apprendre en s'amusant

S’amuser avec les syllabes des mots.

Depuis quelques semaines maintenant, Zélie a fait un bon formidable vers la lecture. Elle commence à lire ses premiers mots et pour l’encourager dans cette voie (parce qu’elle en a terriblement envie, mais que malgré tout, elle trouve cela très complexe) je lui propose régulièrement des petits jeux afin qu’elle puisse acquérir des automatismes et des compétences nécessaires à l’apprentissage de la lecture. 

En témoigne par exemple cette petite activité toute simple qui peut être mise en place avec ce que vous possédez chez vous : l’écoute et la distinction des syllabes dans les mots. 

Pour ma part, j’ai choisi de commencer en lui proposant des animaux (sa passion de toujours) à associer avec des perles de la marque Grimm’s et des cloches à doigts.

Je préfère utiliser des objets « qui se touchent » plutôt que des cartes quand j’en ai l’opportunité, car je suis de l’avis de Maria Montessori : l’expérience sensorielle est indispensable dans l’acquisition de nouvelles compétences

Voilà donc comment j’ai procédé. 

J’ai commencé par choisir quelques animaux dont le nom était facile à décomposer en syllabes : c’est à dire qu’ils ne terminent pas par un « e » (parce qu’au début c’était compliqué pour Zélie de comprendre que « girafe » se décompose en « gi-ra-fe » et non pas en « gi-raf » et qui n’ont pas de sons complexes comme le « ien » de chien que Zélie avait tendance à décomposer en « chi-un » alors que c’est un mot qui ne comprend qu’une seule syllabe)

Je les ai posés sur la table et Zélie les a nommés parce qu’il est plus simple de voir qu’on parle bien de la même chose. Je vous conseille surtout de ne pas utiliser de déterminant lorsque vous nommez les objets. En effet, il vaut mieux dire « chat » ou bien « éléphant » lieu de dire « un chat » ou bien « un éléphant ». Non seulement ça évitera à votre enfant de croire que le déterminant fait partie du mot et soit inclus dans la décomposition (= « un-chat » au lieu de « chat ») mais aussi et surtout, ça évitera aussi les liaisons qui restent attachées au mot comme ça a été le cas pour Zélie avec l’âne. Pour elle il s’agissait d’un n’âne et donc elle le décomposait ainsi : « nâ-ne ». J’ai réussi à rectifier le coche mais ça n’a pas été une mince affaire. Maintenant je fais toujours très attention à ne nommer que le mot sans son article. 

J’ai donné une cloche à Zélie et j’en ai pris une pour moi. Zélie a choisi l’un des animaux sur la table, l’a nommé, puis je lui ai demandé d’écouter et je lui ai expliqué ce que j’allais faire : à chaque syllabe dans le mot, j’appuyais sur la cloche : pour « cheval » j’ai donc fait tinter la cloche deux fois. 

Elle a voulu essayer bien entendu et a compris le principe très rapidement. 

(oui ok ce n’est pas un nom d’animal, mais elle voulait quand même compter les syllabes^^)

On est donc passée à la vitesse supérieure. On a rangé les cloches et je lui ai donné un bol avec les perles plates en bois. Là aussi je lui ai expliqué la consigne : on met autant de perles en bois qu’il y a de syllabes dans le mot. Elle a commencé avec les animaux déjà présents sur la table et qu’elle avait décomposés (les noms hein, pas les figurines^^) précédemment avec la cloche. Et elle a juste adoré ce jeu ! Tellement adoré qu’elle a voulu continuer jusqu’à épuisement des perles. 

J’en ai donc profité pour introduire les mots un peu plus complexes : avec un « e » semi-muet (je ne sais pas comment on l’appelle en linguistique) à la fin ou avec une syllabe composée de plusieurs voyelles. Mais si elle avait compris qu’avec le « e » à la fin il fallait rajouter une syllabe (=gi-ra-fe), elle s’est mise en tête que tous les mots avaient un « e » à la fin et ça nous donnait des trucs rigolos comme « tau-reau-e » ou bien « pou-ssin-e » ^^ J’ai donc insisté sur le fait que tous les mots ne terminaient pas par « e » et pour être sûre de ne pas se tromper, elle me demandait à chaque fois s’il y avait un « e » à la fin de tel ou tel mot.


Elle a donc recouvert la table avec ses animaux et ses perles plates. Et elle s’est éclatée !!! Quand le bol s’est vidé, on a tout rangé et je lui ai proposé une dernière activité, qui a eu moins de succès, mais étant donné qu’on y avait déjà passé une grosse demi-heure, c’était compréhensible. 

J’ai posé sur la table (note à moi-même : arrêter de faire des activités sur la table triangulaire, c’est pas pratique du tout) 4 chiffres Sumblox : 1,2,3 et 4, puis j’ai demandé à Zélie de classer les animaux selon le nombre de syllabes que contiennent leurs noms.

(et pour ceux qui se demandent pourquoi le petit poney à la robe claire est rangée avec les 4, c’est parce que c’est un « falabella », le plus petit poney du monde et accessoirement le préféré de Zélie et donc le seul dont elle connaisse la race ^^)

Elle en a fait quelques uns puis a stoppé l’activité. 

Depuis, chaque jour, nous jouons à décomposer les mots. Souvent quand nous sommes en voiture d’ailleurs ! « Maman, il y a combien de syllabes dans « camion poubelles »?  » et chacune notre tour, on propose un mot à l’autre pour le décomposer. C’est un petit jeu tout simple, qui ne demande aucun matériel et qui fait passer le temps (par contre, si comme la mienne, votre enfant est passionné par ce jeu, n’espérez pas engager une conversation sérieuse et passionnante avec l’autre adulte dans la voiture, vous n’y arriverez jamais ahah) 

Outre l’apprentissage des syllabes dans les mots, j’ai pu remarquer que ce genre d’activité a un effet bénéfique sur la compréhension des mots de manière générale. Ainsi, à force de décomposer les mots, elle enregistre les syllabes, les associe entre elles et les retrouve dans d’autres mots : « eh maman, camion et caca, ça commence pareil !!!! » (la classe ma fille !)

La prochaine fois, je vous parle de nos petits jeux pour lire les premiers mots très simples 🙂 

âge de Zélie au moment de l’activité : 4 ans et 1 mois

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