au quotidien, réflexions

Novembre : le mois Célestin Freinet

Notre mois de septembre a été consacré à Maria Montessori, celui d’octobre à Charlotte Mason. Pour le mois de novembre nous avons cohabité avec Célestin Freinet.

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Célestin Freinet est un pédagogue français (cocorico !) né en 1896 dans le sud de la France. Il est bon élève, mais il s’ennuie à l’école. Pourtant, il deviendra instituteur très rapidement.

C’est grâce à la première guerre mondiale que la pédagogie Freinet voit le jour. Je m’explique parce qu’habituellement, on a plutôt tendance à dire « à cause » quand on parle de la guerre ! Freinet est envoyé à la guerre mais est blessé en 1917. Il gardera des séquelles de ses blessures, au poumon. Et c’est pour pouvoir continuer à enseigner malgré son état de santé qu’il décide d’adapter son enseignement grâce  à l’utilisation de l’imprimerie, la création d’un journal par les élèves ou encore le principe des coopératives.

De plus en plus d’instituteurs s’intéressent aux idées novatrices de Célestin et Elise Freinet, à tel point qu’ils créent en 1927 la première coopérative qui permet aux enseignants de bénéficier de ressources telles que des films ou des documents afin de guider ceux qui souhaitent suivre ces nouvelles pratiques, adeptes d’un mouvement qui s’appelle l’Education Nouvelle (c’est à dire la participation active des enfants dans leurs apprentissages).

En 1928 il est muté dans une autre école où sa notoriété ne cessera de croître notamment parce qu’il s’est battu pour l’ouverture d’une nouvelle classe, lui qui a depuis bien longtemps compris que les apprentissages sont meilleurs par petits groupes, et une meilleure hygiène des locaux. Sauf que cet enseignement novateur commence à faire peur et l’Education Nationale, les politiques et mêmes des parents d’élèves craignent que Freinet ne soit en train d’enseigner le communisme à ses élèves. Comme ça va beaucoup trop loin et que la violence commence à entrer dans le débat, pour sa sécurité et celle de ses élèves, Freinet prend la douloureuse décision de quitter son école.

Mais dans sa tête il a un tout autre projet : ouvrir une école privée, indépendante. Elle voit le jour en 1935 à Vence et accueille un public très varié : des filles d’ouvriers, des orphelins, des enfants d’instituteurs et quelques uns issus de familles aisées. Au fil des ans, s’ajouteront des jeunes juifs fuyant les nazis et des enfants de réfugiés espagnols.

Et puis la Seconde Guerre Mondiale.

Les journaux d’enfants sont censurés parce que cette image de propagande communiste colle  à la peau de Freinet. Toujours est-il qu’il est arrêté et enfermé, et son école est fermée en 1940.

Après la guerre, l’école rouvre ses portes et accueille en majorité des enfants victimes de la guerre. Mais Freinet se concentre davantage sur ses écrits et enseigne moins. Pourtant, malgré ses idées novatrices, il est boudé, voire pire, ignoré par les spécialistes de l’éducations de son époque. Il faut attendre la création de l’Institut Coopératif de l’Ecole Moderne (ICEM) pour que la pédagogie Freinet soit enfin appréciée à sa juste valeur. L’Ecole de Vence, celle qu’il a créé devient un espèce de laboratoire où bon nombre de personnalités viennent visiter et découvrir le fonctionnement. Enfin il devient connu du grand public grâce à un film qui retrace son parcours : L’Ecole Buissonnière. Il meurt en 1966.

Quels sont les grands principes de la Pédagogie Freinet ?

1/ l’importance du matériel. Pour Freinet, le matériel à disposition des élèves leur permet de devenir acteur dans leurs apprentissages. L’exemple le plus concret c’est le matériel d’imprimerie. Grâce à ces lettres, l’enfant n’est plus prisonnier des manuels dans lesquels les textes sont déjà écrits, mais ont la possibilité d’écrire eux-mêmes leurs connaissances afin de développer leur esprit critique et leur ouverture sur le monde. C’est comme cela que le Journal de la Classe a vu le jour. Le matériel permet aussi de moderniser l’enseignement. Dans les classes de Freinet, les enregistrements sonores ou les films avaient une place très importante. Aujourd’hui on va plutôt privilégier l’utilisation des ordinateurs ou des tablettes.

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2/ l’expression libre. Elle a pour objectif de permettre à l’enfant d’affiner son geste et ses réflexions, de favoriser les différents modes d’expressions (écriture, dessin, …) pour décrire la vraie vie et non pas un monde éculcoré. Pour Freinet, l’expression libre donne du sens mais surtout une grande importance aux pensées et aux créations des enfants et les enjoignent à persévérer.  Dans les écoles Freinet, l’expression libre (par le dessin ou les écrits) permet de créer un lien entre tous les élèves, un fil conducteur de la vie dans la classe, un souvenir des événements auquel les enfants ont participé (un spectacle, le changement de saison…).

3/ l’apprentissage de l’autonomie. C’est parce que Freinet a de grosses difficultés à parler longuement qu’il décide de créer un enseignement dans lequel il n’aurait pas besoin de longs discours. Et ceci n’est possible que si l’enfant dispose d’une grande autonomie. Dans les écoles Freinet, on met en place un journal de bord qui est alimenté par tous les protagonistes : les élèves et les adultes. On y retranscrit les souhaits, les critiques constructives, la planification des activités le travail à venir, les différentes tâches à se répartir … Pour que cela soit possible, la pédagogie Freinet refuse l’autorité de l’enseignant sur le groupe classe. Cette autorité est l’affaire de tous.

4/ le tâtonnement expérimental, c’est-à-dire l’apprentissage par les expériences, les essais, les réussites et les erreurs. Pour que les apprentissages soient durables, il est nécessaire de laisser les enfants se questionner, se tromper, recommencer et trouver les solutions par eux-mêmes. Pour cela, la notion de plaisir et d’enthousiasme dans les apprentissages est primordial

5/ l’importance de la nature. Il est essentiel que l’enfant soit au contact de la nature, des animaux, qu’il manipule la terre, les plantes. Freinet met en place la « classe-promenade » : chaque jour, les élèves sortent afin d’étudier la nature qui les entourent. Puis de retour dans la classe, ils retranscrivent par écrit ce qu’ils ont pu observer.

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J’ai été très emballée par cette pédagogie qui mêle la nature et les outils modernes. Mais comme on s’était déjà beaucoup intéressé à l’aspect « nature » de la pédagogie Mason, j’ai accentué notre mois Freinet sur l’expression libre.

Alors vous allez vous dire que je ne me suis pas foulée pour ce mois-ci, que le dessin libre ne demande pas beaucoup d’implication et de préparation de ma part.

Eh bien détrompez-vous. En fait, j’ai passé une grande partie de ce mois à observer mes enfants.

Mais pour que Zélie et Malo puissent créer librement, il nous fallait un espace qui soit dédié à l’expression artistique libre. Avec le papa des enfants nous avons un peu réaménagé notre salon afin d’y inclure un espace créatif. On a changé le bureau et on a opté pour un modèle plus grand afin de pouvoir accueillir les deux enfants en même temps.

Nous nous sommes posés la question de l’emplacement de ce bureau dans notre salon (genre on a un immense salon ahah) (ah ben nan en fait ^^) : serait-il plus judicieux que le bureau soit situé à côté de la fenêtre pour bénéficier de la lumière du jour ou bien éloigné de la fenêtre mais à proximité du matériel.

Comme de toute façon maintenant il fait noir quand on rentre à la maison, on a choisi la solution pratico-pratique : le bureau des enfants est donc placé à côté du meuble qui accueille leur matériel. Et je ne regrette pas ce choix : c’est beaucoup plus pratique pour eux lorsqu’ils doivent déplacer leur matériel, le ranger deux minutes après pour en prendre un autre, et le ranger deux minutes plus tard et …

Bref, vous l’aurez compris, Zélie et Malo se sont très vite appropriés leur espace créatif.

Nous avons eu aussi à coeur de proposer une large gamme de matériel afin de développer leurs sens, leur imagination mais aussi leur geste.

Ils ont donc à leur disposition feutres, peinture, crayons de couleur, différents types de pinceaux, ciseaux (enfin que Zélie pour le moment, question de sécurité), colle, règle, crayons de couleurs, de papier, gommettes, tampons, feuilles de brouillon, feuilles blanches …

Je vous invite à lire cet article afin d’en savoir davantage sur notre espace créatif.

Et donc qu’ai-je pu observer ?

Plein de belles choses croyez-moi.

Je ne vais pas vous parler d’oeuvres d’art, parce que je vous assure que ce n’est pas ce qui m’intéresse et ce qui intéresse mes enfants.

En revanche, ils ont développé tout un tas de compétences. Et ça, vous en conviendrez, c’est quand même vachement plus intéressant !

1/ l’autonomie. Jusqu’à la mise en place de l’espace créatif, Zélie me demandait de lui sortir tel ou tel matériel. Il arrivait que je ne puisse pas le faire immédiatement (parce que je suis en cuisine ou parce que je change la couche de Malo). Premier point négatif : Zélie était donc bridée dans son envie créative. Comme le matériel n’était pas à disposition, Malo n’avait donc pas la possibilité de dessiner spontanément : deuxième point négatif. Maintenant ils ont l’occasion et les moyens d’assouvir leurs envies de dessin quand cela leur semble nécessaire.

2/ la responsabilisation : dès le départ, j’ai clairement expliqué les règles aux enfants. Tout le matériel est en libre accès, mais la fausse maniaque que je suis (ou alors la bordélique qui se soigne, c’est au choix^^) leur a demandé de ranger au fur et à mesure. Non seulement il s’agit là d’un respect pour les adultes (c’est à dire leur père et moi) (nan je rectifie : juste moi parce que Papa, ce n’est pas son truc de ranger^^) qui ne veulent pas ranger derrière eux, mais également un respect d’eux-mêmes et de leur matériel. Ils ont plutôt bien compris le message. Il faut dire qu’on leur a très rapidement appris à ranger donc ce n’était pas une trop grosse demande. J’aime être en retrait et observer mon tout-petit qui s’installe sur sa chaise, sort une feuille, dégaine un feutre, fait deux-trois traits sur sa feuille, range le feutre (en remettant le bouchon^^) en sort un autre. Puis il se lève et va chercher ses gommettes. Il en colle quelques unes et si la planche est vide il va la mettre à la poubelle. Et lorsqu’il a décrété qu’il en avait assez, il remet la feuille dans le bac prévu à cet effet et naturellement s’en va jouer ailleurs avant, parfois, de revenir sur sa réalisation. Tout coule de source : la réalisation et le rangement. C’est agréable et je suis assez fière d’eux.

3/ la coopération : alors là, je vous le dis tout de go (ouai j’aime bien les expressions désuètes) (j’aime bien aussi les mots obsolètes)(ouai encore un^^) c’est certainement ce qui m’a le plus impressionnée. Je vous l’avoue, j’avais très peur des disputes et des débordements. C’est que Zélie est une fourmi pas prêteuse et Malo une tête de bourrique ^^ en préparant l’espace créatif j’imaginais déjà les disputes parce que Malo voulait absolument tel feutre, comme par hasard celui que Zélie voulait aussi… Eh bien pas du tout ! Non seulement ils se prêtent le matériel (j’ai failli faire une attaque en entendant Zélie « Malo, s’il te plait, est-ce que tu veux bien me prêter le feutre bleu clair? », puis Malo « Tiens » !!! Dingue ^^) mais surtout ils s’entraident. Zélie a notamment expliqué à son frère comment décoller les gommettes ou utiliser les tampons. Je suis absolument convaincue par l’apprentissage par les pairs, alors quand je peux l’observer chez moi je me dis qu’on fait les bons choix.

4/ l’affinement du geste : le fait de laisser le matériel à disposition permet à l’enfant de s’exercer quand il en ressent le besoin. Les dessins de Zélie deviennent plus précis, elle écrit de mieux en mieux, de plus en plus. Pendant un moment, elle ne jurait que par le crayon de bois et la règle. Elle passait son temps à faire des lignes à la règle. En ce moment c’est la colle qui a ses faveurs. Elle coupe des morceaux de papier et les colle sur une autre feuille. Du côté de Malo, terminé les « points » au feutre, tellement forts que j’avais l’impression que la mine allait entrer dans le corps du feutre ! Maintenant il mesure ses gestes. Il aime particulièrement coller une gommette et dessiner dessus. Il exerce sa précision et sa concentration (la bouche toujours grand’ ouverte avec le filet de bave qui coule sur ses genoux-ou sur sa feuille) Il tient aussi son crayon de mieux en mieux.

Tout cela entraîne aussi de la part de mes enfants une certaine curiosité pour les différentes techniques d’expression artistique. En témoigne par exemple la réalisation de la main négative de Zélie lors du rendez-vous de l’Art est un jeu d’enfant (l’article est ici) : la création est plus fluide car grâce à la connaissance des outils, elle est plus encline à découvrir de nouvelles techniques, de nouvelles expériences qui viendront par la suite enrichir ses dessins libres. En effet, depuis que nous avons réalisé la main négative à la manière des hommes préhistoriques, elle aime dessiner le contour de sa main sur sa feuille et ensuite la décorer. Elle s’approprie à sa manière les compétences déjà acquises et les toutes nouvelles connaissances.

C’est la même chose du côté de Malo. Comme il est davantage « entraîné » à l’exercice de la réalisation artistique, j’ai plus de facilité à lâcher prise lors de certaines activités. Ainsi, je peux lui laisser un pinceau, une éponge et un peu de peinture dans une palette, car il sait ce qu’il peut en faire. Il ne va pas « jouer » avec le matériel, mais bel et bien dessiner, peindre, expérimenter sur sa feuille et non pas sur la table, le mur ou ses vêtements (même si on n’est pas à l’abri d’un petit « accident » ^^)

Bon et après ce mois Freinet, qu’est-ce qui en ressort pour moi ?

La question de laisser la part belle à l’autonomie me plait énormément. J’aime aussi l’idée de limiter l’autorité verticale : de l’adulte vers l’enfant, même si je l’avoue, il s’agit là de quelque chose vers quoi j’aimerais tendre, mais c’est assez difficile. Alors en lisant les écrits de Freinet, les expériences menées ici et là, ça me motive encore plus pour y arriver.

Selon moi, Freinet était tout à fait novateur. Ainsi, lorsqu’en 1954 il déclare que pour faciliter les apprentissages et dispenser un enseignement de qualité, il ne faut pas dépasser 25 élèves par classe, il ne se doutait pas que la question ferait toujours débat, plus de 60 ans après sa disparition !

En revanche, même si je ne doute pas de l’intérêt des outils « modernes » tels que l’informatique dans les apprentissages, j’ai énormément de mal à appliquer cette pensée. Pour le moment, mon credo c’est zéro écran pour Zélie (même si on lui a laissé regarder un film récemment^^) et pour Malo bien entendu. Je n’arrive pas encore à trouver l’intérêt des écrans. Ils sont encore tous les deux très petits. en revanche, je suis convaincue de l’intérêt de savoir utiliser les écrants à bon escient. Il est maintenant nécessaire pour nos enfants de savoir maîtriser cet outil parce que les écrans sont de plus en plus présents dans notre vie quotidienne. Mais ils ont encore un peu le temps avant de s’y mettre 🙂 

Bref, encore de belles découvertes pendant ce mois de novembre !

Et pour décembre ? C’est Waldorf qui entre à la maison 🙂

4 Comments on “Novembre : le mois Célestin Freinet

  1. Ton article est vraiment très intéressant!! Je trouve super que tu puisses observer ainsi la créativité de tes enfants et surtout que cette créativité se développe librement. Tu me fais sérieusement réfléchir à la mise en place d’un libre accès au matériel créatif pour mes petits mecs. Même si j’ai du mal à me défaire de ma crainte de les voir repeindre la maison… En tout cas, tu me fais réfléchir à la question de l’autonomie et de la responsabilisation. Je dois bien avouer que je ne suis pas sûre que nous mettions tout en place pour que les garçons développent cela. Il va falloir qu’on y réfléchisse très sérieusement dans l’aménagement de la maison.
    Merci en tout cas pour cet appronfondissement sur la vie de Freiner et sa pédagogie. Ton article est hyper complet et passionnant!!

    1. Sincèrement je ne pensais pas que ça allait être d’une telle facilité. Mais pour te rassurer, sache que Malo n’a jamais touché à la peinture, et que Zélie ne la sort que très rarement. Certainement parce que ça prend du temps à installer puis à tout ranger. Elle recherche plutôt la rapidité pour pouvoir se mettre plus vite sur son dessin. Mais tu peux aussi y aller progressivement et juger si c’est pertinent ou pas de mettre la peinture à disposition. Tu auras peut-être de bonnes surprises

  2. Comme toujours, tu m’en apprends des choses ! Comme toujours, je suis contente de voir que j’applique encore une théorie sans m’en rendre compte ! Je vais peut-être créer la mienne tient ahah
    Tu sais que chez nous aussi les filles ont un espace libre pour créer, et je te rejoins sur tous les points que tu as cités ! Par contre, la peinture n’est pas à disposition, on se met sur la table pour ça, et il n’y a que ma Choupette qui a accès aux feutres.
    Je n’ai jamais pensé à proposer une règle à ma Choupette, il faut que je le fasse ! En plus elle adore me l’emprunter les rares fois où je la sors, moi, je ne m’en sers pas souvent et « au pire », j’ai ma règle de couture. Ah je vais faire une heureuse grâce à toi ! Elle a aussi eu sa phase je découpe et je colle, à m’en mettre des petits bouts de papier partout ahah. Et aussi la période « je fais des empreintes de main à tout va » ^^
    Ma petite est comme Malo, elle adore coller des gommettes et dessiner dessus ! D’ailleurs, dans les coloriages de Noël que je leur ai imprimé, elle a pris les bonhommes en pain d’épices, et leur dessine sur leurs yeux. Ma grande faisait ça aussi, ça doit être une « phase » normale 🙂

    1. Je suis ravie que ces articles te plaisent tant ! Je prends un grand plaisir (et plusieurs heures^^) à les rédiger. La règle, on n’y pense pas mais c’est un excellent outil pour les enfants. ça leur permet de travailler leur dextérité. Je suis certaine que ta Choupette adorera s’en servir.
      Ah oui c’est rigolo qu’elles fassent aussi des « dessins » sur les gommettes et sur les yeux. Je crois bien que c’est une manière d’acquérir la précision du geste. Ou alors nos enfants ont un penchant assez sadique pour dessiner sur les yeux ^^

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