réflexions

Octobre : le mois Charlotte Mason

Si en septembre nous nous sommes intéressés à Montessori, en octobre, c’est Charlotte Mason qui a été mise à l’honneur et le moins que l’on puisse dire c’est que j’ai beaucoup aimé ses idées.

Mais commençons par un petit retour en arrière. Cet été, j’ai bien potassé le grand guide des pédagogies alternatives et devant la richesse de l’ouvrage, je me suis lancée le défi d’appliquer une pédagogie par mois avec mes loulous 🙂 Croyez-moi, c’est une expérience très intéressante et surtout très enrichissante pour moi !

Qui est Charlotte Mason ?

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Née au Pays de Galles (au Royaume-Uni donc), Charlotte Mason a très vite su qu’elle serait enseignante. Et son leitmotiv, c’est le homeschooling, c’est à dire l’école à la maison. ça peut paraître bizarre cette idée, surtout venant d’une enseignante, mais selon elle, le rôle des parents est primordial dans l’éducation des enfants, bien avant celui des professeurs. Elle va donc ouvrir sa propre école de formation qui accueille les personnes qui éduquent les enfants.

Contemporaine de Maria Montessori, la conception de l’éducation par Charlotte Mason est aux antipodes du docteur italien puisqu’elle déteste le matériel créé par le docteur Montessori, voyant par là un emprisonnement de l’esprit.

rien que ça ^^

Quels sont les grands principes de la pédagogie MASON ?

1/ la nature ! pour elle, les enfants doivent passer la majorité de leur temps au grand air, au contact de la nature. J’aime bien son adage : « il n’y a pas de mauvais temps, il n’y a que des mauvais vêtements ». Et quand ils sont dehors, il ne faut pas chercher systématiquement à faire un cours magistral de tout ce qu’on rencontre sur la route. Eh oui, ce n’est pas parce que l’enfant « ne fait rien » qu’il n’apprend rien. Au contraire ! Il vaut mieux le laisser observer, être attentif et délicat, c’est là, la meilleure manière de favoriser ses apprentissages. Cependant, l’enfant étant naturellement curieux, c’est à l’adulte de l’accompagner de manière bienveillante, tout en lui laissant une grande marge d’autonomie.

2/ l’importance des livres. Des « living-books » pour être précise, c’est à dire les livres vivants. non seulement cela donne très tôt le goût de la lecture, mais surtout, contrairement aux ouvrages dits scolaires, les living books abordent la thématique dans son intégralité et stimulent la curiosité des enfants. Par ailleurs, ce qui fait la richesse de ce type d’ouvrage, c’est le style d’écriture, le vocabulaire employé, la tournure des phrases. Bref, le livre est un formidable outil dans la pédagogie de Charlotte Mason.

3/ l’importance de la religion. Charlotte Mason, comme tous les gallois de son époque était protestante et pour elle, la religion est indissociable de l’éducation. La référence à Dieu est donc omniprésente.

J’ai eu l’occasion de lire un ouvrage très intéressant : la pédagogie Charlotte Mason écrit par Laura LAFFON

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Dans cet ouvrage (et dans le tome 2), l’auteure prend le temps de décrypter les différents principes de cette pédagogie de manière très simple et très intéressante. C’est ce livre qui a été ma référence (avec le grand guide, bien évidemment^^) tout au long du mois d’octobre.

Vous vous en doutez, nature + littérature de jeunesse de qualité, il n’en fallait pas plus pour me contenter (en revanche, la partie « religion » m’a moins emballée^^) car ce sont deux sujets qui me passionnent et me font vibrer au quotidien.

Nous avons, chez nous, l’habitude de passer notre vie au grand air. Bon, ok nous sommes loin, très loin des 6 heures quotidiennes dehors, mais tout est prétexte à sortir, à se promener, à découvrir.

Par ailleurs, j’aime laisser mes enfants se balader au gré de leurs envies. Ils ramassent plein de trésors sur leur chemin. Parfois nous les apportons à la maison et dans ce cas ils nous permettent d’apprendre plein de trucs, parfois, on les laisse sur place.

Nous essayons également d’inculquer le respect de la nature : est-ce vraiment nécessaire de cueillir cette fleur ? privée de ses racines et de son attache au sol, elle va mourir. que pouvons-nous faire pour éviter que les limaces mangent toutes nos fraises ? il existe certainement des façons de faire pour les éloigner et non pas les éliminer…

Je vous parle plus en détails de notre rapport à la nature ici

J’aime aussi énormément le fait de laisser les enfants apprendre par leurs propres expériences, en témoigne par exemple la fameuse roue des nuages. Il était clair que devant les peurs de Zélie, il était absolument inutile que je « sorte ma science » et que je lui explique seulement que non, il ne va pas y avoir de l’orage parce qu’il pleut actuellement. Avoir un objet qui la guide dans ses apprentissages, qui lui permet d’observer le ciel avec quelques clés pour le comprendre lui a permis de dépasser ses peurs.

Alors oui, le fond du message est le même que ce soit moi qui explique ou elle qui se rend compte via la roue. Mais la forme du message est absolument essentielle et l’expérience est donc primordiale.

Vous retrouverez notre activité sur les nuages ici

Toujours dans l’apprentissage par l’expérience et grâce à la nature, je me suis inspirée d’une photo publiée par Elsa du blog Où es-tu Coquelipop ? sur son compte Instagram à propos des pommes.

Il s’agit du fruit préféré de mes enfants et au lieu de la manger « bêtement » nous avons réalisé une petite dégustations très intéressante : non seulement elle nous a permis de découvrir qu’il existait différentes variétés toutes différentes les unes des autres, mais en plus, cela aura été l’occasion d’un merveilleux moment en famille tous les quatre, connectés autour de la table.

Ainsi, on a travaillé le vocabulaire, le sens de l’observation, le goût, la texture … bref, les cinq sens (oui l’ouïe aussi : c’est important d’écouter les autres quand ils parlent^^)

Si vous voulez en savoir plus, c’est par ici.

Bien évidemment, vous connaissez toutes et tous mon amour immodéré pour les livres et surtout les beaux livres. La notion de living books me touche donc particulièrement depuis très longtemps, même si avant de me renseigner sur Charlotte Mason, ce terme m’était inconnu.

Nous possédons une quantité astronomique de livres chez nous et je prends le soin de sélectionner chacun d’entre eux parce que comme Charlotte Mason, je suis absolument convaincue de l’utilité des livres à partir du moment où ils permettent un apprentissage aux enfants.

Nous en possédons de toute sorte, des histoires, des livres qui permettent de faire fonctionner nos sens, des documentaires, des livres qui nous font chanter, des livres pour les câlins, des livres pour danser et d’autres pour rigoler, des livres qui font parler…

Mon article sur la sélection des living-books de la maison est ici

Bon, et après ce mois Charlotte Mason, qu’est ce qui en ressort pour moi ?

Tout d’abord, je ne vais pas vous mentir, j’apprécie énormément la part belle que fait cette pédagogie à la nature et à la littérature. Ce sont deux mondes qui me touchent particulièrement alors forcément je ne pouvais qu’être concernée par la pensée de Charlotte Mason. En revanche, passer 6 heures dehors au quotidien, même quand on adore la nature comme moi, c’est un peu mission impossible ^^ Mais ce qui est certain c’est qu’il est absolument nécessaire de permettre aux enfants de pouvoir mettre le nez dehors ne serait-ce qu’une heure par jour : aller au parc, se promener, flâner le long des sentiers de campagne ou profiter d’un jardin. Profiter de la nature peut se faire de différentes manières : une belle balade à vélo au milieu des champs, une promenade dans les sentiers forestiers, un pic-nic à l’ombre d’un chêne …

J’aime aussi le principe des routines à inculquer à l’enfant afin de lui permettre d’acquérir très tôt et de manière naturelle les gestes efficaces qui leur feront gagner du temps.

En revanche, je ne suis pas en phase avec l’omniprésence de la religion dans le quotidien. Après, on est d’accord qu’il s’agit de sensibilités personnelles hein ! Si la religion est présente dans ma vie et celle de nos enfants, c’est grâce à mon histoire. Mon papa est issu d’une famille très pieuse, l’un des frères de ma grand-mère était prêtre, l’une de ses soeur était religieuse… J’ai donc été élevée dans cet environnement et je vous rassure je l’ai très bien vécu ! Aujourd’hui je comprends la bible, ce qui anime les croyants, je comprends la foi et j’apprécie la ferveur qui se dégage des cérémonies. J’ai eu la chance d’être entourée de personnes pieuses, mais absolument ouvertes d’esprit ! J’ai appris beaucoup de choses à leur contact à ce sujet et je suis certaine que de connaître tout cela m’a façonnée. J’ai fait mon catéchisme et j’ai même été enfant de choeur (et j’ai adoré ça !) nous souhaitons que nos enfants fassent aussi du catéchisme, parce qu’en connaissance de cause, ils pourront faire le choix de croire ou non, de faire un choix éclairé.

Cependant, je n’ai pas envie que l’ensemble de nos activités, de gestes, de notre quotidien soit rythmé par la religion. Et d’ailleurs je crois que ça peut rebuter pas mal de personnes de savoir que la religion soit aussi présente dans cette pédagogie ^^ Mais je vous assure qu’elle vaut la peine d’être connue 🙂

Troisième mois, troisième pédagogue, en novembre je m’intéresserai donc à FREINET, le régional de l’étape puisque lui, il est français !!

4 Comments on “Octobre : le mois Charlotte Mason

  1. J’adore cet article …. ! Et quel projet ! Il me tarde de lire les billets suivants et surtout ta recap et ton avis une fois que tu auras tout testé ^^ Du moins tout ce qui t’intéresse
    Ici on ne suit aucune pédagogie en particulier même s’il est vrai que j’aime bien proposer des activités de vie pratique type montessori aux enfants ^^

    Par simple curiosité, quel ouvrage as tu lu qui reprenait la plupart des pédagogies que tu t’apprêtes à tester? Ça m’intéresse beaucoup.

    Bon courage pr novembre, il me tarde déjà de lire ton billet dessus ^^

    Annaelle

  2. Super article comme toujours 🙂
    Ca me fait toujours sourire de voir que j’applique des « théories » sans m’en rendre compte, par simple « logique ». La nature et les livres, quoi de plus simple finalement ? Bon la religion par contre, très peu chez nous. J’essaie de trouver les bons mots pour expliquer les choses à ma Choupette lorsqu’elle me pose des questions, sans juger. Et ce n’est pas évident. Je trouve par exemple que le simple fait de dire que des gens croient en quelque chose est un peu jugeant. Est-ce qu’ils y croient parce qu’ils ont raison, parce qu’ils sont dans l’erreur. Bref. Pas évident comme sujet ^^

    1. J’ai le même ressenti que toi sur l’application naturelle des principes pédagogiques. Souvent je me dis « ehhh mais je fais déjà ça !!! »
      C’est un sujet sensible la religion. Moi je préfère me dire qu’on croit tous en quelque chose : que ce soit une entité supérieure, la nature, la bonté, la paix, l’amour, le respect, la bienveillance.. . Parce que selon moi, si on ne croit en rien, la vie doit être bien triste^^

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