Toujours soucieuse d’accompagner mes enfants dans leur évolution et dans leurs émotions, je me constitue depuis un bon moment une petite ludothèque spéciale développement personnel. aujourd’hui je vous propose de découvrir cinq de ces outils à utiliser selon l’âge et les compétences de votre enfant. 

Pourquoi cette ludothèque spéciale développement personnel ? 

Ma Zélie a maintenant 6 ans et demi, et depuis toujours, il est difficile pour elle de mettre des mots sur ses maux, sur ses émotions, sur ses ressentis. Elle garde tout en elle car elle a du mal à verbaliser et cela explose sous forme de grosses colères et de crises de larmes. C’est une petite fille, qui, malgré ses grandes capacités, n’a pas beaucoup confiance en elle. Elle reste en retrait parce qu’elle ne supporte pas le regard des autres sur elle, même s’il est bienveillant. A contrario, elle recherche constamment un avis positif sur tout ce qu’elle entreprend. Afin de l’aider à cheminer et à s’affirmer (parce qu’elle m’a déjà dit à plusieurs reprises que cela constitue un frein pour elle), j’ai souhaité avoir des astuces à ma disposition. Et quoi de mieux que le jeu pour l’accompagner ?

J’utilise certains outils avec Malo également. En effet, ce n’est pas parce que lui n’a pas de difficultés à exprimer ses émotions qu’il ne faut pas l’encourager à le faire. Il est bien plus à l’aise avec ce genre d’exercice que sa soeur et bien souvent, cela me permet aussi de capter après coup des petites choses qui le gênent ou bien au contraire qui le rendent heureux, alors que je ne m’en étais pas aperçue de prime abord. 

Enfin, tous ces outils sont facilement utilisables avec des adultes. Ce n’est pas parce que nous sommes parents que nous avons des facilités à parler de soi, de nos failles, de nos blessures. Etre capable de les formuler est un exercice parfois périlleux. A vous de choisir de le faire seul(e) pour vous aider dans votre développement personnel, ou bien en présence de vos enfants afin qu’ils sachent que vous n’êtes pas insubmersibles et que certains événements peuvent vous toucher. Avec leur empathie naturelle, ils pourront également vous aider à traverser certaines tempêtes ou certains brouillards. 

Les cinq outils dont je souhaite vous parler seront présentés selon l’âge recommandé par les créateurs. Cet âge ne constitue en rien un pré-requis, bien au contraire, à vous d’adapter le jeu selon vos enfants. 

1. Mes petits bonheurs. 

J’ai déjà eu l’occasion de vous parler de ce jeu réalisé par Little Ménina. Mes petits bonheurs est un jeu, sans vraiment en être un. Pas de gagnant, pas de mauvaise réponse, juste un chouette moment passé ensemble. Le petit pochon contient 12 cartes en tissu comprenant sur le recto, une illustration pleine de douceur, et sur le verso, une petite action à réaliser : chanter une chanson, faire un voeu, raconter un petit malheur … Selon l’âge et l’envie de l’enfant, vous pouvez lui demander de répondre le plus précisément possible, ou bien juste de donner une réponse, quelle qu’elle soit. 

C’est un jeu qui plaît beaucoup à Malo, d’ailleurs c’est avec lui que j’y joue le plus souvent. Il apprécie tout particulièrement lorsqu’on fait une partie avant de se coucher, cela permet de se retrouver, d’échanger dans le calme et de recharger nos batteries avant d’aller se coucher. A chaque fois il y a plein d’amour qui se dégage de nos échanges en toute simplicité selon les réponses que nous donnons (qui ne sont donc jamais les mêmes d’un jour à l’autre, ce qui rend le jeu encore plus intéressant). Pour notre part, nous piochons au hasard 3 cartes et chacun notre tour, nous réalisons une des actions proposées. Si nous ne sommes pas inspirés, alors ce n’est pas grave, on met la carte sur le côté et on en pioche une autre. Pas de stress, pas d’obligation … 

Jeu accessible dès trois ans, vous pouvez vous le procurer directement sur la boutique en ligne de Little Ménina

Little Ménina a réalisé une extension pour ce jeu qui me fait de l’oeil pour renouveler nos actions. Je vous invite également à aller voir son site internet, il y a de nombreux autres petits supports vraiment sympa. 

2. Je m’♥

Lui aussi a déjà eu son quart d’heure de gloire sur mes pages, mais il est toujours intéressant de reparler des bonnes choses 😀 

J’aime beaucoup le principe de ce petit jeu de cartes. Chaque joueur pose devant lui 3 cartes faces chées. La carte de gauche correspond à la journée d’hier “est-ce que je me suis aimé hier ?”. La carte au centre correspond à aujourd’hui “est-ce que je m’aime aujourd’hui ?”. La carte de droite correspond à la journée de demain “comment est-ce que je vais m’aimer demain?” 

On commence avec la journée d’hier. Le premier joueur retourne sa carte et se questionne par rapport à l’action écrite : est-ce que cette action a permis de m’aimer hier ? Si c’est le cas, il laisse la carte découverte et peut expliquer en quoi l’action écrite lui a permis de s’aimer. Si le joueur ne sait pas répondre à la question alors il donne la carte à son voisin et en pioche une nouvelle. Dans ce cas, le joueur d’à-côté, lors de son tour, pourra choisir une des deux cartes qu’il a en sa possession : celle qu’il a pioché en début de jeu, ou bien celle donnée par le joueur précédent. Lorsque chaque joueur a répondu par l’affirmative à la question “est-ce que je me suis aimé hier?”, on passe à la journée d’aujourd’hui. Arrivée à la carte “demain”, chaque joueur réfléchit à la manière de mettre en oeuvre l’action écrite sur la carte afin de s’aimer demain. 

C’est un formidable outil de discussion selon moi. Pas de jugement, pas de critique, l’enfant et l’adulte sont invités à effectuer une introspection afin de s’accepter et de s’aimer davantage. 

Comme pour tous les jeux présentés, vous pouvez également utiliser le jeu comme cela vous plait. Nous aimons par exemple piocher une carte le matin afin qu’elle soit notre fil rouge de la journée pour s’aimer encore un peu plus 🙂 

Le jeu est conseillé à partir de 5 ans. Cependant, je crois qu’il est nécessaire que l’enfant soit déjà capable de se projeter dans l’avenir ou bien d’effectuer une rétrospective de sa journée afin que le jeu ne soit pas trop complexe pour lui. 

Vous pouvez vous procurer ce jeu en vous rendant directement sur le site internet de l’illustratrice 

3. Emoticartes. 

Emoticartes est un jeu que j’aime sortir afin de discuter des émotions avec Zélie car je le trouve très intéressant. Les cartes se divisent en 3 tas : les cartes rouges, les cartes bleues et les cartes jaunes. Il y a également une carte bonus orange. 

Les cartes rouges représentent une émotion ou un sentiment désagréable. Les cartes jaunes représentent une émotion ou un sentiment agréable. On ne parle pas ici d’émotion négative car aucune émotion ne l’est, elles sont juste le reflet d’un besoin non comblé ou d’une réaction naturelle. Ces deux types de cartes sont construites sur le même modèle sur le recto le nom de l’émotion avec un smiley la représentant ainsi qu’une jauge. Au verso, 3 questions : comment définir cette émotion ? Pourquoi la ressent-on ? quelle est la manifestation de l’émotion ? 

Les cartes bleues sont des ressources permettant d’accéder aux émotions jaunes. sur le recto, le nom de la ressource ainsi qu’un QR code permettant d’accéder à un contenu de démonstration et sur le verso, l’explication de la ressource. 

On pose les trois tas au centre de la table. Le premier joueur choisit une émotion rouge. Cette carte représente une émotion qui le gêne. Il répond ensuite aux trois questions au verso de cette carte. Il choisit ensuite une émotion jaune représentant l’émotion que le joueur souhaite ressentir à la place de la rouge, puis il répond aux questions au verso. Enfin, il choisit une ressource à tester qui pourra l’aider à atteindre cette émotion agréable. La règle propose de piocher au hasard, mais je trouve cela plus intéressant, pour le moment, que chaque joueur choisit l’outil qui lui parle le plus. 

La carte orange est une carte bonus qui permet de faire le point à fortiori sur le souci rencontré, celui qui engendre une émotion désagréable. Ainsi, le joueur pourra tout à faire puiser parmi les solutions qu’il aura essayé la prochaine fois qu’il se retrouve face à cette émotion en particulier. 

c’est vraiment un outil formidable conçu pour être utilisé dès 6 ans, même si les débuts sont parfois un peu laborieux (pas toujours facile de poser des mots sur nos émotions 🙂 ) 

4. Le perlipapotte.

Encore un jeu de cartes 🙂 

En fait, comme pour les jeux précédents, il n’y a pas de gagnant ni de perdant. Je dirai que Le Perlipapotte est la version plus étoffée du jeu “mes petits bonheurs” présenté plus haut. 

Le jeu contient 36 cartes ce qui permet vraiment de balayer de nombreuses actions. On pose le paquet au milieu de la table. Le premier joueur tire la première carte et réalise l’action notée ou répond à la question : “qu’est-ce qui t’étonne dans la vie ?”, “quelle femme admires-tu?”, “quel est le meilleur moment de ta journée ?” les questions sont très vastes permettant une foule de réponses en fonction de l’histoire et du ressenti des joueurs. Une fois que le joueur a pris le temps de répondre et que les autres l’ont écouté sans l’interrompre, les autres joueurs peuvent, s’ils le veulent, répondre à leur tour. Cela peut alors amener à des débats fort intéressants et surtout à libérer la parole. Acquis depuis quelques mois seulement, nous y jouons de manière très conventionnelle avec les enfants. Souvent il arrive que Malo ne soit pas capable de répondre ou bien qu’il ne formule qu’une seule phrase car c’est un exercice qui demande beaucoup de réflexion. C’est un jeu que j’aimerais tester entre amis, je suis sûre que ça leur plairait beaucoup également. 

5. totem. 

Celui-ci dort tranquillement dans mon armoire à jeux car je trouve que Zélie est encore un peu jeune, mais je ne désespère pas de le sortir d’ici quelques mois ou bien pour le tester avec les copains. Pour le moment, j’aime l’utiliser seule quand j’ai un coup de mou ou que je manque de confiance en moi. Il est conseillé à partir de 8 ans. 

Totem est un jeu extrêmement positif puisqu’il a pour but de permettre aux joueurs de mettre en évidence leurs forces et leurs qualités. Les joueurs construisent leur totem qui est composé d’une carte qualité (carte rouge) et d’une carte animal (carte bleue). C’est très intéressant d’y jouer seul, mais ça l’est encore davantage d’être en groupe parce que ça permet de savoir comment les autres nous perçoivent. Déplacer son regard et s’intéresser à celui que l’autre porte sur nous est très enrichissant et parfois même surprenant. 

Je vous explique les règles pour jouer à plusieurs, vous aurez vite fait de comprendre comment transposer la règle si on y joue seul 🙂 

Un joueur, le receveur, distribue 7 cartes animal aux autres joueurs sans les montrer. Chaque joueur choisit un animal parmi sa main qui, selon lui, définit celui qui a distribué les cartes. Les cartes animal choisies sont remélangées de manière à ce que le receveur ne sache pas qui a choisit quoi. Les autres cartes sont remis dans le tas. Le receveur regarde les cartes choisies par les autres joueurs puis les classe selon son ordre de préférence, faces cachées. Puis il les retourne une à une en les énonçant en commençant par la carte dans laquelle il se reconnaît le moins. Pour chaque carte retournée, le joueur qui l’a choisie explique pourquoi en s’adressant directement au receveur. Quand toutes les cartes sont retournées et que chaque joueur a pu expliquer son choix, tous les joueurs se mettent d’accord sur la carte animal qui représente le plus le receveur. On fait ensuite de même avec les cartes qualité. 

Quand le receveur possède les deux cartes de son totem, on recommence avec le joueur suivant. 

Ce qui me plaît vraiment dans ce jeu c’est la possibilité d’entendre ce que les autres perçoivent de nous. Je vous l’accorde, c’est un exercice très difficile, pour ma part je ne suis vraiment pas à l’aise quand j’entends des compliments à mon égard. Pour autant c’est nécessaire pour nous aider à gagner la confiance en soi nécessaire pour évoluer.

J’espère que cette présentation vous a plu, si vous avez d’autres titres ludiques à proposer pour le développement personnel chez l’enfant, n’hésitez surtout pas à donner les références et votre avis dans les commentaires. 

 

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