelles voguent les bateaux.

Zélie m’a montré ensuite les différentes terres de notre planète. Je ne lui ai pas cité les noms de nos continents, mais je lui ai montré qu’il y en avait plusieurs, même un tout en dessous du globe.

C’était rigolo parce qu’elle a remarqué assez rapidement qu’il y avait beaucoup, beaucoup de bleu. A certains endroits (le Pacifique notamment) elle était surprise de voir qu’on ne voyait pas beaucoup les terres. Je lui ai dit que le surnom de notre planète était la planète bleue. Elle a bien aimé ce surnom ^^

L’intérêt de ce globe étant donc d’apprendre, pour ce mois-ci, trois mots de vocabulaire : notre planète est composée de terres et d’eau, et tout autour, il y a de l’air !

Ce sont trois notions que Zélie avait déjà appréhendées à l’aide des animaux grâce à l’activité je vole/je nage/je marche présentée ici.

Je lui ai donc proposé une autre activité, dans le même style et inspirée du livre 100 activités Montessori pour découvrir le monde : classer des paysages qui illustrent les trois éléments.

Pour cela, j’ai préparé trois pots en verre. Dans le premier, j’y ai mis de la terre (du terreau pour être précise^^), dans le deuxième, de l’eau et dans le troisième je n’ai rien mis. J’ai ensuite étiqueté chacun des pots. Cette option n’est pas nécessaire pour les enfants non lecteurs, mais j’ai voulu le faire afin de pouvoir également proposer cette activité à des enfants lecteurs de mon entourage.

Puis, je me suis armée de patience et de mon ordinateur, et j’ai fait mes propres cartes en cherchant de jolis paysages représentant les trois éléments qui composent notre planète.

Lorsque j’ai eu fini mes 18 cartes (6 par élément), que je les ai imprimées, plastifiées et découpées, Zélie et moi nous sommes installées à table et je lui ai présenté les trois pots en lui demandant de me décrire ce qu’ils contenaient. Si elle a reconnu facilement la terre et l’eau, le pot contenant de l’air était pour elle, vide. Je lui ai donc expliqué que même s’il était invisible, l’air nous entoure partout et est donc présent dans le pot également. Elle a donc assimilé l’air au ciel.

J’ai placé les trois pots face à elle et une à une, Zélie a placé les cartes sous l’élément qui lui correspond.

Cette activité a été un formidable jeu de vocabulaire et de discussion. Zélie a beaucoup décrit ce qu’elle voyait sur chacune des cartes, ce qu’elle imaginait. Elle me posait également beaucoup de questions. C’était vraiment très intéressant. Certaines cartes étaient plutôt simples à positionner, d’autres en revanche, ont questionné ma puce.

Prenons celle qui représente un pissenlit. D’emblée, Zélie a voulu la placer sous le pot « terre » et elle n’avait pas complètement tort. Je lui ai expliqué qu’ici la carte représentait un autre élément : « que vois-tu sur la carte ? » – « je vois le pissenlit qui s’envole parce qu’on souffle dessus » (il faut dire que c’est l’un de ses jeux préférés quand elle rencontre des pissenlits sur son chemin) – « oui c’est vrai. Et sais-tu ce qui sort de notre bouche quand on souffle ? » – « euh du vent ! de l’air ! » (et quand Malo souffle c’est de la bave qui sort de sa bouche – euh oui tu as raison ma chérie^^) Elle a donc changé l’emplacement de sa carte pour la positionner sous le pot « air ».

L’autre carte qui a aussi ouvert la discussion est celle des montagnes enneigées. Zélie a compris depuis un moment que la glace et la neige, c’est de l’eau sous forme solide. Alors naturellement, elle a posé sa carte sous le pot « eau ». Encore une fois, elle n’avait pas tort. J’ai donc expliqué que la neige c’est une des forme de l’eau sur notre Terre. Mais il existe des endroits sur notre planète où la Terre est presque entièrement recouverte de neige: l’Antarctique (tout en dessous du globe, là où c’est blanc) mais aussi les montagnes très hautes. En fait, sous la neige, il y a de la terre. Les montagnes enneigées sont des paysages terrestres. On peut donc aussi disposer la carte sous le pot « terre ».

Bref, cela a été une activité tout à fait passionnante qui nous a permis de beaucoup discuter avec Zélie.

Et chez vous, de quelle manière aborde-t-on la géographie ?

Age de Zélie au moment de l’activité : 3 ans et 4 mois

3 Comments on “La géographie selon Maria Montessori

  1. Vraiment super activité! J’aime beaucoup le vocabulaire utilisé car ce qui est le plus compliqué je trouve avec des tout-petits quand on aborde certains sujets un peu complexes c’est d’utiliser le bon vocabulaire, Pas trop compliqué pour ne pas les perdre mais suffisamment précis pour qu’ils comprennent bien la notion! Je garde tout ça en tête en tous cas. Merci!

    1. Oui je suis d’accord. Souvent quand je me lance dans une activité à visée éducative, je cherche en amont les bons mots à utiliser. Mais en fait, ça vient tout seul et on se rend compte que nos enfants comprennent beaucoup de choses

  2. J’adore ! Je note l’idée des petits pots, c’est super sympa !
    Je suis en train de concocter plein de cartes, et je prévois justement des les croiser entre elles, je pourrais faire ce genre de chose 🙂

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