littérature jeunesse

Kim Ono {Chut, les enfants lisent #122}

Nous n’avons pas beaucoup d’albums dont l’histoire se passe dans un pays étranger (autre que les mondes imaginaires), et c’est bien dommage parce que les enfants adorent. 

Il y a quelques semaines, nous avons découvert Kim Ono, une nouveauté des Editions du Ricochet qui ne nous a pas laissé de marbre, ah ça non !!!

Mais où a bien pu s’enfuir Takamori Saigo, le jouet préféré de Kim Ono ? D’après Grand-Père, le petit samouraï serait déjà loin d’ici … au sommet du Mont Fuji ! Pour Kim et son balluchon, l’aventure peut commencer ! et ce ne sont pas 39 sumos et un dragon géant qui les feront reculer ! 

Au fil de l’histoire, nous suivons donc les aventures d’un petit japonais prêt à tout pour retrouver son jouet. Dès le départ, le lecteur sait où se trouve le samouraï, parce que l’élément déclencheur de toute l’histoire, le tremblement de terre, a fait tomber le jouet dans l’aquarium. C’est ce même tremblement de terre qui va être la cause de l’absence de la maîtresse de Kim qui ne s’est pas réveillée parce que le tremblement de terre a assommé le coq qui n’a pas chanté… Voilà donc comment commence l’album. La directrice de l’école renvoie les élèves et les incite à profiter du printemps, mais Kim, lui ce qu’il veut, c’est jouer avec son samouraï. Quand il ne le trouve pas à sa place habituelle sur l’étagère, Kim se met en colère. Et son grand-père, qui est si sage, répond à Kim que son jouet fait le poirier au sommet du Mont Fuji. 

Le petit garçon prépare donc son sac dans lequel il met 4 objets et se met en quête de retrouver son samouraï. Avant d’atteindre le sommet du Mont Fuji, Kim va vivre plein d’aventures et rendre service à ceux qu’il croise : le scarabée, un samouraï, 39 sumos, une impératrice, une geisha et un dragon.

Lorsqu’il atteint le sommet de la montagne avec l’aide du dragon, Kim est déçu de ne pas avoir trouvé son jouet. Le dragon ramène alors le petit garçon jusque chez lui et celui-ci se couche en se disant que finalement le printemps est une chouette saison et se fait la promesse de retrouver son samouraï. 

Et sur la dernière page, en premier plan, on voit le jouet dans l’aquarium, qui fait le poirier sur la miniature du Mont Fuji. 

Cet album est d’une richesse incroyable et d’une grande pertinence. L’histoire se passe au Japon et tout au long de la progression le lecteur est amené à suivre le quotidien des japonais à l’époque des samouraïs, c’est à dire dans un Japon aux coutumes traditionnelles. Et même si la dimension magique est belle et bien présente avec la présence du dragon, il n’en demeure pas moins que tout est fait pour que le lecteur s’imprègne de la culture traditionnelle japonaise : les personnages rencontrés au fil de l’histoire, les objets que le petit garçon emmène avec lui et les mots écrits en japonais.

Selon moi, le livre est construit autour de deux morales : la première est qu’on vit davantage de belles aventures lorsqu’on est dehors et qu’on rencontre des gens plutôt que lorsqu’on reste enfermés à la maison. En effet, si Kim était resté chez lui à jouer avec son samouraï, il aurait eu une journée bien moins extraordinaire. Heureusement que son grand-père l’envoie vers le Mont Fuji.

La seconde est qu’en étant solidaire et altruiste, il nous arrive toujours quelque chose de bon. Ici c’est grâce aux services que rend le petit garçon aux autres protagonistes qu’il va avancer dans sa quête : il va permettre au scarabée d’admirer le printemps en lui accrochant des mikados aux pattes comme des échasses, il donne le parfum au samouraï qui se plaint de ne pas avoir pu prendre de bain depuis trois ans, il offre ses gâteaux à la patate douce à l’impératrice et celle-ci l’emmène en ville, après avoir bousculé la geisha et fait tomber son sac, il se fait pardonner en lui donnant son balluchon. Enfin, il pose les lunettes de soleil sur les yeux du dragon irrités à force de cracher du feu.

Quant aux illustrations, elles sont vraiment d’une grande beauté. Là encore, l’atmosphère japonaise est omniprésente parce que l’illustratrice a choisi d’utiliser la technique de l’estampe si caractéristique de l’art japonais, et c’est formidablement bien réussi. Le rouge et le bleu prédominent et tout est prétexte à admirer les illustrations tant les détails foisonnent, depuis les cerisiers en fleurs jusqu’aux vêtements magnifiques de l’impératrice et de la geisha. 

Marianne Barcilon, l’illustratrice, fait également un joli clin d’oeil à une estampe célèbre qui s’appelle « la grande vague de Kanagawa » en la représentant sur une double page lorsque notre petit héros prend la mer pour rejoindre plus rapidement le Mont Fuji.

Je suis toujours impressionnée de me rendre compte à quel point la littérature de jeunesse regorge de pépites, d’ouvrages de qualité qui non seulement sont un régal pour la lecture et pour les yeux, mais en plus au delà de l’histoire, permettent d’épancher la soif de connaissance des enfants. 

« Kim Ono », ce n’est pas seulement une jolie histoire bien écrite, c’est également un livre parfait pour aborder le Japon et s’ouvrir à d’autres cultures. 

Si vous aimez les contes initiatiques, si vous souhaitez en savoir plus sur le Japon ou tout simplement si vous recherchez de belles histoires, je vous invite à lire ce livre et à me dire ce que vous en avez pensé. M’est avis que comme moi, vous ne resterez pas insensibles à cet album. 

Ceci est ma cent-vingt-deuxième participation au rendez-vous Chut les enfants lisent.

Merci aux éditions du Ricochet pour leur confiance ♥

3 Comments on “Kim Ono {Chut, les enfants lisent #122}

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