Il y a un mois, je vous dévoilais un projet qui me tient tout particulièrement à coeur puisqu’il concerne un sujet qui me passionne : l’IEF et que je le mène avec ma très chère amie Maaademoiselle A. Il s’agit d’un rendez-vous sous forme de vidéo qu’on a appelé Regards Croisés (sur l’IEF) et qui se présente sous la forme d’une discussion entre nous deux autour d’une thématique en rapport avec l’instruction en famille bien entendu, et notre façon à nous de l’aborder.

Le premier épisode s’appelle « Comment adapter l’instruction en fonction des réalités » et je vous invite à vous rendre sur l’article qui lui est dédié ici.

Aujourd’hui, je suis très heureuse de vous retrouver pour vous présenter le deuxième épisode. Nous avons choisi de nous attarder sur la question « comment s’organise le temps d’instruction? » car c’est une question qui nous est souvent posée.

Combien de temps passons-nous pour l’instruction ?

C’est vraiment très difficile à dire car non seulement cela dépend des jours et des semaines, mais aussi parce qu’on ne garde pas un oeil rivé sur l’horloge : nous faisons ce que nous avons à faire et si parfois les enfants terminent plus tôt, il n’est pas rare que ça se prolonge un peu. Je dirai qu’en règle générale, j’accorde 2h30 au travail formel.

Je distingue pour ma part le travail formel, « sur table » le matin, et le reste, l’informel, l’après-midi ou le week-end, mais de manière beaucoup moins cadrée.

Ces 2h30 peuvent parfois étonner notre entourage qui compare avec l’école et les 6 eures assises en salle de classe. Mais n’oublions pas que l’école et l’IEF sont incomparables. Là où l’enseignante doit gérer tout au mieux 25 élèves de niveaux différents, moi je n’ai que deux enfants que je connais par coeur. Je suis entièrement disposée à les accompagner et ainsi ils apprennent et comprennent plus vite car je peux m’adapter de manière plus réactive.

Le matin c’est vraiment le moment le plus propice pour que Zélie et Malo travaillent de manière formelle. Ils sont en forme, motivés et concentrés. L’après-midi on va plutôt le consacrer aux activités nécessitant la mise en mouvement du corps : les balades, les activités physiques et/ou sportives, le jardinage … Enfin depuis quelques jours, Zélie me demande un petit moment le soir en tête à tête pour remplir son cahier Plume (dont je vous ai parlé ici).

Je peux donc résumer en disant que le matin, les enfants font des activités pour l’esprit, l’après-midi pour le corps et le soir pour le cœur.

Comment planifions-nous les matières ?

Je fais partie de la team « free style » et je suis incapable de planifier car au bout de quelques jours, j’ai besoin de retrouver la liberté et la spontanéité. Pour autant, je ne me lance pas n’importe comment car si je ne suis pas un planning, tout est malgré tout beaucoup réfléchi.

Pour les inspecteurs, les fondamentaux (français et mathématiques) sont importants, mais je suis persuadée qu’il est tout aussi essentiel de faire des sciences, de l’histoire, de l’éducation artistique, de la géographie … En fait toute la subtilité réside dans l’équilibre. Et cet équilibre je le trouve dans le fait de proposer des activités transversales. On étudie une thématique et tout en apprenant des choses sur les plantes par exemple, les enfants font aussi du français et des mathématiques ! C’est magique ! En fait il n’y a rien de magique, juste proposer des activités ancrées dans le réel qui font sens pour mes enfants.

A la maison, nous travaillons 5 matinées par semaine, avec le mercredi un peu plus léger que le reste de la semaine. Le temps d’instruction du matin est divisé en deux parties.

Tout d’abord, la matinée commence par des activités individuelles. Je leur prépare 2-3 ateliers en fonction de notre thématique et de leur niveau et je veille à leur proposer des choses qu’ils peuvent réaliser en autonomie et d’autres pour lesquelles ils auront besoin de moi. L’idée est que, lorsque je suis occupée avec Zélie à lui expliquer une nouvelle notion ou à réexpliquer quelque chose qu’elle n’a pas compris ou pour laquelle elle a quelques difficultés, Malo réalise de son côté une activité en autonomie. Et vice versa. Cela permet non seulement que l’enfant apprenne à travailler seul et à patienter, mais cela permet aussi que je puisse me consacrer à l’un des deux enfants quand il a besoin de moi sans que nous soyons interrompus (ça c’est dans l’idéal, parce que dans la réalité, vous vous doutez qu’ils demandent quand même mon attention ^^).

Après une pause le temps d’endormir Marius, on reprend l’instruction mais avec des activités collectives sur des sujets en rapport avec la thématique que nous suivons. Ils apprennent ensemble mais les restitutions se font en fonction de leurs capacités et de leurs niveaux respectifs. 

Mais ce que je retiens surtout dans l’IEF c’est de pouvoir m’adapter aux enfants, à leurs envies mais aussi à leur rythme. S’ils sont trop fatigués, on ralentit ou on stoppe quelques jours. Mais on peut aussi changer nos plans en fonction de la météo, de l’actualité ou des possibilités qui s’offrent à nous. 

Comment se fait la préparation en amont ? 

La préparation se fait chez moi en trois temps. 

1. j’écris les séquences d’apprentissages correspondant à une thématique. Chaque séquence comporte plusieurs séances. Je fais cela bien en amont, lorsque nous sommes encore occupés sur une thématique. 

2. Le dimanche soir, je prépare la semaine : les exercices que les enfants feront, le matériel dont nous aurons besoin, j’anticipe aussi si j’ai des achats à faire. 

3. Le matin, pendant que les enfants finissent de se préparer, j’installe la salle d’instruction et sors le matériel dont nous aurons besoin. 

Comment se fait le suivi des apprentissages ? 

Jusqu’à présent, je note chaque jour ce qui a été fait pour chacun des enfants en ajoutant selon un code couleur, les réussites et les difficultés ce qui me permet de savoir où les enfants en sont, et s’il faut réajuster les exercices. 

Actuellement, je suis en train de préparer un « tableau des compétences » qui me permettra d’avoir un regard d’ensemble dans chaque item pour chaque matière (exemple en français : expression orale, expression écrite, conjugaison, orthographe …) 

Comment s’organiser lorsqu’on a deux enfants d’âges et de niveaux différents ?

Comme je l’ai expliqué plus haut, je jongle entre les exercices autonomes et ceux qui sont dirigés de manière à accorder du temps de qualité au moment où chaque enfant en a besoin. Lorsque j’ai besoin d’avoir un moment au calme et sans être dérangés avec l’un d’entre eux, j’attends que leur papa soit disponible. Comme ça il s’occupe de Marius et de l’autre enfant pendant que moi je suis avec le deuxième pour revoir une notion ou pour une activité assez spécifique. C’est le cas par exemple pour accompagner Malo dans son apprentissage de la lecture ou bien avec Zélie qui s’intéresse aux multiplications.

Ce qui est également intéressant c’est de voir comment Zélie peut aussi être très présente dans l’instruction de son petit frère. De manière spontanée elle va lui apprendre des choses et parfois, le fait de reformuler va pouvoir l’aider à débloquer certaines difficultés. J’aime beaucoup observer cet apprentissage par les pairs. 

J’espère que cet article et cette vidéo vous auront plus, n’hésitez pas à me le dire en commentaire ou sous la vidéo et vous abonner à ma chaîne YouTube 🙂 

On se retrouve très prochainement pour un live sur Instagram afin de répondre à toutes vos questions à propos de cette thématique.

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