jeux en bois, Steiner Waldorf

L’importance du jeu libre dans la pédagogie Steiner-Waldorf

L’enfant construit son individualité, développe sa créativité propre, son initiative d’homme de demain dans le jeu libre d’aujourd’hui – R.Steiner

Lorsque j’ai commencé mes lectures sur la pédagogie Steiner-Waldorf, j’ai été surprise de la place qu’occupe le jeu libre dans le quotidien des enfants. 

Déjà, qu’est ce que le jeu libre ? 

Saviez-vous que le jeu est inscrit dans la Convention Internationale des droits de l’Enfant adoptée en 1989 ? C’est dire l’importance de cette activité dans le développement de l’enfant. Pour que le jeu soit libre il doit respecter quelques notions : être un plaisir, être une activité ludique, être choisi, sans attente de résultat et différent de la réalité. 

Le jeu libre ne doit pas souffrir de l’intervention de l’adulte. Mais attention, celui-ci est néanmoins présent lorsque l’enfant le sollicite ou lorsqu’il est en souffrance. L’adulte a là, davantage un rôle d’observateur. Mais là aussi, la notion d’observateur est très particulière. Avez-vous déjà vu la réaction d’un enfant qui sent le regard de l’adulte, immobile, posé sur lui ? il aura tendance à arrêter son jeu, à s’auto-censurer (de peur de dire une bêtise, de ne pas manipuler l’objet correctement…) De par sa posture, il dérange alors le jeu de l’enfant. Dans la pédagogie Steiner-Waldorf, l’adulte ne doit pas être inactif pendant les périodes de jeu libre, mais effectuer une tâche qui lui permette néanmoins d’observer et de porter un regard bienveillant sur l’enfant (faire le ménage par exemple, ou la cuisine. Mais aussi tricoter ou lire un livre … à vous de choisir ^^)

Le jeu est donc un lieu de liberté dans lequel l’enfant peut exprimer son individualité, sa créativité et son intelligence. La manifestation de cette créativité pendant l’enfance permettra alors la construction d’un adulte responsable, autonome et libre.

Mais à quoi sert le jeu libre ? Comment le jeu libre permet l’apprentissage ?

1/ le langage : lorsque l’enfant joue seul, se met alors en place un échange très intense : à lui-même si l’enfant est seul, ou bien avec les copains. Le langage se développe davantage lorsque l’enfant imite et expérimente de manière spontanée que lors d’exercices formels sur la parole.

un exemple peut-être ? Mon petit Malo, 20 mois, refuse de dire « Maman » alors que je lui demande avec insistance (oui il m’appelle toujours « papa »^^), mais est tout à fait capable de demander un « gâteau », du « lait », du « pain » ou bien son « doudou » lorsqu’il en a besoin. L’apprentissage de ces mots s’est fait de manière informelle, parce qu’il a écouté, entendu ces termes lorsque les adultes lui parlaient. 

2/la vie en société : le jeu libre en groupe permet d’apprendre le vivre ensemble en intégrant de manière tout à fait spontanée le partage, la collaboration, le lien social, le respect d’autrui, la connaissance et la considération de la diversité culturelle. Il permet l’accueil et la découverte de l’autre et va aussi être une formidable impulsion pour l’intégration dans la société étant donné qu’il s’agit là d’une première socialisation.

3/ le développement émotionnel : pendant le jeu libre, l’enfant vit très intensément ses émotions et peut les faire évoluer. Il apprend ainsi qu’elles ne sont ni figées, ni immuables. 

4/ le développement cognitif : jouer avec des objets bruts, authentiques et naturels permet de développer les sens (chaleur, taille, poids, matière…) et de vivre de formidables expériences sensorielles. Et puis, le jeu libre a aussi cette particularité de permettre à l’enfant  de comprendre qu’une situation puisse être interprétée de plusieurs manières possibles. 

5/ le développement personnel : outre la confiance en soi, dans le jeu libre, est recherché l’initiative spontanée de l’enfant et non pas l’adaptation à une consigne (là, on parle alors d’activité dirigée). Ainsi l’enfant est invité à être pleinement acteur de ses apprentissage et du développement de ses compétences et non pas spectateur comme il peut l’être lors d’une activité dirigée. Pour dire les choses plus simplement : 

le jeu agit de l’intérieur vers l’extérieur de l’enfant

le travail agit de l’extérieur vers l’intérieur de l’enfant

Que faire pour que le jeu libre soit salutaire ? 

1/ un matériel spécifique. Dans la pédagogie Steiner-Waldorf, on privilégie les matériaux naturels (le bois, la laine…), dans leur état le plus brut, de bonne qualité, avec des couleurs attrayantes et des formes simples. Un objet qui sera trop travaillé va limiter l’épanouissement de l’imagination. C’est ainsi qu’il vaut mieux favoriser la mise à disposition de tissus (de différents types, de différentes couleurs), de morceaux de bois, de bols en céramique, de pierres afin de laisser à l’enfant le champ libre pour construire son jeu. Ainsi, l’on encourage et on laisse libre court à la représentation intérieure et à l’imagination. 

2/ un temps défini. Pour qu’il soit efficace le jeu libre ne doit pas excéder 1h30. au delà, l’enfant commencera à manifester une certaine lassitude. Il est donc ainsi nécessaire d’alterner des temps de jeu libre avec des temps d’activités dirigées. 

3/ l’espace. Afin que le jeu libre se déroule dans les meilleures conditions, l’adulte peut mettre à disposition de l’enfant des lieux restreints autant qu’un grand espace ouvert. L’enfant ne les exploitera pas de la même manière selon ses besoins à ce moment précis.

 

Et chez nous ? comment se passe le jeu libre ?

A la maison, Zélie et Malo passent beaucoup de temps à jouer librement. Parfois à deux, bien souvent seuls car étant donné leurs âges respectifs, ils n’ont pas les mêmes besoins ni les mêmes envies. 

Deux univers requièrent néanmoins toute leur attention : tout d’abord, ce que j’appelle le coin poupées, et ensuite les jeux en bois

1/ le coin poupée. Il est composé de plusieurs poupons, de deux poussettes, d’une chaise haute en bois, d’un lit en bois également (fabriqué par mon grand-père et présenté ici), d’une petite cuisine en bois, ainsi que de vêtements, vaisselle, nourriture en bois et en tissu et autres carrés d’étoffes qui se transforment selon l’imagination de mes enfants en bavoirs, écharpes de portage, couverture, serviette de bain …  Il s’agit là de jeux énormément investis par les enfants. Il ne se passe pas une journée sans que les poupées ne soient sorties, elles font même partie maintenant de la famille et de notre quotidien. Alors vous l’aurez remarqué sur les photos, si l’idée du jeu libre tel qu’énoncé par Rudolf Steiner est bel et bien présente, en ce qui concerne le matériel en lui-même nous en sommes encore loin. Certes le bois et le tissu tiennent une place importante, il n’en reste pas moins que les poupées ont des expressions, que les poussettes sont des poussettes et que la cuisine a vraiment une fonction de cuisine. Ce que je veux dire par là, c’est que si l’on suivait à 100% la pédagogie Steiner-Waldorf, il faudrait mettre à disposition des enfants des matériaux plus ou moins bruts qui leur permettraient d’inventer une poussette ou une cuisine. 

2/ le coin construction. Si vous me suivez sur les réseaux sociaux, vous saurez que c’est mon univers préféré (ex aequo avec les livres quand même ahah) ! Nous avons investi dans des jeux en bois de la marque Grimm’s : des formes simples, des couleurs attrayantes, des matériaux presque bruts qui permettent aux enfants de construire et de s’inventer leur propre histoire. La seule limite étant leur imagination.

Nous possédons également depuis peu d’adorables petits bonhommes en bois de la marque Flockmen.

D’emblée, Zélie les a alignés pour en faire une salle de classe. Malo en a couché un et les a empilés les uns sur les autres. Deux enfants, deux âges et deux approches différentes. 

Et chez vous, quelle place a le jeu libre ? quels sont les jeux préférés de vos enfants ? 

5 Comments on “L’importance du jeu libre dans la pédagogie Steiner-Waldorf

  1. Pareil ici, beaucoup de temps de jeux livres avec figurines, playmobils, grimms, ou autres… Et quand je sens que cela se lasse, qu’ils se disputent ou autre, on essaie de proposer une activité ou un jeu ! Il y a des périodes où ils vont jouer librement toute la journée et d’autre où c’est plus compliqué !

    Bises
    Virginie

    1. à la maison c’est un peu pareil. Le tout étant de savoir remarquer quand le jeu libre n’est plus efficace. C’est alors aux activités dirigées (jeu de société, activité créative …) de prendre le relais. Les enfants ont besoin des deux pour se construire ! Ici aussi ils ont leurs périodes. En ce moment on est beaucoup sur du jeu libre, surtout Malo. Zélie aussi mais elle est toujours enchantée quand je lui propose quelque chose d’autre (même si j’ai souvent droit à « après Maman, il est d’abord l’heure que je couche/change/nourrisse ma poupée » ahah)
      Bises

  2. Ici le jeu libre qui a toouujours eu la côte avec ma Choupette, c’est la dinette. Déjà toute petite elle y passait des heures ! Mais, même si elle a tout ce qu’il faut, les livres servent d’assiettes et les autres jouets d’aliments 😉 J’aime d’ailleurs beaucoup cet imaginaire qu’elle se crée. Même si elle n’a rien qui ressemble à de la dinette, elle saura nous faire à manger ! Et depuis peu, sa petite soeur s’y intéresse aussi beaucoup ! (cette semaine elle m’a rempli ma tasse une dizaine de fois, avec de la (fausse) crème de change pour son bébé, c’était très bon ahah).
    Elles ont des bébés, qui arrivent en deuxième position. Et après ce sont les jeux de constructions, cubes et différentes formes en bois (ca sent l’envie de compléter la collection Grimm’s ça ?), les « duplos » (parce que c’est pas des duplos mais c’est comme des duplos ^^), et les petits animaux.
    Et puis, ce n’est pas un jeu, mais comme pour chez toi c’est en accès libres, les dessins ! Eux ils sont en top du top ! (vive la conso de feuilles ahah).
    Le jeu libre c’est la vie ! Petite je passais des heeuures à jouer seule ! (#teambarbie =D)

  3. Ici, ma fille de 3.5ans passe pas mal de temps à faire du jeu libre également.
    Pendant longtemps, la dinette a eut le vent en poupe. Maintenant un peu moins, elle préfère les lego (construction libre ou jeu d’imitation suivant le cas), les figurines d’animaux ou les sylvanian. Par contre, elle est très peu construction, donc les kaplas et autres cubes servent pas beaucoup.

    En ce moment elle aime jouer avec ses peluches à « l’école ». Et cette semaine, elle a réclamé le « riz coloré » pour faire une galette des rois (elle a différents pichets et elle les remplissait en disant que c’était 500g de farine, 200g de sucre, etc. puis mélangeait le tout dans un seau)
    Depuis peu, elle aime aussi jouer avec les « billes et les bâtons qui s’accrochent tout seul » (mes geomag)

    Elle a souvent besoin d’une présence adulte dans la pièce pour jouer, même si elle ne nous demande rien ensuite, il lui faut cette présence.

  4. Mes enfants jouent beaucoup librement, souvent tous les deux. Ils aiment beaucoup utiliser les figurines d’animaux, les playmobils, les jeux de construction (duplo), le petit train en bois, la dinette. Ma fille joue aussi beaucoup avec ses poupées : elle les promène, les soigne, leur donne à manger ; j’adore la regarder faire ! J’aime bien leur proposer des activités, mais les temps de jeux libres sont tout aussi importants, comme tu l’expliques si bien dans ton article. Et cela permet aussi d’avoir un peu de temps pour soi !

    Rien à voir avec le jeu libre, mais je t’avoue que je suis jalouse de ta collection de jeux Grimm’s : elle est magnifique ta petite étagère avec toutes ces couleurs ! Et que de possibilités de jeu pour tes enfants !

    Bon week-end

    Laurène

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