L’instruction en famille fait partie de nos vies depuis plusieurs mois maintenant et le premier bilan que je pourrais en tirer c’est que je suis heureuse d’avoir une amie avec laquelle discuter de mes doutes, de mes réflexions, à laquelle demander conseil. Et vice versa ! 

Cette amie c’est Adélaïde, du blog Maaademoiselle A.

Adélaïde et moi sommes de grandes bavardes. Nos fils de discussions font plusieurs kilomètres de long. Des sujets futiles, des sujets plus importants, elle m’est d’une grande aide et d’un grand soutien face à tout ce que je vis. C’est le rôle d’une amie n’est ce pas ?

Il y a des sujets de conversation sur lesquels nous sommes intarissables : l’instruction de nos enfants en fait partie. Nous n’hésitons pas à exposer à l’autre les soucis que nous rencontrons mais également les victoires. Car un regard extérieur, bienveillant et je dirais presque « professionnel » aide souvent à y voir plus clair. Adélaïde m’a souvent permis, par association d’idées ou grâce à ses conseils toujours pertinents, de sortir de situations plus ou moins inconfortables, et je pense que la réciproque est vraie. Parfois, le simple fait d’en discuter remonte le moral des troupes et on retrouve le courage et la patience dont nous avons besoin. Parfois enfin, expliquer une petite victoire peut permettre à l’autre de se dire « tiens, c’est une bonne idée ça ! je vais tester ».

On s’échange donc une aide mutuelle plus que bienvenue, des conseils, des idées de supports et de matériel à utiliser ou à créer, des liens vers des sites internet, des vidéos …

En fait, nous avons toutes les deux le même but : l’épanouissement de nos enfants, mais nous empruntons toutes les deux un chemin différent pour y parvenir. Il n’y a pas de meilleur chemin, je rappelle que nous ne sommes pas dans la compétition, juste un chemin plus adapté aux chaussures d’Adélaïde et un autre plus adapté aux miennes. Les chaussures étant nos bagages, notre histoire, nos goûts, nos valeurs et bien sûr le caractère de nos enfants.

Cependant sur nos chemins, nous rencontrons des obstacles, parfois les mêmes au même moment, parfois différents : ici Adélaïde a une rivière à franchir, quant à moi, ce sont des ronces. Je lui indique un pont quelques mètres plus loin, et elle, me prête son sécateur. Parfois, un petit caillou s’immisce dans notre chaussure. Au début on ne s’en rend pas compte, mais à mesure que nous avançons, il nous fait de plus en plus mal et nous ralentit. Il est donc nécessaire de nous arrêter quelques minutes pour ôter ce caillou avant de repartir plus sereine.

Adélaïde a eu une super idée : pourquoi ne pas partager avec davantage de monde, les échanges que nous avons ? Bien sûr il n’est pas question de vous dévoiler le contenu de nos discussions, mais plutôt de partager avec vous les astuces, les stratégies que nous mettons en œuvre, les réflexions que nous avons sur telle ou telle questions, les erreurs que nous faisons et les conclusions que nous en tirons.

A la manière d’une discussion, nous vous convions donc à venir partager avec nous en toute simplicité, un petit moment autour de l’Instruction en Famille. Nous allons échanger autour de sujets très variés : les supports utilisés, l’instruction de plusieurs enfants de niveaux différents, les différents contrôles auxquels les familles IEF doivent se soumettre … 

Ces vidéos ne sont pas une recette miracle, un pas-à-pas à suivre à la lettre pour obtenir un IEF bien cuit, mais plutôt un ensemble d’outils, comme des ustensiles, à utiliser à votre guise pour vous accompagner à créer votre propre recette (eh oui, tout le monde n’aime pas le chocolat !)

Cette toute première vidéo, nous avons choisi de l’appeler “comment adapter l’instruction en fonction des réalités ?” 

Il faut dire que, tout à fait naturellement, nous nous étions faites une certaine idée de ce qu’allait être notre IEF, mais très vite, nous avons pu remarquer qu’entre la théorie et la pratique, il y a un énooooorme gouffre ! Eh oui, tout ne se passe pas toujours comme prévu et nous nous réajustons continuellement pour que les moments d’instruction soient efficaces, certes, mais aussi et surtout épanouissants, rigolos et intéressants, de sorte qu’à la fin de chaque journée, nous ayons envie de nous dire « aujourd’hui c’était une belle journée d’instruction ».

Qu’est-ce qui nous « oblige » à repenser l’instruction de nos enfants ?

Eh bien ce sont eux, avant tout. Leurs besoins qui changent à mesure qu’ils grandissent, les sujets de prédilection qui évoluent, des manières de faire qui ne conviennent pas ou plus, une certaine lassitude face à l’utilisation de certains supports, des horaires mis à mal avec l’arrivée du petit frère ou de la petite sœur.

Comme souvent avec Adélaïde, nous nous rendons compte que nous opérons une réflexion sur un sujet en même temps, cependant cela ne se fait pas du tout de la même manière, nous abordons les choses différemment, avec notre sensibilité et au final, même si nous sommes parties du même constat, la mise en œuvre sera alors différente, complètement adaptée à notre famille et à nos contraintes.

C’est ce qui nous est arrivé justement avec notre manière d’amener l’Instruction auprès de nos enfants. Le constat était le même : notre manière de faire ne nous convenait plus, ni à nous, parents instructeurs, ni à nos enfants. Nous avons identifié ce qui clochait et grâce à nos recherches et surtout à nos échanges, nous avons amorcé un virage  pour coller davantage à notre vision de l’IEF et surtout aux besoins de nos enfants.

Qu’est-ce qui ne fonctionnait pas chez moi ?

6 mois après le début de notre instruction en famille, j’ai déjà pu identifier les points forts de ma fille, mais également les faiblesses. La première d’entre elles est l’écriture. Non pas qu’elle ne sache pas écrire, bien au contraire, mais son perfectionnisme et son manque de confiance sont tels que soit elle refuse d’écrire, parce que c’est « trop long » ou « trop difficile » ou bien cela lui prend un temps incroyable. Au début de ma remise en question, j’ai exploré des pistes et j’ai pu remarquer que ce qui manquait dans son cas, ce sont des exercices qui font sens pour elle. En effet, faire des exercices de copie ou d’écriture, de français et même de mathématiques dans ses cahiers, dans des sujets complètement déconnectés de sa réalité, la démotive complètement, parce qu’elle ne s’y retrouve pas. En revanche, dès lors que je lui proposais des exercices, des activités en lien avec ses centres d’intérêt du moment ou sur un sujet qui la passionne, c’est beaucoup plus simple, plus fluide…

Ainsi, recopier une phrase en conjuguant des verbes dans son cahier était synonyme de contrainte totale pour elle, elle y allait à reculons et ne comprenait pas l’intérêt intrinsèque de ce genre d’exercice qu’elle associe à une punition, un truc pas drôle et qu’elle n’a tout simplement pas envie de faire, alors qu’écrire une longue lettre à Nutella pour dénoncer l’utilisation de l’huile de palme et les conséquences sur les Orang-outans, cela ne lui a pas posé problème. J’ai donc choisi de suivre cette voie là et de ne proposer que des activités qui font SENS pour elle. C’est vraiment une ligne de conduite que je me suis donnée : intéresser mes enfants au maximum.

Pour cela j’ai choisi de m’appuyer sur des grandes thématiques afin de traiter les sujets en transversalité. Par exemple en ce moment, nous nous intéressons à la plante : les enfants font du français, des mathématiques, des sciences, et de la botanique. Les exercices que je crée ont pour but d’ancrer les apprentissages dans la réalité, dans LEUR réalité.

Ce que je veux dire c’est que je m’adapte à eux, à leur monde, à leur univers en utilisant des personnages qu’ils aiment et reconnaissent ou des sujets qui les passionnent et qui correspondent à ce qu’ils vivent tous les jours.

Du côté de Malo, ses difficultés se ressentent également au niveau de l’écriture. Etant gaucher, les cahiers et manuels sont assez limités pour lui parce que les modèles sont cachés par sa main et du coup il a du mal à les reproduire. Eh oui, le monde est pensé pour les droitiers !

Et puis il a besoin de manipuler pour comprendre, il est l’exemple type de l’enfant montessorien qui élabore ses stratégies d’apprentissages en partant du concret vers l’abstrait. Jusqu’à présent, les cahiers étaient bien pour garder une trace de son travail mais ne reflètent absolument pas ses capacités et ce qu’il fait au quotidien.

En fait je pense qu’au-delà des particularités de nos enfants, nous avons la même vision des choses : on souhaite que les apprentissages restent ludiques et passionnants, et non pas faits sous la contrainte. On souhaite qu’ils puissent garder leur curiosité et leur émerveillement pour le monde qui les entoure, pour la culture, la diversité… Nous voulons qu’ils aient l’envie d’apprendre, pour eux, pas pour faire plaisir à la maîtresse.

Et concrètement, comment cela se passe depuis notre changement de manière de faire ?

Tout d’abord, exit les cahiers et les manuels. Je ne les garde que pour avoir une trame, des idées d’exercices que je transpose par la suite selon les thématiques que nous abordons.

En revanche, j’ai mis en route plusieurs cahiers : un pour le français, un pour les mathématiques, un pour les sciences.

Puis il y a des classeurs : un pour l’histoire, un pour la géographie et un pour les arts de manière générale.

L’idée est d’en faire des carnets de bord dans lesquels les enfants auront plaisir à s’y replonger si besoin, ou par envie tout simplement. Je privilégie la diversité et la variété des productions : écrit bien sûr, mais aussi dessin, annotations, schémas, croquis, collage,  …

La variété permet de recentrer l’attention et la concentration, mais aussi l’intérêt.

Et puis comme je l’ai écrit plus haut, nous travaillons par thématique ce qui permet d’instaurer une transversalité entre toutes les matières. Les productions écrites le sont par rapport au thème, sous différentes formes, bien entendu, les mathématiques le sont également par rapport à ce thème, ce qui permet de montrer à quel point chaque matière est essentielle et surtout à quel point toutes les matières ont besoin d’être confrontées pour devenir utiles.

Aujourd’hui, après l’expérience du changement, évidemment que tout n’est pas tout beau tout rose, cependant nous prenons bien plus de plaisir à faire l’instruction, par rapport au mood ambiant juste avant ce changement. Les enfants s’éclatent, adorent leur nouvelle posture de « chercheurs ».

Je vois également déjà beaucoup de changements chez eux. Ils se questionnent encore plus sur le monde qui les entoure, gagnent en autonomie. Ils travaillent avec bien plus d’enthousiasme, même quand il faut écrire ! Ils ont déjà fait des progrès sur les choses qui pêchaient jusqu’à présent. On a pu revoir des notions qui étaient encore fragiles et cela se solidifie petit à petit.

Je vous invite à vous rendre sur l’article d’Adélaïde dans lequel elle explique sa vision des choses qui est, comme toujours, tout à fait passionnante ! 

Et parce que nous aimons par dessus tout les échanges que nous pouvons avoir avec vous, je vous donne rendez-vous samedi 20h sur mon compte Instagram pour un live avec Adélaïde afin de répondre à vos questions sur la thématique de la vidéo.

Edit :

Le live a eu lieu et c’était un très chouette moment d’échange. Pour celles et ceux n’ayant pas eu l’occasion de le suivre, le replay est disponible sur ma chaîne IGTV et sur YouTube.

J’espère que cette vidéo vous plaira ! N’hésitez pas à vous abonner à ma chaîne Youtube afin d’être au courant des vidéos que j’y poste, toujours en lien avec la parentalité, l’éducation et l’univers des enfants. 

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