littérature jeunesse

D’un grand loup rouge et autres albums dans la même collection.

Tout récemment, les éditions Les Fourmis Rouges ont pris contact avec moi afin de me proposer de découvrir leur maison d’édition et leurs albums. Et quelle belle découverte ! Je me suis perdue dans la liste des ouvrages édités, j’aurais bien tout pris ^^ J’ai été attirée par les illustrations originales, bien différentes de celles dont j’ai l’habitude et vers lesquelles je me dirige habituellement.

J’ai choisi de recevoir 4 ouvrages et aujourd’hui je vais vous en présenter trois, appartenant à la même collection : d’une petite mouche bleue, d’une petite graine verte et d’un grand loup rouge.

Tous les trois ont la même trame, aussi je vais commencer par une description globale avant d’aborder chaque titre dans son individualité.

Ces trois albums au petit format possèdent une couverture rigide et monochrome : bleu lagon, vert fluo et argenté. Le titre écrit en blanc dans une police très moderne ressort sur la couleur et au milieu : une fenêtre ronde nous laisse entrevoir une illustration de l’album, comme une invitation à le découvrir.

Les illustrations justement, sont vraiment sublimes. Elles sont faites au crayon dans des tons gris, seule des détails sont colorés selon la couleur de la couverture. Et c’est là que l’album devient aussi passionnant qu’original : les éléments colorés racontent l’histoire et permettent de suivre le personnage, ou l’élément principal qui évolue dans la nature et dans le temps. Je suis vraiment conquise par ce procédé que je trouve très astucieux et intelligent. Cette mise en lumière colorée se retrouve également dans le texte des deux premiers opus D’une petite mouche bleue et d’une petite graine verte

Maintenant que je vous ai parlé de la forme de l’ouvrage, qu’en est-il du fond ? Vous, qui lisez cette chronique, devriez vous demander quels sont les sujets abordés, n’est-ce-pas ?

Racontés sous la forme d’une histoire, ces albums peuvent être également des documentaires tant ils apportent d’informations sur les différents sujets abordés : botanique, zoologie, citoyenneté … l’auteur, Mathias Friman, a réussi le tour de force de rendre accessibles des notions bien souvent abstraites : la chaîne alimentaire, le cycle de vie de la graine et l’acceptation des autres.

Dans une petite mouche bleue c’est donc la chaîne alimentaire qui est à l’honneur sans jamais être mentionnée, mais avec néanmoins beaucoup d’humour. Tout commence avec une mouche bleue avec des yeux globuleux qui avale un insecte puis continue son chemin. Elle croise la route d’une grenouille qui, aussitôt, d’un coup de langue, avale la mouche. dès lors qu’elle attrape la mouche, la grenouille prend la couleur bleue. Et l’histoire continue ainsi, la grenouille se fait manger par le serpent, qui se fait manger par le corbeau qui se fait manger par le renard, qui se fait manger par les fourmis après qu’il meurt, qui se font manger par le moineau, qui se fait manger par le loup qui se fait manger par le chasseur qui se cache derrière un arbre pour faire ses besoins qui ont l’air très appétissant pour une petite mouche aux yeux globuleux. A chaque fois, le prédateur prend la couleur bleue de sa proie et comme je le disais plus haut c’est la seule couleur présente au fil des pages.

Le côté redondant et cyclique de l’histoire se retrouve non seulement dans les situations vécues par les animaux, mais également dans le texte très simple mais répétitif. C’est une formule qui marque les esprits et qui rend l’histoire encore plus rigolo. Mention spéciale également pour les petits détails plein d’humour qui parsèment les pages de l’album.

D’une petite graine verte aborde le cycle de vie de la plante, depuis son état de graine jusqu’au grand arbre.  Ici aussi, une couleur prédomine : il s’agit donc du vert fluo. A la différence de l’album précédent, dans celui-ci, le texte est écrit dans le même vert que les éléments colorés des illustrations. En effet, le texte est écrit à la première personne du singulier, c’est-à-dire que c’est la graine qui raconte son histoire, depuis sa rencontre avec le moineau qui l’avale. Elle est vite larguée dans les excréments de l’oiseau et petit à petit, grâce aux pluies et au soleil, la voilà qui germe et qui grandit. La petite plante raconte les saisons qui passent, les rencontres qu’elle fait, les événements qu’elle traverse. Bien des années ont passées et maintenant la petite graine est devenue un bel arbre et voilà que les premiers bourgeons, les premières fleurs et les premiers fruits apparaissent. Et qu’y a-t-il dans le fruit ? une petite graine qui tombe et qui vivra à son tour mille et une péripéties.

 

Le champ lexical du cycle de vie de la plante est omniprésent dans le texte et c’est ce qui le rend si riche. Par ailleurs, au delà de la croissance de la plante, l’auteur aborde également le devenir de l’arbre qui meurt et le fait qu’il continue de nourrir la terre. Le texte est empreint de poésie ce qui le rend vraiment intéressant et bien plus riche qu’une simple histoire ou qu’un simple documentaire.

Enfin, abordons le cas d’un grand loup rouge, le petit dernier de la collection paru tout récemment, en mars 2020. C’est le seul album de la collection dont la couleur mise à l’honneur n’est pas celle de la couverture. En effet, si la couverture est argentée, le loup est rouge. Ici, d’ailleurs, seul le loup qui raconte l’histoire est rouge, il n’y a pas de transfert ou de modification. l’album raconte l’histoire d’un loup rouge, obligé de quitter son territoire après que celui-ci ait été envahi par les hommes qui ont décimé la nature ET la meute. Le loup est le dernier et pour survivre il est obligé de fuir. Pendant plusieurs jours, il traverse des paysages inconnus jusqu’à ce qu’une nuit, il fait la rencontre d’une nouvelle meute. Il raconte son histoire et leur demande l’hospitalité. Les loups qui ne le connaissent pas sont méfiants face à l’inconnu, certains refusent même qu’un loup rouge fasse partie de leur meute de loups blancs. Mais le chef prend la parole et explique au loup rouge et au reste de la meute que la horde accueille ceux qui ont fui. Aujourd’hui la meute est composée de loups de différents clans, le grand loup rouge est donc le bienvenu.

Cette histoire me touche particulièrement et permet d’aborder des notions très abstraites de citoyenneté : l’expatriation, la peur de l’inconnu, la discrimination. Je pense qu’il est essentiel d’aborder ces thématiques très tôt avec les enfants afin de leur permettre de faire les bons choix et d’être capables de devenir tolérants, ouverts et empathiques. De plus, l’auteur fait également le choix de parler d’écologie et des hommes qui, au détriment de la faune et de la flore, n’hésitent pas à raser des territoires pour accroître l’étendue de son industrie. C’est donc un album très engagé à mettre entre toutes les mains.

Si vous ne connaissez pas les Editions des Fourmis Rouges, je vous invite vraiment à aller les découvrir et notamment les ouvrages dont je viens de vous parler et qui sont de véritables coups de coeur pour moi. Rendez-vous donc sur leur site internet, leur page Facebook ou leur compte instagram pour ne rien manquer de leurs publications. ♥

Editions Les Fourmis Rouges

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *