éducation bienveillante

La diversification menée par l’enfant

Aujourd’hui, par ici, on parle boustifaille, bonne-chère, alimentation. On parle de manger, de se régaler, de se nourrir, de casser la croûte. Bref, ça tombe bien c’est un sujet qui me passionne.

La diversification menée par l’enfant c’est un sujet qui commence à faire parler de lui, qu’on croise un peu partout quand on se renseigne un peu.

De prime abord, ça peut faire un peu peur : laisser un enfant de 6 mois manger tout seul ! WTF ? mais il va s’étouffer !!!!!!

C’est pour cette raison que j’avais envie de vous écrire sur ce sujet, et de partager avec vous notre expérience à propos de la DME (c’est le petit nom de la Diversification Menée par l’Enfant)

Qu’est ce que la DME ? 

Il s’agit d’introduire les aliments solides dans l’alimentation de l’enfant en complément du lait qui reste la nourriture indispensable aux tout-petits, sans passer par la case compote ou purée.

En effet, l’enfant apprend à manger tout comme il apprend à parler, à marcher ou à être continent. Et comme pour tous les apprentissages, l’autonomie et la confiance sont de rigueur.

avec la DME, l’introduction des morceaux dans l’alimentation diversifiée se fait plus tôt qu’une diversification « classique » (c’est à dire avec des purées et des compotes), autour de 5 ou 6 mois. Il faut savoir que la DME peut se faire même si l’enfant n’a pas encore de dents, car cela permettra de renforcer les mâchoires et d’aider à la sortie des dents.

Quels sont les bienfaits de la DME ? 

L’avantage de la diversification menée par l’enfant c’est qu’il s’agit là d’un apprentissage autonome et pérenne.

On le sait maintenant, laisser l’enfant faire ses apprentissages de manière autonome c’est essentiel pour que toutes les compétences soient naturellement acquises. Apporter du « tout cuit dans sa bouche », au moyen d’une cuillère est beaucoup moins intéressant que de laisser l’enfant acquérir et affiner ses gestes seul.

Par ailleurs, manger seul décuple non seulement le plaisir d’être à table puisque l’enfant apprécie plus que tout partager des moments privilégiés avec ses parents et les imiter au quotidien, mais cela lui permet aussi de développer ses cinq sens et sa curiosité.

C’est tellement formidable d’observer son enfant (ou celui de quelqu’un d’autre^^) se concentrer sur ses gestes, de découvrir les textures dans sa main et dans sa bouche, d’apprécier les parfums des aliments et de faire la différence entre le chaud et le froid.

un véritable spectacle !

Et la motricité fine, si chère à mon coeur, est bien entendu de la partie. La DME, c’est bien souvent manger avec les mains, découvrir avec les doigts. L’ustensile qui permet de manger arrive bien après. A travers ces petits gestes qui nous semblent anodins, c’est à dire attraper la nourriture avec la pince (le pouce et l’index), l’enfant va coordonner ses mouvements, préciser son geste et affiner sa perception au fur et à mesure. Rappelons que la coordination de la pince est un geste indispensable qui sera ensuite mis en action au moment de l’apprentissage de l’écriture.

Ce qui me plait également dans la DME c’est le fait de laisser le choix à l’enfant sur ce qu’il veut manger ou non. D’une part, lorsque la DME commence, il s’agit d’une découverte. Tout ce que l’enfant va ingérer, c’est du « plus » puisque son alimentation de base reste le lait. En règle générale, on a coutume de dire qu’avant un an, on mange des aliments solides pour « découvrir » et non pas pour se nourrir. ça c’est la première chose.

D’autre part, il est donc essentiel de proposer aux enfants des assiettes variées, avec des aliments diversifiés pour lui permettre d’avoir le choix, de goûter à des nouveautés ou de se rabattre sur des valeurs sûres. Lorsque je dis varié, je pense bien entendu au nombre d’aliments différents dans une même assiette, mais aussi des assiettes différentes à tous les repas.

Il a été démontré qu’un enfant qui a eu accès à une découverte « décomplexée » de l’alimentation, c’est à dire : l’occasion de goûter à tout, dans une ambiance sereine, à table avec ses parents, des aliments sains développera bien moins de troubles du comportement alimentaire.

Il ne faut pas oublier, DME ou pas, que l’alimentation, le moment des repas, se doivent d’être des instants partagés dans la sérénité, l’amusement et la curiosité.

Concrètement, comment fait-on la DME ? 

Le premier conseil que je vous donne c’est de protéger votre sol. Je pense à votre santé mentale. Parce qu’au début, et ensuite aussi, il y en a partout. Invariablement. L’avantage de mettre une nappe en dessous de la chaise de votre enfant permettra donc de nettoyer rapidement tout ce qui s’est enfui des mains ou de l’assiette de votre adorable rejeton !

Ensuite, il est nécessaire que votre enfant se tienne bien droit. C’est pour cette raison qu’il est important de commencer la DME lorsqu’il tient seul assis. Pour cela vous le placerez soit sur vos genoux, soit dans sa chaise. Mais je me répète hein, pas la peine de l’incliner. Il faut qu’en cas de besoin, votre enfant puisse faire tomber les aliments qu’il a dans sa bouche (s’il en a mis trop par exemple ^^)

En règle générale, on dispose dans l’assiette de notre petit coeur, plusieurs aliments assez gros, parfois même de la taille du poing. Bien entendu, il est indispensable de respecter le calendrier d’introduction des aliments. Il vaut mieux privilégier des aliments cuits à la vapeur et sans sel bien sûr. L’enfant s’amusera au début à ronger, sucer, grignoter ces morceaux et ainsi apprendre petit à petit à mâcher et à déglutir.

Et puis, vous le savez déjà, mais ça va toujours mieux en le répétant, il est carrément indispensable que vous soyez à ses côtés pendant le repas. Et pas concentré sur le téléphone, ou bien en train de préparer autre chose. Il est nécessaire que vous le voyez mettre les aliments dans sa bouche. Le risque de fausse-route est rare mais il vaut mieux prévenir 🙂

En ce qui concerne les fausses-routes d’ailleurs. Souvent c’est ce qui fait le plus peur aux parents qui veulent commencer la DME. Pourtant, la nature est vachement bien faite puisqu’avant 1 an, le bébé a un réflexe de nausée et de régurgitation très fort. Ce réflexe diminuera avec l’âge et d’autant plus si on laisse l’enfant contrôler ce qu’il porte à sa bouche.

Et chez nous, comment ça s’est passé ? 

Il y a des signes qui ne trompent pas quand l’enfant a envie de découvrir d’autres aliments que le lait. Malo nous l’a très bien fait comprendre en essayant d’attraper ce que nous avions dans notre assiette ou bien en ouvrant la bouche quand nous portions notre verre ou notre fourchette à notre bouche.

Il avait 3 mois et demi. Je n’ai donc pas commencé la DME tout de suite, étant donné qu’il s’est assis seul à 5 mois. Malo a donc eu ses premiers repas solides à la cuillère : de bonnes purées et de bonnes compotes préparées avec amour par sa maman chérie.

C’est donc à 5 mois que nous avons réellement commencé la DME. Les premiers aliments que nous avons proposés à Malo ce sont bien entendu les fruits et les légumes cuits. Il connaissait déjà certains goûts étant donné qu’il les avait découverts avec les purées et les compotes, mais, comme je m’y attendais, la DME a été une grande révélation pour mon gourmand. Manger avec ses doigts c’est bien entendu ce qu’il préfère lorsqu’il est à table. Maintenant encore, à deux ans, il ne peut pas s’empêcher de mettre ses mains dans son assiette, de toucher les aliments, de les poser dans sa cuillère avant de les porter à sa bouche ^^

J’ai privilégié la cuisson vapeur en faisant en sorte que les aliments soient bien fondants. En général je les disposais dans l’assiette en essayant de varier les couleurs afin que ce soit toujours très attractif pour lui (mais le connaissant, je suis certaine que si ça n’avait pas été le cas, il aurait quand même tout mangé sans prêter attention aux couleurs ). J’aimais aussi mettre dans la même assiette des aliments chauds (sous entendu : tièdes ahah) et froids pour développer sa curiosité. Les premiers mois, même si nous mangions tous ensemble, j’avoue avoir très rarement proposé la même chose à Malo.

Et puis il a découvert les protéines. C’était l’extase pour Malo, graaand amateur de viandes en tout genre ! j’ai donc inclus des morceaux de viande, de poisson ou d’oeuf aux assiettes. Et puis ensuite des morceaux de fromage (ça aussi c’est une grande passion !!!!!!)

Et petit à petit, je lui ai aussi proposé des plats plus « élaborés ». Il a très vite apprécié les muffins aux légumes, les galettes de courges …Encore une fois, ce sont des préparations qui se mangent facilement et qui permettent aux enfants de découvrir de nouvelles saveurs grâce à l’utilisation des épices et des aromates ou bien le mélange de différents ingrédients.

Aujourd’hui, Malo a deux ans et les repas sont toujours un plaisir. Il mange de tout même s’il a une nette préférence pour la viande et les féculents. Il se régale à chaque fois qu’il mange et c’est un plaisir de le regarder avaler son repas. Au delà du fait que les repas soient toujours équilibrés, je fais toujours attention à varier les textures au sein d’une même assiette, toujours dans l’idée que le repas doit rester un moment de plaisir et de partage.

Et quand, en plein milieu du repas, Malo lève la tête de son assiette, la bouche pleine et toute sale, et me dit avec un grand sourire « hummm miam miam Maman » en se frottant le ventre, je me dis que la DME est quand même une chouette idée et qu’on a bien fait de la suivre ♥

4 Comments on “La diversification menée par l’enfant

  1. Encore un article très intéressant!
    Eliott commence enfin à supporter les petits morceaux… et en effet il tient assis tout seul vraiment depuis seulement trois semaines!
    Il refusait mes purées car pas assez mixées pour lui mtt je vais pouvoir recommencer et ENFIN arrêter les purées industrielles. De plus à la fin de son repas il goûte notre assiette: endives au jambon ou encore quiche aux poireaux. Il a l’air plus curieux et on continue à l’encourager car l’autonomie n’est vraiment pas son truc donc peut-être que la DME peut lui donner l’envie d’essayer par lui même… faut que j’en parle avec Mr.

    1. c’est dingue les relations qu’il peut y avoir entre deux phénomènes à priori complètement différents, comme ici l’alimentation et le fait de tenir assis. C’est chouette qu’il éprouve de la curiosité pour vos assiettes, c’est le signe que c’est le moment 🙂

  2. C’est comme ça que je mangeais petite… J’ai jamais aimé les purées.. sinon j’adore le concept de manger avec les mains mais il ne se fait pas gronder à la crèche ? Car je n’ai pas envie qu’il se fasse gronder car « c’est sale de manger avec les mains  » comme je l’ai maintes fois entendus…

    1. Malo va chez une nounou et elle connaît bien notre manière de voir les choses et dans de nombreux domaines on partage les mêmes idées donc elle le laisse faire. Par contre, pour certains aliments elle met son veto tout de même (et nous aussi hein) ! Maintenant qu’il a deux ans, la semoule ou la purée, on préfère à la cuillère ahah
      Et si un jour quelqu’un te fait la réflexion concernant le « c’est sale », n’hésite pas à lui expliquer que dans certains pays il est de coutume de manger avec les mains à même le plat, et ça ne fait pas d’eux des personnes sales, bien au contraire 😉

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