éducation bienveillante

Le co-schooling et nous.

Si vous me suivez sur Instagram, vous avez certainement vu le hashtag #coschooling sous certaines de mes photos. Aujourd’hui afin de répondre à plusieurs question quant à notre organisation co-schooling je vais essayer de vous exposer notre façon de faire. Et si vous voulez en lire une autre, n’hésitez pas à aller lire le très bon article que Maaademoiselle A a écrit il y a plusieurs mois sur la question.

Savez-vous ce qu’il signifie ?

Le co-schooling signifie « avec l’école« . Ca veut donc dire que lorsqu’une famille pratique le Co-schooling, elle propose aux enfants des activités en parallèle de ce qui est vu à l’école.

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Mais pourquoi faire du co-schooling ? Cela ne risque-t-il pas de surcharger des enfants déjà bien fatigués par le rythme imposé au quotidien ? 

Il y a plusieurs raisons à pratiquer le co-schooling :

– on peut voir le co-schooling comme du « rattrapage scolaire« , c’est-à-dire aider l’enfant à surmonter ses difficultés dans une matière ou concernant une notion en particulier.

– le co-schooling peut aussi intervenir pour étoffer quelque chose vu à l’école : par exemple faire des recherches ou des activités sur un animal étudié dans un album …

– enfin le co-schooling peut aussi être l’occasion d’accompagner l’enfant dans ses apprentissages, si ceux-ci dépassent le cadre de référence de l’école : c’est à dire le programme scolaire.

Chez nous, le co-schooling, c’est donc : étoffer ce qui est vu à l’école, mais aussi suivre les enfants dans leurs apprentissages un peu plus rapides que le rythme donné par le programme scolaire.

En règle générale, le co-schooling c’est l’occasion d’apprendre des choses, mais par le biais du jeu, de la manipulation, des expériences… il s’agit donc de découvrir de nouvelles notions ou de comprendre quelque chose en utilisant du matériel différent de l’école.

Lettre, Apprendre, Lecture, Éducation

Je m’explique. Lorsque les enfants sont à l’école, dans une classe comportant environ 25 élèves, il est bien évident que l’enseignant a toutes les peines du monde à individualiser son enseignement, pour la simple raison qu’il manque cruellement de temps (et de moyens). N’oublions pas que les parents sont les premiers pédagogues de leurs enfants et dans ce sens, ils sont tout à fait légitimes pour étoffer leurs apprentissages. Et ils ont cette chance, les parents, de ne pas avoir 25 enfants du même âge devant eux. Ainsi, ils peuvent consacrer leur temps uniquement aux questionnements de leur enfant (et des autres aussi, mais que les familles de 25 enfants lèvent la main ??? ^^) en utilisant toutes les ressources qu’ils ont à leur disposition à condition de les identifier comme telles.

On peut par exemple parler des fractions ou de proportionnalité en faisant un gâteau, on peut travailler la lecture au moyen des pédagogies alternatives, on peut répondre aux questionnements des enfants sur les abeilles en allant faire un tour chez un apiculteur … Tout est prétexte à l’apprentissage pour l’enfant.

Enfant, Les Enfants, Cuire

Par ailleurs, alors qu’à l’école le temps scolaire est scrupuleusement surveillé afin d’y faire rentrer tout ce qui est prévu dans la journée, l’avantage à la maison c’est que l’enfant a le temps et ça, croyez-moi c’est un réel avantage. Imaginons un enfant, passionné par la peinture soit obligé de s’arrêter dans sa création parce que c’est l’heure d’aller à la récréation ? Imaginez un autre enfant, qui met un peu plus de temps à écrire soit lui-aussi obligé de se presser, voire même d’arrêter sa production, parce que maintenant c’est l’heure des mathématiques ? Le fait d’avoir la possibilité de respecter le rythme de son enfant, qu’il soit plutôt lent par souci de bien faire ou bien parce que l’enfant a des stratégies de réflexion qui prennent un peu plus de temps, ou bien rapide parce que le petit percute plus vite, parce qu’une réflexion en entraîne une autre, parce que sa curiosité prend le dessus, est un vrai plus afin qu’il puisse toujours se sentir à l’aise et épanoui dans ses apprentissages. 

Nous n’avons jamais vraiment décidé de nous lancer dans une aventure de co-schooling avec nos enfants, j’ai juste répété ce que j’ai pu vivre quand j’étais petite et dont j’ai toujours cru que c’était la norme, d’avoir une maman et un papa qui nous proposent des activités, des sorties dans un but ludique bien sûr, mais où la pédagogie et l’enseignement n’était jamais très loin.

Et puis il y a eu Zélie qui du haut de ses 2 ans et demi nous a demandé à apprendre à lire. Il était bien entendu hors de question que la maîtresse s’en charge, pensez-vous, elle était en toute petite section.

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Aujourd’hui, le co-schooling est durablement installé dans notre quotidien et nous nous y retrouvons tous, mais je vous rassure : nos enfants ont tout à fait le temps de jouer, à des jeux libres, d’imitation ou de construction sans que derrière, il n’y ait la moindre réflexion de leur apprendre quoi que ce soit !

Maintenant que je vous ai défini le co-schooling, quand faisons-nous nos activités ? 

Tout d’abord, sachez qu’il n’y a pas de planning prévu parce que contrairement à l’école, nous n’avons pas de cahier des charges, de programme à terminer à tel ou tel moment.

De plus, les enfants, comme nous les parents, sont fatigués de la journée qui vient de se passer, obligés de se contenir, de respecter le programme établi par la maîtresse …

Enfin, parfois, les enfants et/ou moi-même, n’avons tout simplement pas envie. Et c’est important de s’écouter dans ce cas. Car si l’enfant n’a pas envie de faire l’activité que vous lui avez proposé, il risque de se braquer ou bien de ne pas retenir ce que vous essayez de lui expliquer …  et si c’est vous, qui vous forcez à mettre en place quelque chose qui ne vous parle pas, ou à un moment qui vous est personnellement inopportuns, alors vous n’arriverez pas à transmettre à votre enfant l’enthousiasme nécessaire. nous ne sommes pas à l’école, le co-schooling c’est de l’amusement avant tout 🙂

Et pour les fois où nous sommes tous motivés pour « travailler » ? 

Déjà, j’observe énormément mes enfants, dans leurs activités, au quotidien, dans leurs jeux, à des moments plus classiques comme le repas, le bain … Je passe mon temps à les regarder pour les comprendre, savoir ce qui les intéresse en ce moment, ce qui ne fonctionnera pas, ce dont ils sont capables, leurs réflexion, leurs raisonnements, leurs envies … Et observer, ça prend beaucoup de temps et ça demande d’être uniquement concentrés là dessus. Grâce à ces observations, je peux donc savoir quoi leur proposer, et surtout quand !

Malo par exemple est beaucoup plus enclin aux activités le matin. Zélie est plutôt du soir ^^ C’est tant mieux d’ailleurs parce que quand le matin je suis occupée avec Malo, Zélie joue dans son coin, parce qu’elle a besoin d’être tranquille à ce moment-là. Et le soir, comme Malo a besoin d’être le centre de l’attention en revenant de l’école, il profite de son papa pour lui tout seul (dès qu’il est rentré) pendant que moi je m’occupe de ma puce.

Mon organisation. 

les tables thématiques. J’ai choisi cette manière de faire qui nous correspond plutôt bien : pendant plusieurs semaines (il n’y a pas de temps précis, on fait ce qu’on a à faire en prenant notre temps) nos activités tournent autour d’un sujet (mais pas que hein ^^) et c’est l’occasion d’aborder tous les aspects, qu’ils soient du domaine du langage, du domaine scientifique, mathématique, historique et même artistique !

Souvent, sans les enfants, je mets en place un petit monde sur la table dédiée à cela, en utilisant un maximum d’objets de récup’ et naturels. J’ai à coeur que ce petit monde soit joli visuellement et qu’il donne envie aux enfants d’aller manipuler tous les éléments. Je dispose des choses qu’ils connaissent, d’autres non, mais qui amènent au questionnement. Parfois j’oublie volontairement des choses et les enfants complètent la table à leur manière.

Sous la table il y a une sélection de livres jeunesse, parce que vous savez que la lecture est un aspect essentiel dans notre quotidien (vous pouvez aller relire mon article sur notre rapport à la lecture ici). Je fais en sorte de sélectionner des albums à toucher (parce que Malo adore ça), des documentaires, des histoires de toutes sortes… Le but est vraiment de varier les supports. Tous les livres sont rangés dans une caisse et lorsque les enfants veulent que je leur lise quelque chose, je les oriente vers cette caisse, sans contrainte aucune bien entendu !

Enfin, je dispose sur le meuble TV quelques plateaux de manipulation directement inspirés de la pédagogie Montessori afin de développer la motricité fine de mes deux enfants. Les plateaux se ressemblent beaucoup d’une thématique à l’autre, seuls changent les petits éléments que j’utilise, afin qu’ils correspondent au mieux à la thématique.

Ca ce sont les trois choses qui évoluent au cours du temps.

Et puis dans la bibliothèque du salon, il y a une étagère spécialement dédiée aux productions écrites de mes enfants dans le cadre du co-schooling afin de garder une trace de ce que nous faisons : de l’art visuel, des livrets d’activités que je leur fabrique, les cahiers d’activités en cours (que ce soit des cahiers d’activités types scolaires ou bien des cahiers de gommettes par exemple). Un tas pour Zélie et un autre tas pour Malo. Parmi toutes ces ressources il y a aussi et surtout un porte-documents destiné à accueillir ce que les enfants réalisent. C’est une sorte de cahier dans lequel on glisse les livrets d’activités ou certaines réalisations artistiques. A chaque fois je note la date et ce lutin est vraiment très pratique pour évaluer (officieusement bien sûr, je suis toujours dans ma logique d’observation) l’évolution de chacun de mes enfants. Je me suis rendue compte que j’avais besoin de cette trace écrite afin d’orienter plus facilement mes propositions d’activités et de ne pas faire un flop soit parce que la notion en question est acquise et donc les enfants ne voient pas l’intérêt d’en rajouter une couche, soit parce que certaines choses ne sont pas encore pour tout de suite, parce qu’il y a d’autres étapes entre deux.

Souvent, pour ne pas me retrouver prise de court le soir quand on rentre de l’école, je fais en sorte de préparer mes activités la veille afin que tout soit prêt. Parfois il suffit de 10 minutes entre le moment où l’enfant manifeste son intérêt à quelque chose et le moment où nous sommes prêts à lui proposer pour que l’enthousiasme retombe. Le fait de ne pas devoir chercher à droite et à gauche tout le matériel dont nous avons besoin est quand même très pratique.

Quelle est la méthode que je suis ?

Eh bien je n’en suis aucune.

Ou plutôt je pioche à droite et à gauche ce qui m’intéresse et ce qui correspond à mes enfants. Je trouve mon bonheur dans les pédagogies alternatives. Celle qui prend le plus de place chez nous est sans conteste la pédagogie Montessori. C’est celle qui fonctionne le mieux auprès de mes enfants et c’est aussi celle que je préfère, ça tombe bien ^^

Mais je m’inspire également d’autres pédagogies telles que Steiner, Freinet, Mason, Reggio, Froëbel pour la pratique et Dewey, Meirieu, Gardner ou encore Piaget. (tous les mots en orange sont cliquables et vous renvoient vers des articles que j’ai écrits précédemment)

En fait, tout est prétexte à l’apprentissage, tout le matériel, les jeux que nous possédons permettent de faire du français, des sciences, des mathématiques … et le fait que tout soit à disposition est super pratique pour dégainer ce dont j’ai besoin pour expliquer sur le pouce une notion qui questionne Zélie ou bien pour aller plus loin dans nos démarches d’apprentissage, je pense par exemple au Spielgaben, aux Sumblox, aux jeux en bois (Grimms, Flockmen ou Grapat), mais aussi aux jeux de société ou même aux livres, si bien que les enfants n’ont même pas conscience de travailler, d’apprendre et de retenir des notions qui leur seront essentielles tout au long de leur vie.

Et pour conclure ? 

Il n’est bien sûr absolument pas question de faire de mes enfants des petits génies, mais bel et bien de les accompagner dans leurs demandes. Zélie est une petite fille qui va vite dans ses apprentissages dès lors qu’elle est motivée et passionnée. Le fait de pratiquer le co-schooling lui permet vraiment de ne pas se sentir bridée, frustrée par le système éducatif de l’école et de se rendre compte qu’il y a d’autres alternatives. Les activités le soir, c’est un peu comme un dû pour elle et si je lui annonce qu’il n’y en a pas, parce qu’on a des courses à faire, parce que je suis fatiguée ou pour toute autre raison, elle le vit un peu comme une punition. a contrario il arrive aussi parfois où c’est elle qui me dit non. Non parce que la fatigue est là, parce qu’elle s’est certainement établi son petit programme et que le change des poupées est bien plus important que mes plateaux …

Le co-schooling avec Malo est en tous points différent qu’avec sa soeur pour la simple raison qu’ils n’ont pas la même façon de faire. Zélie est davantage « littéraire » et elle aime écrire, avoir ses cahiers. Malo est un explorateur, un scientifique et la manipulation et l’expérience fonctionnent bien mieux chez lui. Ainsi il est toujours ravi lorsque je lui propose une activité qui mêle ces deux pratiques ou bien lorsqu’on fait une sortie.

Le co-schooling c’est notre petit moment à nous, pour se retrouver, pour partager, pour rire et pour apprendre, je crois bien que maintenant on ne pourrait plus s’en passer 🙂

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