littérature jeunesse

Méandre

Connaissez-vous les Editions Le Robert ?

Ils publient chaque année un best-seller :

Image associée

Ainsi, quand Camille m’a contactée pour me proposer de découvrir leur nouvelle collection d’albums pour la jeunesse, j’ai été très curieuse.

Un livre pour découvrir et aimer  les mots. Quel joli projet n’est-ce-pas ?

Nous avons reçu Méandre, le premier ouvrage de la série.

Un jour alors que sa tante était venue manger à la maison, elle posa une drôle de question à Léon : quelle est la différence entre un écolier et une rivière? Le jeune garçon n’a qu’une seule envie : connaître la réponse. Il décide alors d’en parler à son amie Mina. De fil en aiguille, Léon rencontre des personnages tous plus magiques et énigmatiques les uns que les autres : Jonas le pêcheur, Aurore, l’Ondine et bien entendu le dieu Méandre.

Bien décidé à savoir quelle est la différence entre l’écolier et la rivière, le jeune garçon se laisse porter par ses rêveries, et ses découvertes, et au bout du chemin sinueux, il a enfin sa réponse.

Autant vous le dire tout de suite, j’ai été subjuguée par cet album d’une incroyable richesse. Le texte est d’une grande qualité, le vocabulaire employé est très étoffé avec l’emploi d’adjectifs qualificatifs, de verbes originaux, de noms communs … bref de mots, d’expressions et de tournures qui font la beauté de notre langue française. Tout de suite, nous comprenons que la conteuse, Muriel Bloch est une amoureuse de la langue française.

Le texte est assez long, et j’ai eu peur, la première fois que je l’ai lu à Zélie, qu’elle décroche au bout de quelques pages. Mais c’est sans compter sur la délicatesse de l’histoire. Très vite nous sommes happés par le livre et nous n’avons qu’une seule envie : suivre Léon dans sa quête. Nous l’accompagnons sur la barque, notre coeur se serre devant le chagrin de la tricoteuse, nous promettons nous aussi de garder le secret de l’Ondine et enfin nous sommes un peu impressionnés à la vue du dieu Méandre !

Pendant la lecture, j’ai adoré observer ma puce qui était émerveillée par l’histoire. Elle buvait mes paroles et souvent, un petit sourire s’esquissait sur son visage. Que j’aime la voir ainsi, que je suis fière de la voir marcher dans mes pas, de la voir aimer la littérature chaque jour davantage.

Les illustrations mettent en scène le texte de manière incroyablement poétique. C’est grâce au talent de l’illustratrice Sandra Desmazières. Ses dessins réalisés à l’encre et à la plume sont éclatants de couleurs, très fournis mais pour autant très légers. Mon illustration préférée est sans conteste celle-ci : la robe de Mina qui se transforme en papillons qui semblent montrer le chemin à Léon

J’ai également trouvé très intéressant le fait que certains mots soient colorés dans le texte. Dès les premières pages nous comprenons qu’il y a un code couleur : le violet et le rose pour les adjectifs, le vert et le bleu pour les verbes et le rouge et le orange pour les noms communs.

A la fin de l’album, une double-page propose au lecteur d’aller plus loin dans sa lecture afin de s’imprégner du texte et des mots qui le composent. Ainsi, les mots colorés du texte sont rassemblés selon leur genre

Bien entendu, Zélie est bien trop petite pour exploiter cette partie de l’album, mais je trouve l’idée très astucieuse pour des enfants déjà bien engagés dans la lecture, vers 8 ans par exemple. Les verbes, adjectifs et noms propres appartiennent à un même champ lexical, le fil rouge de l’album : le méandre. En effet, tous ces mots ont un rapport avec les courbes, avec l’inverse même d’un chemin droit et rectiligne, sans surprise et sans détour.

Pour ma part, j’associe ce vocabulaire et cette histoire au rêve et à l’imagination. Quand on se laisse aller à rêver, nos pensées prennent parfois des chemins bien originaux : elles bifurquent, elles se croisent, elles se nouent, dans le labyrinthe de notre imagination.

Un petit encart explique également qui est Méandre. Au delà du fleuve qui porte ce nom en Turquie, Méandre était un dieu de la mythologie grecque qui a donné son nom au nom propre méandre qui définit les courbes d’un cours d’eau.

J’ai toujours été passionnée par la langue française, la richesse des mots qui la composent, la diversité des manières de les assembler. J’aime chercher l’étymologie, l’histoire d’un mot, comprendre la complexité de la conjugaison.

Lorsque je lis un livre, je m’attarde davantage sur les belles phrases. Je suis curieuse lorsque je découvre un mot que je ne connais pas. Je suis vraiment très sensible à ce que j’appelle les belles lettres.

D’emblée, lorsque j’ai lu la première fois, seule, cet album, j’ai eu une pensée pour un auteur « de grand » que j’affectionne tout particulièrement : Erik Orsenna.

Ce grand Monsieur, est un immortel, c’est à dire qu’il a son siège à l’Académie Française. Et il a publié bon nombre d’ouvrages parmi lesquels plusieurs sur la beauté de la langue française. A travers des histoires il explique l’importance des accents (la révolte des accents), il dépeint la richesse de la langue (la fabrique des mots), la beauté de la grammaire (la grammaire est une chanson douce), la particularité des temps de conjugaison (les chevaliers du subjonctif) … et toujours d’une manière très poétique et agréable à lire.

Vraiment je vous les conseille.

Je remercie chaleureusement les éditions Le Robert et particulièrement Camille de m’avoir permise de découvrir cet album qui rejoint le top 3 de mes livres jeunesse préférés. J’ai hâte que les suivants soient publiés afin que nous puissions également les acquérir.

Méandre sera disponible à partir du 8 mars prochain, je vous invite à cliquer sur l’image ci-dessous si vous souhaitez le commander 🙂

 

 

Résultat de recherche d'images pour "editions le robert"

3 Comments on “Méandre

  1. Quel magnifique livre ! Cette histoire a l’air emplie de poésie. Et quelle bonne idée d’emmener les enfants dans une « enquête » pour leur faire découvrir la beauté de la langue française ! Je suis sous le charme.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *