La préservation de l’environnement est LE cheval de bataille de mes enfants. Ils sont pleinement engagés dans la réduction des déchets, le respect des animaux, l’écologie de manière générale.

Récemment nous avons abordé au fil de nos lecture le fameux continent de plastique qui s’est créé. Ce terme les a questionnés et nous avons fait quelques recherches pour apprendre qu’il mesure 1,6 millions de km². situé entre Hawaï et la Californie, le sixième continent comme on l’appelle aussi n’est pas visible depuis les satellites puisqu’il est juste sous la surface de la mer et est essentiellement composé de déchets transparents et translucides. C’est pour cette raison qu’il n’a été découvert qu’en 1997. Il est situé dans cette zone car c’est une partie de l’océan relativement calme et moins traversée par les bateaux, ainsi, les courants qui draguent les déchets à travers le monde les abandonnent à cet endroit de l’océan Pacifique.

Objectif : nettoyer 88 000 tonnes de plastique dans le Pacifique

J’ai bien vu que ce sujet passionnait mes enfants, mais ils ne comprenaient pas d’où venaient les déchets. En effet, ils ont bien compris que dans les parcs ou la rue, les déchets que l’on trouve par terre sont dus aux gestes non citoyens des gens, mais alors, pourquoi y-a-t-il des déchets en plein milieu de l’océan, là où quasiment personne ne va ? Pourquoi retrouve-t-on des cotons-tiges alors qu’on n’est pas censé les utiliser en pleine mer ? Je suis donc partie à la recherche de quelques ouvrages abordant la pollution des océans afin de tenter de répondre à leurs questions mais également dans le but de verbaliser autour du problème que pose le continent de plastique et la pollution en règle générale, sur le règne animal.

Après avoir lu, lu, lu et relu les quatre albums dont je vais vous parler juste après, j’ai proposé aux enfants de réaliser une maquette du continent de plastique. Je vous détaillerai cela juste après la présentation des livres.

I. Présentation des albums.
1. Zélie et le sixième continent.

Cet album, auto-édité par son autrice, raconte l’histoire vraie d’une petite tortue (rien ne dit qu’elle s’appelait vraiment Zélie hein ^^) qui s’est retrouvée coincée dans un cerclage en plastique lorsqu’elle était encore toute jeune. Cela a eu pour effet de déformer sa carapace et certainement tous ses organes en grandissant puisque le cerclage n’a pas bougé pendant des années, jusqu’à ce qu’un marin l’ait récupéré et délivré. Dans l’album on suit donc les aventures de la tortue et de ses deux soeurs qui rencontrent différents animaux marins. Chacun a une histoire particulière avec les déchets qui jonchent la mer : la baleine bleue a un filet de pêche enroulé autour de ses nageoires, le requin affamé car il ne trouve plus de nourriture… et tous ces déchets à perte de vue … Jusqu’à ce qu’elle soit ramassée dans un filet de pêche au milieu de milliers de poissons. Mais l’homme qui la découvrira prendra conscience de l’ampleur du problème. Il délivrera Zélie de son cerclage mais également tous les poissons pris au piège dans son filet.

Je ne vous en dis pas plus, mais je vous invite à lire l’article que j’ai écrit à propos de cet album en cliquant ici.

2. La petite tortue et l’océan.

Restons au milieu des tortues de mer et abordons son cycle de vie à travers cette jolie histoire parue tout récemment aux éditions Kimane. L’enfant apprend que la tortue vient pondre dans le sable, puis, quand les oeufs éclosent, les petites tortues se dépêchent de rejoindre la mer pour ensuite se rendre dans le lagon turquoise de leurs ancêtres. A l’âge adulte, les femelles reviendront pondre tous les ans sur cette même plage.

Oui mais, notre petite héroïne se rend bien compte qu’au fil des ans, le paysage sous-marin change. Il devient plus gris, plus terne, et surtout elle rencontre sur son passage des choses qui n’étaient pas là auparavant : des bouteilles, des sacs plastique … en un mot : de la pollution. Elle sera même emprisonnée dans un filet au milieu d’autres déchets. Heureusement des plongeurs viennent la délivrer de sa prison et elle peut continuer sa route.

Cet ouvrage, profondément optimiste dresse le portrait d’un océan magnifique, rendu triste et dangereux pour ses habitants à cause de la pollution de plus en plus importante. Cependant il laisse la porte grand ouverte pour une fin plus heureuse car grâce à l’action des plongeurs, l’océan retrouve sa beauté. Il ne tient qu’à nous, citoyens de faire en sorte de ne pas rendre leur tâche plus difficile qu’elle ne l’est déjà.

Au delà du message écologique porté par cette belle histoire, l’album est remarquablement mis en valeur par des illustrations très colorées, à l’image des fonds marins et des lagons. L’illustratrice joue sur les nuances de couleurs pour aborder l’océan propre, et l’océan sali par les déchets.

3. Alma et les trésors de l’océan.

Encore une histoire basée sur des faits réels, celle d’un sébaste à oeil épineux qui a été repêchée en bien mauvaise posture près de l’Alaska et qui vécu 205 ans.

Ici, l’histoire a été enjolivée. Alma collectionne les trésors qu’elle rencontre au fil de ses balades : brillants ,tachetés, ronds … chaque année à son anniversaire elle en apporte un dans sa maison, un vieux coquillage. Seulement plus les années passent, plus il devient difficile de trouver des trésors. Et des amis pour fêter son anniversaire avec elle. Un jour elle repère une jolie perle brillante dans un drôle de coquillage – une bouteille. Elle entre à l’intérieur pour récupérer le trésor mais la voilà coincée, dérivant au gré des courants loin, très loin de sa maison. Elle échoue sur une plage et s’aperçoit que celle-ci est jonchée des mêmes détritus qui se trouvent sur le récif de corail où elle habite. Heureusement une petite fille va la sauver et en même temps sauver le récif de corail puisqu’elle arrive à convaincre tous les habitants de son village à nettoyer la plage et la mer et à adopter de nouvelles habitudes plus écologiques. A la fin du grand nettoyage, Alma est relâchée et elle retrouve avec bonheur sa maison et sa collection de trésors, dans un environnement aussi beau et habité qu’il y avait quelques années.

Je suis fascinée par cet album, par les couleurs chatoyantes au fil des pages et par la profusion de détails. On ne sait plus où regarder tellement c’est beau. Une fois qu’on en a pris plein les mirettes BIM, l’atmosphère change et devient plus terne. Nous voilà donc obligés d’être tristes et déçus et tant mieux, parce que cela fait vraiment prendre conscience que le beau est fragile et qu’il ne tient qu’à nous de faire en sorte de pouvoir admirer les merveilles de la nature.

4. Sur mon île.

Je termine cette présentation littéraire avec le coup de coeur de toute la famille. Sur Mon Ile aborde directement le continent de plastique puisque l’histoire, racontée par un macareux moine se passe à cet endroit. Il présente donc, à travers un texte court contrebalancé par des images dominantes, l’île sur laquelle il vit et où ses amis lui rendent régulièrement visite. Il aborde donc l’omniprésence des déchets qui dérivent sur les océans jusqu’à son île qui grandit et se transforme, les animaux qui sont les premières victimes de ces déchets et des hommes qui viennent nettoyer avant que tout ne revienne, comme avant.

J’ai été surprise par le ton détaché employé par le narrateur. Le parti-pris de l’auteur est ici très intéressant. L’oiseau ne peut pas donner son avis puisqu’il ne comprend ni les causes, ni les conséquences de ce qui se passe. Il est étranger au phénomène pourtant il le subit ainsi que ses amis. C’est l’homme qui est à l’origine de ce désastre, mais le macareux en a-t-il seulement conscience ? Je ne crois pas puisqu’il ne les fustige pas, et pire, il n’utilise pas de vocabulaire spécifique : à aucun moment, par exemple, ne sont mentionnés les termes de plastique et de déchet, hormis à la dernière page. Le texte est purement descriptif.

En revanche, les illustrations permettent au lecteur de se faire sa propre opinion. Il ne sait plus où donner de la tête face à la profusion de traits, de points colorés qui s’entassent sur les pages montrant avec un souci du détail incroyable, le problème qui se joue dans le Pacifique : on voit des animaux dans de drôles de situations avec des objets sur la tête, autour du bec. On rigole moins quand on s’aperçoit qu’en fait ils sont coincés à cause de tous ces fils qui jonchent le tas de détritus. Et on s’attriste devant les oiseaux morts, l’estomac rempli de déchets.

Comme je vous disais, il s’agit de l’ouvrage qui nous a le plus touché, tant les enfants que moi. Malo le lit plusieurs fois dans la journée comme s’il avait besoin de ne pas oublier la détresse des animaux.

II. art visuel : le continent de plastique.

Il m’a semblé intéressant d’aller plus loin dans nos lectures et de nous les approprier à notre manière. Alors j’ai proposé aux enfants de réaliser une maquette du sixième continent : le fameux continent de plastique.

Pendant plusieurs jours nous avons amassé des déchets, certains trouvés dans la nature, d’autres à la maison. En effet, le souci n’a pas été que nous n’ayons pas trouvé assez de déchet dans la nature, vous pensez bien que c’était plutôt le contraire. cependant, pour notre projet il fallait de petites choses et je ne voulais pas inciter les enfants à trop manipuler ceux qu’ils avaient trouvés en les découpant par exemple. Ainsi, les petits ronds colorés que vous verrez sur la maquette sont les capuchons des aiguilles que je dois utiliser 4 fois par jour pour le contrôle de ma glycémie. Ils se sont parfaitement prêtés à l’activité.

1. matériel utilisé

– une plaque de carton. Mon mari m’a déniché celle-ci avec de la mousse protectrice, elle était parfaite !
– des déchets en tout genre récoltés ici et là.
– de la laine
– des fils chenille
– de la gouache Cléopâtre : bleu, noir et blanc
– gouache pailletée Cléopâtre bleue
– encre bleue Cléopâtre
– ciseaux
– pinceaux et pipettes
– colle chaude Cléopâtre.
– petites figurines des animaux sous-marins.

2. Les étapes de la réalisation.

Zélie et Malo ont commencé par mettre de l’encre sur l’ensemble de la mousse. A l’aide de la pipette, Malo déposait l’encre et Zélie a utilisé un pinceau mousse pour l’étaler. La mousse a “bu” l’encre mais elle a gardé la couleur. Ensuite, ils ont ajouté au pinceau de la gouache et de la gouache pailletée.

Il a fallu attendre que tout cela sèche avant d’ajouter les déchets directement sur la mousse. Pour cela les enfants ont découpé certains déchets qu’ils avaient rassemblés. J’ai utilisé le pistolet à colle pour les fixer légèrement sur la mousse. Les enfants savent qu’ils n’ont pas le droit de manipuler la colle chaude, alors je fixais les plus petits éléments là où ils me le disaient.

Ils ont terminé par positionner les animaux. Pour cela ils ont beaucoup observé les illustrations des quatre ouvrages détaillés ci-dessus pour se rendre compte que les situations étaient très variées. Ils ont tenté de reproduire certaines en utilisant des fils chenille ou des morceaux de fil. J’ai juste mis le Hola quand ils ont voulu découper les animaux pour mettre des déchets dans leurs estomacs ^^

Et voilà le résultat de notre oeuvre éphémère. Je crois qu’elle leur a encore plus aidé à prendre conscience de l’ampleur du phénomène. Ils avaient mal au coeur de devoir emprisonner les animaux et encore plus de se dire qu’en fait ce n’était pas un jeu et que ça se passait pour du vrai à des milliers de kilomètres de chez nous, mais avec des déchets abandonnés à proximité.

Faire prendre conscience à mes enfants de la beauté de notre planète, mais aussi de sa fragilité est une mission qui me tient tout particulièrement à coeur. Il est essentiel qu’ils comprennent à leur âge les enjeux de la préservation de l’environnement qu’il soit terrestre, aérien ou maritime afin de pouvoir lutter contre la pollution et les dangers qu’elle occasionne.

Je suis tellement fière de les voir évoluer dans ce sens ♥

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