éducation bienveillante

J’ai lu : L1, 2, 3, je me mets à l’éducation positive de Véronique MACIEJAK

C’est vrai que je partage très souvent nos livres jeunesse par ici, mais très peu les ouvrages que moi je lis. Pourtant je suis une grande lectrice : on ne peut pas vouloir que son enfant apprécie la lecture si soi-même on ne lit pas 🙂

Sur Instagram, je publie souvent mes lectures, parfois je fais un petit bilan de ce que j’ai apprécié, de ce que j’ai moins aimé, mais il n’y a pas assez de place pour la bavarde que je suis. Et si ça intéresse les personnes qui me suivent par là-bas, je me dis que c’est l’occasion de donner mon avis un peu plus en détails sur les ouvrages qui passent entre mes mains.

Je ne suis pas très difficile, je lis de tout  (sauf les thrillers très violents. Je n’aime pas les univers de Maxime Chattam ou Franck Thilliez par exemple … tout ce que mon mari raffole lui ^^). J’ai une préférence pour la littérature classique : Victor Hugo, Emile Zola … sont des auteurs que j’apprécie tout particulièrement pour le réalisme de leurs oeuvres, mais il n’empêche que j’aime aussi des ouvrages plus légers, un peu philosophiques sur les bords et surtout les romans historiques (récemment j’ai dévoré « La Part de L’Autre » d’Eric-Emmanuel Schmitt, mais surtout j’adore la saga des « Rois Maudits » de Maurice Druon).

Je vous rassure tout de suite, je ne vous infligerai pas mes commentaires autour de l’Assomoir, Germinal, Notre Dame de Paris …

Parce qu’en parallèle des romans qui me font voyager, imaginer et me déconnecter, j’ai toujours en cours, un ouvrage traitant de toutes ces disciplines qui me passionnent : l’éducation bienveillante, les pédagogies alternatives, la pédagogie tout court d’ailleurs, l’importance de la lecture …

En effet, je crois que vous avez maintenant compris que j’attache beaucoup d’importance à l’épanouissement de mes enfants (et de ceux des autres) et à leurs besoins, c’est pour cette raison que je me suis tournée vers la parentalité bienveillante à la naissance de Zélie, parce que je souhaitais passer au delà de l’éducation traditionnelle des enfants, le rapport vertical entre l’adulte qui « commande » et l’enfant qui « obéit ». Depuis maintenant 4 ans, je me documente à longueur d’année à travers des ouvrages vraiment très intéressants (d’autres qui parfois, le sont beaucoup moins) afin d’ajuster ma manière d’être avec Zélie et Malo, mais aussi avec mes amis, la famille … Parce que ce qui est « enseigné » dans ces bouquins à destination des parents/ des « professeurs » vers les enfants est aussi facilement transposable dans nos rapports avec les autres adultes.

Et aujourd’hui c’est d’un de ces livres dont je voudrais parler

Ah l’éducation positive. C’est un sujet qui passionne beaucoup depuis maintenant plusieurs années. Effet de mode ? ça marche vraiment ? ça ne fait pas culpabiliser les parents ? ça ne fait pas des enfants rois ?

Voilà des questions que tout parent est en droit de se poser lorsqu’il commence à s’intéresser à cette notion. Voilà les questions que moi, je me suis posée aussi. Après tout, on a toujours vu les modèles de famille traditionnelle où on parle de « chef de famille », où les enfants obéissent à leurs parents, où la punition est de rigueur quand l’enfant désobéit, où on parle de bêtises, de caprices …

Il serait peut-être bon de commencer par définir l’éducation positive. Et il semblerait que la question soit tellement importante que même le Conseil de l’Europe se soit penchée dessus. Voici donc sa définition de la parentalité positive :

un comportement parental fondé sur l’intérêt supérieur de l’enfant, qui vise à l’élever et à le responsabiliser, qui est non-violent et lui fournit reconnaissance et assistance en établissant un ensemble de repères favorisant son plein développement

L’éducation positive ce n’est pas JUSTE être optimiste et chasser tout ce qui est négatif autour de nous parce que nous serions très vite rattrapés par la réalité de notre quotidien. Ce n’est pas non plus un dogme écrit à suivre à la lettre parce que vous et moi sommes uniques, vos enfants et les miens le sont aussi et ce qui fonctionne chez l’un n’aura peut-être aucun effet chez les autres.

Voilà donc le but de cet ouvrage : offrir au lecteur des clés, des pistes de réflexion afin de vivre en famille de manière harmonieuse afin que les parents puissent offrir à leurs enfants une éducation qui les respecte en tant qu’individus avec des besoin propres.

Il y a d’ailleurs tout un chapitre dans ce livre qui traite des besoins de l’enfant, qui, comme l’adulte, possède ces besoins qui ont besoin d’être satisfaits d’une manière ou d’une autre.

Ces besoins sont de deux types :

– les besoins physiologiques, nécessaires pour que l’on puisse vivre (manger, dormir, respirer…)

– les besoins psychologiques qui aident l’enfant à se construire : l’autonomie, l’appartenance ou encore le sens.

Et c’est lorsqu’un de ces besoin n’est pas assouvi que l’enfant développe un comportement dit « inapproprié ». Ce n’est pas de sa faute, il n’en a pas pleinement conscience. Mais comme l’enfant ne sait pas exprimer le manque, c’est son corps qui prend le relais. Voici quelques exemples que j’ai pu apercevoir au sein de ma famille et les solutions que nous tentons de proposer pour assouvir les besoins de nos loulous

– Zélie et Malo, bébés, pleuraient lorsqu’ils avaient faim. Naturellement je les mettais au sein le plus vite possible

– Zélie à 4 ans, chouine énormément lorsqu’elle a besoin de manger, surtout vers 18h où elle ressent une petite fringale. Si au départ nous avions dit « on ne mange pas entre les repas, patiente encore une heure », on a vite changé notre fusil d’épaule parce que parfois, juste une tranche de pain, un petit bout de fromage ou un quartier de pommes permet à ma puce de se recharger en attendant le repas du soir. Bien entendu, il n’est pas question de lui donner des chips, des bonbons ou autres trucs nutritionnellement inutiles.

– Malo devient une pile électrique à partir de 18 heures à cause de la fatigue. J’essaie donc de lui proposer des activités calmes afin qu’il prenne le temps de se préparer à aller au lit vers 19h30 : on lit des livres, on fait un petit jeu de société, on se fait des câlins, c’est aussi l’heure du bain. En l’aidant à faire baisser la pression, on sait que le coucher sera plus serein que s’il était complètement surexcité ^^

– mes enfants ont tendance à me dire qu’ils ont besoin d’attention en se disputant, en ayant des comportements qui me feront réagir (des attitudes, des remarques, des gestes, genre jeter les jouets, crier, …). Dans ce cas, soit je leur demande de patienter un peu, s’il faut que je termine ce que je suis en train de faire (parce que nous aussi, parents avons des besoins à prendre en compte), ou bien je leur propose une activité tous les trois ensemble : coloriage, construction, lecture … ou même jouer au loup (ils adorent ça en ce moment)

– lorsque je récupère Zélie à la sortie de l’école tout est prétexte à chouiner, pleurer … parce qu’elle me retrouve et que je suis sa figure d’attachement (C’est le cas aussi pour Malo mais il me le montre d’une autre manière, en se collant à moi un bon moment après être rentrés de chez la nounou, en réclamant à corps et à cris les bras toute la soirée …) J’accueille avec bienveillance, parfois en serrant les dents, parce que ma journée a été éprouvante et nous discutons de nos journées en accentuant sur les points positifs et en essayant de trouver des solutions pour les choses plus négatives (les disputes avec les copines par exemple)

– Malo hurle lorsque j’ai fait, à sa place, quelque chose qu’il voulait faire seul (s’asseoir sur la chaise, enlever ses chaussures…) Depuis quelques mois on a tout réaménagé la maison de manière à ce qu’il puisse faire un maximum en toute autonomie (et sa soeur aussi) : toute la vaisselle est à sa hauteur pour qu’il puisse mettre la table et ranger le lave-vaisselle (je vous jure, il adore ça), on a aussi adapté le meuble dans l’entrée où il  a les chaussures et les manteaux…

– Zélie se braque lorsqu’elle ne comprend pas le sens de ce qu’on lui demande, voici un exemple très simple : à l’automne dernier Zélie et son papa se disputaient en haut parce que lui voulait qu’elle mette un pull pour aller à l’école et elle ne voulait pas. Ils sont redescendus tous les deux en colère, Papa avec le pull dans les mains. Je me suis mise à la hauteur de Zélie et je lui ai expliqué « tu sais, Papa a peur que tu aies froid et que tu tombes malade aujourd’hui à l’école. Il ne fait pas bien chaud ce matin. C’est pour ça qu’il insiste pour que tu mettes ton pull avant de partir ». Nul besoin d’aller plus loin pour cette fois, Zélie a compris le message et a mis son pull. On aurait aussi pu lui proposer de choisir le pull qu’elle voulait mettre, ou bien lui demander de mettre le nez dehors et de juger la température par elle-même…

Voilà quelques exemples parmi d’autres et ce qui m’a aidée à y voir plus clair c’est l’observation d’une part et l’expérimentation d’autre part.Nous avons vite compris que se focaliser sur le problème négatif , ça ne fait pas avancer les choses. Nous les parents allons nous mettre en colère, l’enfant incompris va persévérer dans son comportement inapproprié et après, bonjour pour retrouver une issue sereine au conflit ^^

L’enfant n’est PAS son comportement, mais le comportement inapproprié fait partie de lui parce qu’il démontre un besoin inassouvi. Et nous, en tant que parent, nous devons aider l’enfant à satisfaire ses besoins.

Le livre aborde également un autre sujet très intéressant : les émotions. Bien souvent, nous méconnaissons le fonctionnement des émotions, pourquoi elles se déclenchent, comment les interpréter. Nous les adultes avons tendance à les classer : les bonnes émotions d’un côté, comme la joie, la sérénité, et les mauvaises émotions de l’autre côté : la colère, la peur … Pourtant il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises émotions, juste une réponse apportée par l’organisme face à une situation donnée. Et comme pour les besoins, les émotions mises en oeuvre face à un événement est différente selon les enfants.

Je m’explique : vous êtes dans la rue et vous vous promenez avec vos deux enfants et vous croisez la route d’un chien. D’emblée l’un de vos enfants s’approche de l’animal pour le caresser : l’émotion ressentie à ce moment par cet enfant c’est la joie de voir un chien. A contrario, l’autre enfant se cache derrière vos jambes, refuse de regarder l’animal : c’est la peur qui le submerge.

Le plus important, pour nous parents, c’est d’accueillir les émotions de l’enfant, sans les rejeter ou les minimiser, mais aussi sans juger. Lorsque l’enfant sent que son émotion est accueillie avec bienveillance par l’adulte, il se sentira soutenu et compris. Ce sont là des ressentis très important pour qu’il puisse se développer et s’épanouir harmonieusement. En revanche, lorsque l’adulte a tendance à minimiser l’émotion de l’enfant (ça ne sert à rien de pleurer, les garçons n’ont jamais peur…) celui-ci peut se sentir coupable de ses émotions. Or c’est tout l’inverse de ce que nous voulons inculquer à nos enfants. 

Ce qui m’a beaucoup plu dans cet ouvrage, ce sont les pistes concrètes qu’il propose. En effet, le livre est construit d’une manière très intéressante puisqu’on y trouve d’une part de la théorie avec les pensées des pédagogues qui se sont penchés sur l’éducation positive et d’autre part de la pratique avec des réflexions personnelles, des petites activités ou encore des outils pour comprendre et mettre en oeuvre l’éducation positive à la maison. Ainsi la lecture est vraiment très dynamique d’autant plus que pour donner davantage « d’humanité » aux échanges, l’auteur a eu la bonne idée d’introduire une maman virtuelle qui se pose des questions sur l’éducation, des questions que tout le monde peut se poser. 

Nous ne sommes pas face à un gros pavé qui rebuterait une grande majorité d’entre nous. bien au contraire, chaque chapitre est composé de différentes parties qui suivent un code couleur :

– « Bon à savoir » : des apartés plus théoriques sur des recherches scientifiques, des lois, des focus sur des ouvrages particuliers…

– des points de vue de personnes diverses et variées qui viennent étayer le sujet traité dans le chapitre : des professionnels de l’éducation, des parents qui parlent de leur expérience de parents, des parents qui parlent de leur expérience d’enfants, des enfants …

– des encadrés roses : ce sont des clés, des pistes que l’auteur nous propose de suivre afin d’appliquer la notion. Ces encadrés sont vraiment les bienvenus parce qu’ils sont là pour orienter le lecteur et non pas pour juger quoi que ce soit.

– un jeu de dialogue entre l’auteur et la maman virtuelle pour aller un peu plus loin, pour discuter d’un cas pratico-pratique. 

– entre guillemets, des phrases clé, des citations, bref, des phrases percutantes qui sont là pour appuyer également le propos, comme un bref résumé de ce qui a été dit précédemment. 

– et ce qui fait l’originalité de cet ouvrage des outils pratiques, des quizz à remplir pour se comprendre soi-même, des exercices à réaliser… afin de vivre pleinement l’éducation positive. Je trouve que cette idée d’exercices à faire pour soi est vraiment très astucieuse parce qu’habituellement, on a tendance à lire un ouvrage de pédagogie comme si nous étions les élèves, et l’auteur le professeur : il faut faire comme-ci, ou bien comme-ça et au final, bien peu d’exemple concrets pour arriver à comprendre l’éducation bienveillante, ou bien à faire face lors d’événements que nous avons du mal à gérer comme les colères, le coucher des enfants, les devoirs … Grâce aux activités du livre, l’auteur nous invite à apprendre à nous connaître nous-mêmes, mais aussi à lâcher prise, à savoir pour quelles raisons nous réagissons de telle ou telle manière. Non seulement c’est très intéressant d’un point de vue éducatif, mais en plus c’est très enrichissant d’un point de vue personnel. 

Bilan 

Les points positifs 

– Nous sommes face à un ouvrage qui est parfait pour les personnes qui souhaitent se documenter sur l’éducation positive parce qu’il est très abordable avec un vocabulaire simple. C’est un livre très agréable à lire, je l’ai terminé en 3 heures.

– juste ce qu’il faut de théorique, beaucoup d’exemples concrets, des trucs et astuces pertinents et des activités personnelles qui font mouche. 

– Le lecteur ne se sent pas jugé ou dévalorisé comme cela peut arriver avec d’autres ouvrages. On ne sent pas de clivage entre le lecteur et l’auteur, pas de relation « dominante ». J’ai eu l’occasion de lire des livres où j’avais l’impression d’être une mauvaise élève en terme d’éducation et ceux-là, en règle générale je les referme bien vite et je les oublie. Ici c’est tout à fait le contraire. J’ai l’impression d’avoir discuté avec une copine qui donnait en toute sincérité et simplicité ses bons conseils. 

– l’idée de la maman fictive est vraiment top parce qu’elle permet de dire « tout haut » ce que le lecteur peut penser tout bas à la lecture de certains passages plus théoriques.

– ce livre ne fait pas l’apologie d’un seul pédagogue ou scientifique comme on peut le voir assez souvent, mais l’auteur a fait le choix de croiser les idées et les pensées de plusieurs personnes, c’est tellement plus enrichissant.

Le point négatif

– pour ma part, je n’ai rien appris de plus que je ne savais déjà en matière de pédagogie étant donné que j’ai eu l’occasion de lire des ouvrages bien plus scientifiques. Comme je le disais, c’est un livre qui, selon moi, est plutôt destiné aux personnes qui se lancent dans la formidable aventure de l’éducation positive. En revanche non seulement j’ai apprécié les petits exercices à faire sur soi-même, chose que j’ai trouvé vraiment très originale, mais également toute une bibliographie classée selon les thématiques afin de permettre d’aller plus loin dans nos lectures.

Conclusion : 

Parmi les ouvrages qui traitent de l’éducation en règle générale, celui-ci fait partie de mes favoris. Bien que je n’ai pas appris grand chose de par mes précédentes lectures, il n’en reste pas moins que c’est un ouvrage vraiment bien écrit et très complet, de ceux que je n’hésite à pas à consulter lorsque j’ai besoin d’une piqûre de rappel, lorsque j’ai besoin de réconfort ou de pistes pour améliorer mon quotidien de maman. Je le recommande à toutes les personnes qui souhaitent mettre en place l’éducation positive à la maison, mais également à ceux qui aimeraient faire un retour sur eux afin de mieux comprendre leurs réactions négatives face aux comportements inappropriés de leurs enfants et ainsi tenter de changer cela. 

1,2,3, je me mets à l'éducation positive - Véronique Maciejak
Editions Eyrolles
Prix : 14,90€

Livre offert par les éditions Eyrolles, merci beaucoup pour votre confiance.

2 Comments on “J’ai lu : L1, 2, 3, je me mets à l’éducation positive de Véronique MACIEJAK

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