Il y a des albums qu’on achète parce que la couverture nous interpelle beaucoup, alors que parfois nous allons les prendre avec nous parce que le titre est accrocheur. Il y a des albums dont on attend de lire plusieurs critiques avant de se décider, d’autres qu’on achète pour compléter une collection.

Et puis il y a “Les petits et les (trop) gros secrets”, un album qui apparaît comme une évidence parce qu’on a une confiance aveugle dans le travail de l’autrice et de l’illustratrice et qu’on sait qu’il tiendra sa promesse, parce que ses prédécesseurs étaient déjà des petits bijoux.

Paru tout récemment chez Alice Jeunesse, je savais, avant même de lire l’album aux enfants que je serai touchée en plein coeur, et je n’ai pas été déçue. Il faut dire que Mylen Vigneault, l’autrice a ce don particulier via ses mots d’envelopper le lecteur d’amour et de bienveillance. L’illustratrice, Maud Roegiers quant à elle donne vie au texte avec son talent, les émotions, les sentiments et les non-dits sont toujours remarquablement mis en scène à travers des tableaux colorés et poétiques.

Les petits et les (trop) gros secrets, c’est donc une histoire de secrets, vous l’aurez compris. Je dois vous avouer que c’est un sujet très peu présent dans nos bibliothèques à la maison bien qu’il soit, selon moi, très important de l’aborder. Chaque double page aborde un type de secret : le secret bulle qui fait rêver, le secret brique bien trop lourd à porter, le secret chanson, l’amer secret citron, le secret poison, le secret canon … Tous les types de secret sont expliqués avec des mots simples et sont très imagés de manière à ce que l’enfant comprenne bien de quoi l’on parle : le secret papillon qui rend le coeur léger par exemple.

Mais ce qui rend l’ouvrage encore plus singulier et important c’est la suite de l’histoire. L’autrice explique alors qu’il est normal d’avoir des secrets mais que les enfants ne doivent garder pour eux, que les secrets joyeux, mais que pour se sentir bien, il vaut mieux se débarrasser des secrets trop lourds à porter pour leurs petites épaules et leur conscience innocente et les confier à des adultes de confiance.

Avec une infinie douceur, Mylen Vigneault ne s’engage pas sur une voie “bisounours” et explique bien que raconter un secret difficile peut engendrer de la tristesse pour celui qui s’en décharge et pour celui qui l’accueille. J’aime beaucoup le fait que la réalité soit mise en avant et qu’on ne cache pas ce qui pourrait arriver, même si c’est désagréable. Mais passé ce moment, comme le dit si bien l’autrice, “après la pluie vient le beau temps”, on termine sur une note très positive.

Il faut aussi que je vous parle de la conclusion que j’ai trouvée magnifique tant sur la forme que sur le fond. Il s’agit d’une lettre. Une lettre signée Mylen, le prénom de l’autrice. Une lettre directement adressée à l’enfant comme une demande. Je trouve cette fin parfaite parce que non seulement elle est destinée à l’enfant et uniquement à lui, mais en plus elle résonne comme une promesse et ouvre le champ des possibles en donnant des conseils simples mais tellement justes.

Attardons-nous maintenant sur les illustrations. Le personnage fil rouge de l’album est un petit singe malicieux et attachant. Il est mis en scène pour représenter chaque secret avec son amie la tortue. Les dessins sont éclatants de couleur et plein de peps, vraiment, ils sont magnifiques et on admire le talent de l’illustratrice sur toutes les pages. J’aime tout particulièrement la double page dans laquelle on voit le petit singe cultiver son jardin, son jardin secret mentionné justement juste à côté. Dans son jardin, on y voit plein de pots qui reprennent les thématiques des types de secrets pour expliquer que dans notre tête et dans notre cœur, les secrets agréables côtoient ceux qui le sont moins : on y retrouve les pots avec des bulles, avec des bonbons, avec des plumes … c’est pour moi l’illustration centrale de l’album, qui résume en un dessin, tout ce qui a été dit auparavant. Les secrets désagréables sont en arrière plan, dans un coin sombre du jardin. Ils sont en retrait, et même si le petit singe prend soin de ses secrets agréables, il garde néanmoins un œil sur les autres. Je trouve cette illustration vraiment parlante, elle est vraiment très belle.

Vous l’aurez compris, je suis très sincèrement touchée par cet album et je souhaite remercier Mylen Vigneault et Maud Roegiers d’aborder avec autant de douceur et de bienveillance ce sujets ô combien délicat.

Je vous assure que Les petits et les (trop) gros secrets n’ont laissé personne indifférent à la maison et en particulier Zélie qui du haut de ses 7 ans a eu besoin que nous le relisions plusieurs fois pour bien s’en imprégner. J’en ai profité pour aborder le sujet avec eux. Quand on a parlé de confiance, ils m’ont dit que Maman et Papa sont les adultes en lesquels ils ont le plus confiance (et même si je le sais, de l’entendre le dire de leur petite bouche m’a fait un feu d’artifice dans le cœur ♥). Je leur ai rappelé aussi que même s’ils avaient confiance en nous, il peut arriver qu’on n’ait pas envie de confier quelque chose à ses parents et que dans ce cas, ils ne devaient surtout pas oublier qu’ils sont entourés d’autres adultes en qui ils peuvent avoir confiance aussi. c’est bien d’avoir plusieurs possibilités.

Encore une fois, merci aux autrices pour cette petite merveille, cet album tient une place de premier choix dans nos bibliothèques et dans nos cœurs.

Les petits et les (trop)gros secrets
Editions Alice Jeunesse
à partir de 4 ans
13,50€

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