éducation bienveillante

Le panier de la bienveillance

La vie à quatre, avec deux enfants de 3 et 5 ans n’est pas toujours de tout repos. Il y a beaucoup d’animation dans la maison, des moments de chahut, de cris, de rires, et puis aussi parfois de colère, de pleurs …

Et ces instants-là, bizarrement ont surtout lieu quand nous, les parents, revenons du travail, sommes fatigués, moins disponibles… Les enfants le sentent, notre patience est alors mise à rude épreuve.

Il arrive parfois que l’issue n’est pas telle qu’on se l’imaginait. On finit par s’emporter, parfois crier et aucun des membres de la famille n’est pleinement satisfait du résultat.

Cela fait un moment que je réfléchissais à un système à mettre en place dans notre famille afin de permettre des soirées plus sereines, sans énervement, pour tous les membres. Au fur et à mesure de ma réflexion, j’ai eu l’occasion de tester des outils, de lire des ouvrages, d’apercevoir des supports tous aussi divers qu’intéressants.

L’idée m’est donc venue de chercher un moyen de les proposer à mes enfants autour d’un petit rituel, un moment de reconnexion, ou bien de partage en toute bienveillance.

Voilà donc la genèse de notre panier de la bienveillance.

L’intérêt était surtout de ne pas se focaliser sur une seule émotion, comme la colère, comme on peut le voir souvent. Il serait tellement réducteur d’identifier uniquement cette émotion comme étant l’élément perturbateur de nos soirées (essentiellement). Car, en ce qui nous concerne, ce n’est pas le cas. il arrive, bien entendu que la colère nous traverse, mais bien souvent, il s’agit, pour les enfants d’un état d’excitation certainement liée à la fatigue, et d’un besoin pour eux, d’avoir du temps de qualité, seuls (ou pas) et en pleine conscience avec l’un ou l’autre de leurs parents.

J’ai donc rassemblé un certain nombre d’outils qui permettent de partager, en toute bienveillance, des moments privilégiés. Tous ces supports ont d’abord été testés un par un avec Zélie et Malo afin qu’ils s’en imprègnent et en comprennent non seulement le fonctionnement, mais également l’objectif d’un tel matériel. Leurs préférences se dirigent vers tel ou tel support, surtout en fonction de leur état.

Avant de vous décrire le contenu de ce panier, je vous propose de vous expliquer comment on s’en sert. Le panier n’est pas à la portée direct de Zélie et Malo. J’entends par là, que le panier n’est pas au milieu du salon, pour la simple raison que je souhaitais ritualiser ce moment. Le contenu du panier ne doit servir que pour être partagé avec Papa ou Maman et ne doit pas être détourné. Pour le moment c’est la règle, peut-être sera-t-elle amenée à évoluer plus tard 🙂 Le panier est donc dans la chambre parentale, posée à même le sol. A contrario, je souhaitais néanmoins que mes enfants puissent y avoir accès de manière autonome. Mais notre chambre est un lieu où (normalement^^) ils n’ont pas de raison d’y accéder. Ils doivent aller à l’étage et notre fonctionnement familial fait que nous n’allons à l’étage que pour dormir ou se laver (ou ranger des trucs ^^). Ainsi, pour aller voir le contenu du panier, ils doivent avoir une bonne raison de le faire, même si cette raison est tout à fait personnelle, en aucun cas nous ne jugeons ce choix bien entendu.

Et donc quand l’utilisons nous ?

Il n’y a pas de règle précise. Prenons un exemple simple : le vendredi soir est très compliqué pour Malo, fatigué de sa semaine. Il est chouineur, de mauvaise humeur, rien ne va, il taquine sa soeur, jette les jouets… on sent qu’il nous cherche. Je lui propose donc d’aller choisir un support dans le panier. et puis quand Papa est rentré (pour ne pas laisser Zélie seule) nous nous isolons afin de partager ce moment là, juste à deux, loin de la « zone de conflit » (souvent le salon/séjour). L’enfant peut aller chercher un support de lui-même et nous demander de passer du temps avec nous. Quand c’est possible tout de suite on le fait, sinon on lui explique qu’il lui faut patienter un peu parce que nous ne sommes pas disponibles immédiatement (préparation du repas, le deuxième parent n’est pas là pour l’autre enfant …). Enfin, nous pouvons nous les parents proposer un outil en particulier, à un enfant en particulier, un moment en particulier. Souvent c’est au moment du coucher quand, malgré la fatigue, l’énervement prend le dessus. Plutôt que de râler, autant mettre ce temps à profit et en rechargeant les réservoirs affectifs de tout le monde, le coucher est plus serein 🙂

Que contient ce panier ?

Bien sûr, le contenu est amené à changer selon les intérêts et les besoins de nos enfants. Néanmoins, voici de quoi il est composé à ce jour :

Des livres tout d’abord. De ceux que j’appelle les livres pansement, ceux qui soignent les coeurs. Parmi tous ceux que nous possédons, j’en ai choisi 3. Encore une fois, il y aura certainement une rotation quand je sentirai que les enfants (ou nous) se lasseront d’entendre toujours les mêmes histoires
– Je t’aime jour et nuit : un livre aux illustrations aussi douces et sucrées que le texte. De ceux qui touchent en plein coeur et qui étranglent la voix au moment de la lecture. Ce livre se lit comme une déclaration d’amour du parent à son enfant.


– Mon amour. Celui-ci est ultra connu et tant mieux parce qu’en terme de livre-pansement, on n’a jamais fait mieux à mon sens. Ici la maman explique à son enfant pourquoi elle l’aime, tous les « défauts » sont vus comme une qualité. L’amour, le vrai, l’amour infini et inconditionnel du parent pour son enfant. Voilà le but de cette histoire qui me met la larme à l’oeil quasiment à chaque fois ^^


– je t’aimerai toujours quoi qu’il arrive. Voici un classique où la maman du petit héros tente de lui expliquer que malgré les colères et les bêtises, elles l’aimera toujours très fort.

J’ai aussi ajouté un autre album : « Mes émotions », le livre écrit par Aurélie Chien-Chow-Chine dans lequel on retrouve toujours le même héros, Gaston, une licorne dont la crinière change de couleur selon l’émotion qui le submerge. L’album est très bien construit. Pour chaque émotion identifiée, un vocabulaire précis est utilisé pour la décrire. Ensuite, Aurélie, qui est sophrologue, propose un petit exercice de respiration pour laisser l’émotion s’en aller.

J’ai voulu l’intégrer dans le panier parce que le panel des émotions visitées par Gaston est assez large et il est possible de s’intéresser à l’une d’entre elle à n’importe quel moment.

Dans l’album il y a également une roue des émotions. C’est intéressant parce que ça permet de savoir comment l’enfant perçoit l’état dans lequel il est. Cela permet de poser des mots sur ce qu’il ressent.

Il y a aussi 3 jeux.
– Le premier, Loup dors-tu ? est un jeu qui prépare l’enfant à l’endormissement. Il a été créé par la société HappyFabrik et est vraiment très intéressant. Pour le coup, seule Zélie y joue, c’est encore un peu complexe pour Malo. Mais nous avons déjà regardé ensemble quelques cartes et il apprécie réaliser les actions proposées.
C’est un jeu vraiment intéressant, si vous voulez en savoir plus, je vous invite à aller lire mon article ici.

– Il y a aussi « Mes P’tits Bonheurs », un pochon avec des cartes en tissu et des illustrations toutes douces réalisés par Little Menina. Je le range dans la catégorie des jeux pour son côté ludique, mais ce n’est pas vraiment un jeu puisqu’il n’y a pas cette notion de « compétition », même coopérative. Sur les petites cartes, il y a des questions ou des actions à réaliser. Ici, nous posons toutes les cartes avec l’illustration visible. On choisit chacun 3 cartes selon le dessin qui nous plait et nous parle à ce moment là, puis on réalise l’action, ou on répond à la question posée. Le but est de revenir sur des moments plaisants pour s’en souvenir ou des moments déplaisants pour en rediscuter et les désacraliser. C’est un petit jeu pour lequel Malo a un énorme coup de coeur. D’ailleurs c’est rigolo parce qu’il a repéré une carte, celle des câlins et la choisit systématiquement. Il se la garde pour la fin et du coup on termine toujours notre partie par un énorme câlin ♥ 

– enfin, un petit jeu de cartes qui s’intitule « je m’♥ » réalisé par Sophie Guérin-Byzery, sophrologue de son état, mais pas que, et Clerpé, illustratrice. L’idée de ce jeu de cartes est vraiment chouette. Chacun pose trois cartes devant lui. Celle de gauche c’est hier, celle du milieu c’est aujourd’hui, celle de droite c’est demain. Chacun son tour, on retourne la carte « hier » et on se pose la question notée dessus « est-ce que je me suis promenée hier ? » si oui, on retourne la carte, si non, on la donne au voisin et on en pioche une autre. Le joueur suivant a donc devant lui soit une, soit 2 cartes « hier ». Lorsque tous les joueurs ont retourné leurs cartes « hier », on passe à « aujourd’hui » et ainsi de suite… Pour « demain », la carte que nous avons est une mission. Si on l’accepte, on retourne sa carte, si on la refuse, on donne la carte au voisin et on en reprend une autre. Il n’y a pas de mauvaise réponse, juste un temps d’échange extrêmement positif et en pleine conscience avec vos enfants, je vous le recommande vraiment ! 

– J’ai aussi posé dans ce panier, deux doudous parce qu’ils sont toujours très utiles à Zélie et Malo quand ils ont besoin de se calmer. Le petit panda appartient à Malo, c’est sa marraine qui lui a offert. L’ours est à Zélie, elle l’a eu à sa naissance. 

– enfin une bouteille de retour au calme. Pour la fabriquer voici comment j’ai procédé : j’ai tout d’abord fabriqué de la colle pailletée à l’aide de cette technique, j’ai ensuite mis un peu d’encre turquoise, des paillettes et de l’eau chaude dans une bouteille en verre puis j’ai ajouté cette colle pailletée, j’ai fermé et mélangé très fort et voilà le résultat. J’ai choisi le bleu parce que je trouve que c’est une couleur très apaisante. 

Voilà donc le contenu de notre panier de bienveillance. 

Vous aimez ? N’hésitez pas à me dire en commentaire ce que vous en pensez.

Si vous vous inspirez de notre panier de bienveillance, vous pouvez me taguer sous vos réalisations, sur Instagram ou sur Facebook 🙂

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *